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Téléphone : (0)1 44 39 39 20
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Email : contact@leseditionsdeminuit.fr
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Démolir Nisard
Auteur: Eric Chevillard

Avis du 2006-09-06
Comment redonner vie à quelqu'un dont personne ou presque n'a entendu parler ? Ce livre est assez curieux, c'est un pamphlet humoristique mais féroce contre un pauvre critique littéraire sans envergure et, depuis longtemps, passé aux oubliettes de l'histoire. Nisard est mort il y a plus de 100 ans. On prend plaisir à le lire, le côté féroce excite. Reste le côté très dérangeant de cette chasse à l'homme. Au bout du fusil, on n'a plus qu'un bouc émissaire.
Lisa
Le Magot de Momm
Auteur: Hélène Lenoir

Avis du 2001-07-21
Présentation par l'auteur « Le Magot de Momm est issu d’une longue période marquée d’abord par une grande difficulté à me défaire de Son nom d'avant, à lâcher ce roman ou à le décoller de moi, puis par une forte incertitude en sentant s'imposer deux thèmes qui me paraissaient difficilement conciliables : l'argent en famille et la relation amoureuse abordée au moment où la durée prend forme et poids, c'est-à-dire où l'excitation s'estompe pour laisser place à un autre genre de tourments ou à l'ennui, selon les sentiments et la situation du personnage. Ce moment où se pose en fait la question de la place de l'autre. La place que l'être aimé prend, occupe malgré lui pour celui qui est très épris, la place qu'on demande ou refuse, celle à laquelle on consent. La plus grande difficulté pendant l'écriture du Magot de Momm a d'ailleurs été de trouver ma propre place par rapport aux trois figures féminines centrales qui ont très vite été là : Momm (Soixante-six ans), mère de Nann (trente-sept ans), et grand-mère de Lili et des jumelles (seize et dix ans). Très vite aussi je les ai vues vivant toutes les cinq sans hommes, sous le même toit depuis suffisamment longtemps pour qu'on sente la routine des mécanismes de leur cohabitation qui gardait néanmoins un caractère provisoire, c'est-à-dire que ça n'avait pas toujours été comme ça. J'ai trouvé une explication banale : quand Nann est brusquement devenue veuve cinq ans plus tôt, sa mère l'a aussitôt hébergée chez elle avec ses trois filles, selon un principe de solidarité familiale qui veut qu'on s'entraide dans les coups durs. Ça coûte moins cher, ça facilite la vie, chacun profite de la situation. Nann peut en effet travailler et sortir sans se soucier d'avoir à caser ses filles pendant ses absences, de même sa mère la déleste de toutes les tâches matérielles pénibles : bouffe, linge, ménage, etc., ce qui l'arrange d'autant plus que, au moment où on la découvre, elle est très amoureuse et a besoin de liberté. Pour Momm, le profit est de nature plus subtile. En récupérant sa fille et ses petites-filles à un moment où elle-même entrait dans la phase la plus angoissante parce que solitaire de son parcours (elle est veuve elle aussi depuis peu), l'occasion lui était donnée de retrouver une raison d’être, de remonter d'une certaine façon sur son trône de mère régnant sur deux générations d'enfants désormais et jouissant d'un grand pouvoir parce qu'elle est chez elle et qu'elle paie. Dans une première version, j'avais fait de l'argent entre Momm et Nann quelque chose de sordide dont il était impossible de parler. Un tabou très ancien. Lili, démasquée après avoir volé les économies de sa grand-mère, acculait les deux femmes à rompre ce silence et ce moment-là était dramatique. Ce qui me déplaisait dans cette version, c'étaient les comportements quasi schématiques des personnages grossièrement blancs ou noirs. Il me semblait que la dépendance de Nann par rapport à sa mère était beaucoup plus compliquée, comme toutes les relations fortes que l'on a “ dans la vie ”. J'ai donc passé plusieurs mois à cerner de plus près le personnage de Momm, sa propre dépendance, son amour compliqué, son rapport à l'argent, instrument de pouvoir aussi insidieux que ses bavardages. Et, tandis qu'elle bougeait (fragilisée, elle devenait attachante), Nann changeait aussi et un nouveau venu, l'ouvrier, se précisait, prenait de plus en plus de place dans le récit. L'ouverture du roman est restée la même. Il y a ces coups de marteau qu'on entend dehors en fin d'après-midi et ce couple dedans qui fume après l'amour. Il y a juste après Lili qui s'enfuit avec Dan sur un petit scooter en emportant une bonne partie du magot de Momm. Le présent qui s'est imposé pour ces deux scènes me forçait à envisager un temps relativement court pour le déroulement du récit. Initialement, huit ou dix jours. Finalement deux : un week-end, du vendredi six heures au dimanche onze heures du soir à peu près. De plus, cela m’a très tôt contrainte à dater et situer assez précisément l'action cette fois-ci : parler d'argent au présent m'obligeait à choisir une monnaie, le franc et donc la France, peu avant l'arrivée de l'euro. L'ouvrier que Momm engagé au noir cette semaine-là pour quelques travaux dehors a pris de plus en plus de place au fur et à mesure que, dans mon approche, les deux femmes et Lili se posaient les unes par rapport aux autres et chacune pour elle-même, à l'insu des autres. Momm croit vraiment que l'expert vient pour mettre de l'ordre dans les finances de Nann et non pour faire l'amour avec elle, elle ignore comme Nann l'existence de Dan, le copain de Lili. Nann, de son côté, n'a aucune idée des tourments que l'alibi grossier de la gestion de ses finances provoque chez sa mère, ni de l'ampleur du ras-le-bol de Lili. Cet aspect-là d'une communication plombée entre des gens qui se côtoient tous les jours dans les papotages m'intéressait aussi. L'apparition de l’ouvrier d'à peine trente ans, immédiatement perçu comme LE mâle, m'a entrouvert des petites portes dans l'intimité de Momm, Nann et Lili, chacune différemment mais fortement troublée par la présence de cet homme qui demeure l'étranger et reste dehors. Il est juste autorisé à la fin à entrer dans la cuisine pour recevoir son argent liquide. J'ai senti peu à peu que ce personnage secondaire en apparence devenait une sorte de pivot dans ma constellation féminine. Il est dehors et les secoue en dedans. La parole avec lui est spontanée, directe. Les langues se délient, tout semble simple, sans conséquence puisqu'il va s'en aller. Extérieur et proche, il finit par savoir de chacune ce que les autres ignorent, et cela me plaisait que quelqu'un d'essentiellement perturbateur au-dedans s'avère le mieux à même de discrètement rétablir l'ordre au-dehors. C'est étrange de sentir maintenant avec le recul que, dans mes tâtonnements, doutes, découragements qui ont jalonné l'écriture du Magot de Momm, ce personnage a fonctionné comme une clé pour la structuration du récit, amenant aussi une bouffée d'air plus léger : pour Nann par exemple, cette gaieté qui lui manque tant, et pour le lecteur plusieurs occasions de sourire, j'espère, et peut-être même de rire. »
Hélène Lenoir
Les très riches heures
Auteur: Jean Rouaud

Avis du 1997-04-30
Un dialogue qui part en tous sens. Une expérience pour lecteurs coriaces.
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