Paul Auster
Ses parents sont nés aux États-Unis mais sont originaires d'Europe centrale. Très tôt au contact des livres par l'intermédiaire de la bibliothèque d'un oncle traducteur, il commence à écrire à l'âge de 12 ans, peu avant de découvrir le base-ball que l'on retrouvera dans nombre de ses romans. De 1965 à 1967, il est étudiant à Columbia University (littératures française, italienne et anglaise). Il commence à traduire des auteurs français (Dupin, Du Bouchet) et découvre Paris. Il y retourne en 1967 après avoir échappé à la guerre du Viêt Nam, veut faire du cinéma, rate le concours d'entrée de l'Idhec. Il écrit des scénarios pour des films muets qui ne verront pas le jour mais qu'on retrouvera, plus tard, dans Le livre des illusions.
Commencent alors une dizaine d'années de galère. Il écrit des articles pour des revues, commence des premières version du Voyage d'Anna Blume et de Moon Palace, travaille sur un pétrolier, revient en France pour un séjour de trois ans (1971-74). Vit de ses traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon), écrit des poèmes et des pièces de théâtre en un acte.
En 1979, alors qu'il vient de divorcer et a tenté en vain de faire publier un roman policier sous le pseudonyme de Paul Benjamin (Fausse balle), la mort de son père lui apporte un petit héritage qui le remet à flot et qui lui inspire L'invention de la solitude. Son recueil en prose, Espaces blancs, est publié. Il rencontre la romancière Siri Hustvedt qu'il épouse en 1981. L'Art de la faim est publié en 1982.
Paul Auster commence enfin à être reconnu comme un écrivain majeur. De 1986 (sortie de Cité de verre) à 1994 (Mr Vertigo), il publie des romans majeurs comme Moon Palace et Léviathan. Il revient alors au cinéma, en adaptant avec le réalisateur Wayne Wang sa nouvelle Le Conte de Noël d'Augie Wren. Smoke et Brooklyn Boogie sortent en salle en 1995. Paul Auster réalisera lui-même Lulu on the bridge (1997) qui sera mal accueilli par la critique.
Il revient au roman avec Tombouctou (1999), Le Livre des illusions (2002), La Nuit de l'oracle (2004) et Brooklyn Follies (2005).
Paul Auster est par excellence l'écrivain du hasard et de la contingence. Il traque au quotidien les bifurcations issues d'événements apparemment anodins. C'est ce que racontent La musique du hasard, et surtout Léviathan dans une exceptionnelle scène centrale. Son style en apparence très dépouillé, travaillé au fil de ses œuvres poétiques, cache une architecture narrative complexe, faite de digressions exagérée mais toujours pertinentes, d'histoires dans l'histoire et de trompe-l'œil (Le Conte de Noël d'Auggie Wren). Il décrit aussi la perte, la dépossession, le rapport à l'argent, l'errance (dans Moon Palace, le personnage principal se nomme Marco Stanley Fogg). Il s'interroge aussi sur l'identité, notamment dans la Trilogie new-yorkaise où l'un des personnages (qui n'est pas le narrateur) porte son nom, dans Léviathan, dont le narrateur a ses initiales (Peter Aaron) et rencontre une femme nommée Iris (anagramme du prénom de sa propre épouse Siri), ou dans La Nuit de l'oracle, dans lequel un personnage porte le nom de Trause (anagramme d'Auster).
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