Espace membres
Login:
Mot de passe:
S'inscrire


Au menu
Accueil
Actualités
Actus du livre
Agenda
Dernières parutions
Vos avis
Coups de coeur
Livres les plus consultés
Magazine
Quotidien
Prix littéraires
Interviews
Extraits
Bibliographies
Vidéos
Forum
Répertoires
Sites internet
Auteurs
Editeurs
Librairies
Espace professionnel
Editeurs
Journalistes
Libraires
Webmasters
Ma bibliothèque

Rechercher un livre
Mots clés:


Coup de coeur

L'homme qui se prenait pour Napoléon : Pour une histoire politique de la folie
Laure Murat
Gallimard


Nouvelles parutions

Les joies éphémères de Percy Darling
Julia Glass
EDITIONS DES DEUX TERRES



Ajouter à iGoogle
Afficher le livre du jour sur votre page d'accueil Google



La chronique d'Arnauld Pontier

Au nom de la fragilité.  C’est un recueil de nouvelles qui vient de paraître aux Editions Erès. Il y a un mois et demi. « Un instant de vérité au milieu de notre grand bal masqué », dit joliment Charles Gardou, le directeur d’ouvrage et l’un des 30 auteurs. C’est un livre important, « obligatoire » même, pour ses promoteurs, si par obligation on considère l’existence d’un lien moral.

La grande question n’est pas de savoir si ce livre qui « traite » du handicap – du différent – sera lu, il le sera s’il tombe entre les mains et sous les yeux des lecteurs ; elle n’est pas non plus de savoir s’ils en seront touchés, transportés, enrichis… La grande question est de savoir si la presse s’en fera l’écho, afin de permettre, justement, cet échange. Las ! Il est à craindre qu’elle sera encore en majorité sourde et muette, tant prévaut pour elle, au nom des sacro-saints « chiffres de ventes » la standardisation, l’éloge d’une culture plus portée vers le fast-food que vers la gastronomie. Même en période de fêtes.

En cela, la presse, elle aussi, est fragile, handicapée, victime de normocentrisme : sa dévotion à la conformité. Elle en devenue presque intégriste. A lire les mêmes critiques ici et là, des mêmes livres et avec peu ou prou les mêmes mots, c’est une voie anecdotique qu’elle propose aux aspirants lecteurs. Rien d’étonnant alors à ce que le passage ne s’effectue plus ou quasiment entre la littérature populaire et les grands textes, à ce que le lecteur de best-sellers (qui peuvent être passionnants, certes) ne « craque » plus, même sur l’insistance de son libraire, pour des ouvrages plus exigeants, porteurs d’art, de réflexion, d’humanité. Hier, on lisait Guy des Cars et on finissait par Sartre, Larronde même ; aujourd’hui, les gros tirages n’entraînent plus dans leur sillage ni les modestes artisans ni les littérateurs.
On lit Gavalda, Lévy, Angot. Soit. Mais on ne lira pas Ganachaud, Louis-Combet,  Beauchemin…

En utilisant les mots ou les expressions de Charles Gardou –  cf. son merveilleux texte :  Fragments sur le handicap et la vulnérabilité : pour une révolution de la pensée et de l’action (Erès, 2005) –, on pourrait dire que la presse provoque la destinerrance, c’est-à-dire la déroute de la destination : l’auteur qui n’est pas élu est jeté par-dessus bord , anéanti par le silence qui le reçoit, et le lecteur, lui, tel l’infans qui ne pense pas, « ne participe pas à la culture universelle », n’est plus incité que par ce qu’on lui livre si exclusivement en pâture.

Quand prévaut la standardisation, qui peut encore résister ?

C’est dommage. En un temps où le mot culture est employé à tire-larigot, on pourrait rêver qu’il en aille autrement : qu’Au nom de la fragilité fasse la Une de toutes les publications et de toutes les émissions littéraires de grande écoute. Ne serait-ce que pour la cause : celle de « la pluralité des itinéraires et des formes ».

Arnauld Pontier


Né le 30 septembre 1957, Arnauld Pontier a passé une partie de son enfance au Laos. Après une multitude de jobs divers, Arnauld Pontier est devenu éditeur (éditions Paris Musée), ce qui lui permet d'éditer le jour et d'écrire la nuit. Un rêve pour ce passionné de livres.


Le profil d'Arnauld Pontier

© Rue des livres - Tous droits réservés  | Accueil | Contact | Partenaires |