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 | Le Monde à l'envers Auteur: Jean Hani
Avis du 2011-01-09 Remise à l’endroit.
Synthèse puissante et accessible des états du monde, sous-tendue par une cohérence quasi-monolithique, cet ouvrage s’impose dans la “bibliothèque de base” de la route vers l’Eveil. Le sous-titre est parfait, euphémisme à l’usage des frileux universitaires: “Essais critiques sur la civilisation moderne”. L’état de notre monde humain ne nécessitant plus que l’on le décrive à nouveau, l’auteur s’attache dans une première partie à forte connotation catholique à démontrer la nécessité pour l’Eglise de se convertir intellectuellement, afin de renouer avec sa fonction originelle. De nombreux exemples viennent étayer ce constat d’ errance quasi-mondaine du message christique, pire encore, de sa récupération à des fins contraires à son propos d’origine. On notera ici qu’est perceptible un positionnement de l’auteur en faveur d’un potentiel initiatique des rites exotériques chrétiens, typique de la lignée des Schuon, Borella etc, donc en désaccord sur ce plan seul avec les vues de René Guénon, qui lui restreignait la Grâce des influences spirituelles de cet ordre aux seuls initiés -sauf de rares exceptions-, comme le démontre l’observation de toute les hiérarchies traditionnelles. L’auteur s’en justifie p 104-106.
Mais le sujet n’est pas ici de rentrer dans cette fragmentation “naturelle” propre aux indéfinies possibilités d’interprétation d’un message dans le déroulement du temps.
Ce qui paraît important dans ce livre est que la démonstration de la deuxième partie peut toucher efficacement par sa logique imparable beaucoup de gens en recherche de sens,
en traitant de questions extrêmement concrètes telles que le libéralisme, la révolution française, la royauté ou la manipulation de l’histoire de France. L’auteur a d’ailleurs à son actif d’autres ouvrages que je ne peux que recommander à ceux qui veulent se construire une contre-culture, à rebours de la pensée unique.
La troisième partie, courte mais vitale, consacrée à l’art, au symbole et au nombre, donne en fait de nombreuses clefs à travers allusions et notes renvoyant le lecteur à de possibles et éclairantes recherches personnelles.
Je me souviens par exemple, sans pouvoir tout de suite le situer, d’un texte de cet auteur sur le temps, d’une simplicité et d’une efficacité sans pareille. Il y était question du passage du “temps vrai”, local, “solaire", -celui d’un village donné était différent du village voisin-, au temps "universel", industriel, imposé par les débuts de la globalisation au 19ème siècle. Les conséquences pour l’humain en furent incalculables: coupure d’avec la Terre, désorganisations physiques et physiologiques, rites caducs, fin des rapports aux éléments et à la course du soleil, règne de la vitesse, pour n’en citer que quelques-uns: je ne regarde plus, depuis, les horloges rapportées sur nos clochers romans avec la même mansuétude...
Osez donc ce livre, athée ou non, car il nous faut prendre en ces temps si particuliers tout ce qui peut pallier à nos atrophies intellectuelles. Johan Patmos | |
|  | Porte Louise Auteur: Christopher Gérard
Avis du 2010-05-17 "Christopher Gérard n’a pas seulement une mémoire redoutable mais l’amour de Bruxelles chevillé au cœur, comme ont pu le découvrir les lecteurs de son roman "Aux Armes de Bruxelles" (L’Age d’homme), paru l’an dernier.
Cette fois encore, il entraîne sa Louise - et nous à sa suite - de la place du Châtelain à la place de Brouckère, de la terrasse de chez Gaudron, place Brugmann, à celle de chez Richard, un bistrot de la rue des Minimes, des salons du cercle Gaulois au bar de l’Hôtel Métropole, d’un restaurant libanais à une maison de thé chinoise, car telle est bien à ses yeux une qualité de Bruxelles, si provinciale à première vue, que les cultures s’y superposent bien plus qu’à Madrid, Rome ou Dublin. Un bien juste hommage.
Inventif dans l’échafaudage de ses hypothèses, mettant l’eau à la bouche par la seule description d’une tartelette aux framboises, Gérard est aussi collectionneur de pépites du parler bruxellois : "slaches" pour sandales, "clouche" pour une généreuse cuillère à soupe, "rouf rouf" pour "à toute allure". Et de belgicismes, tels "mon franc est tombé" pour dire qu’on a compris quelque chose avec un certain retard. Mais le plus beau est sans doute ce constat : "Quand avec lassitude, il soupire "je sais de rien", Monsieur Emile manifeste une ignorance désolée. Il peut aussi gémir, l’air accablé, "je sais rien là contre". Tel un héros homérique, Monsieur Emile se heurte alors à l’irréparable destin. "Je sais rien là contre" traduit la conscience aiguë de notre humaine finitude. Le tragique bruxellois." Osbert | |
|  | Toute une nuit au Pirée Auteur: Christian Cogne
Avis du 2008-09-20 Ce recueil de nouvelles recèle, en effet, de véritables trésors.
L'auteur, "Petit Poucet céleste", nous entraîne sur les pas d'un homme qui a fait un étrange pari avec la mort...comme avec la vie qui ne serait "qu'une dialectique éternelle entre un vieux Beretta 7,65 et une main qui se propose".
Des remparts de Saint-Malo, dont "le jeu est maudit", aux îles grecques baignées de soleil, cet homme qui "depuis trop longtemps frôlait une destinée surnaturelle sans rien y gagner qu'incompréhension et solitude" ne connait que "l'errance et son corollaire, l'effroi".
"Pourquoi le sable ne retient-il pas la poésie des vagues ?"
Pourquoi "le décalage absurde entre nos vies intérieures si riches et la pauvreté du quotidien ?"
A la question : "comment donner forme aux visions, aux perceptions qui nous échappent en permanence ?", l'auteur suggère qu'il existe "une porte de sortie vers l'imaginaire".
Un livre sublime et captivant dont le souffle poétique nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne. Mrs J. | |
|  | Toute une nuit au Pirée Auteur: Christian Cogne
Avis du 2008-09-04 C'est au contraire un excellent recueil de nouvelles. « Seul le solitaire des hauts-fonds parvient à doubler le cap de l’irrationnel en toute quiétude. »
Un homme se sachant condamné se rend au Pirée pour y finir sa vie. Il va employer ses dernières heures à réécrire ou à corriger les cinq nouvelles fantastiques qui constituent le puzzle de sa vie. Il ne sait pas qu’une femme étrange a payé un détective pour le retrouver…
Une course-poursuite s’engage à travers le monde ayant pour point de départ ou d’arrivée la Grèce. Un suspense maîtrisé de nouvelle en nouvelle jusqu’au dénouement où l’auteur dévoile une diabolique machination.
Sur les traces, entre autres, de Marcel Béalu, de Dino Buzzati, l’auteur renoue ici avec le genre fantastique dans une dynamique onirique ou proche de l’absurde.
La personne qui a signé Ismini V et qui veut se venger sur elle, sachant qu'elle est liée à l'auteur, devrait avoir honte. Kristen N. | |
|  | Toute une nuit au Pirée Auteur: Christian Cogne
Avis du 2008-08-09 Ouvrage insipide, mal rédigé et sans aucun intérêt. L'ensemble n'est qu'un verbiage fumeux. Ismini V | |
|  | La source pérenne Auteur: Christopher Gérard
Avis du 2007-04-25 Oui, passionnant cet essai sur un type d'homme qu'on a beaucoup trop caricaturé. La source pérenne est l'un de ces livres rares qui ouvrent des portes et changent leur lecteur! Anastasia | |
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