un hiver à auschwitz Bien sûr, Joseph Bialot n'est pas Primo Lévi. Et pourtant ! C'est peut-être parce que ce livre nous arrive aujourd'hui après beaucoup d'autres que ces "souvenirs d?un hiver à Auschwitz » ne nous frappent pas avec cette même brutalité de gifle dans la figure que les "Si c?est un homme" et autres « Trêve »,dont il a la densité Car c?est effectivement un livre admirable. Parce qu'un vrai talent d'écrivain est mis au service d'un cri personnel stupéfiant de sincérité, Parce ce que, dans ce livre écrit sans aucune pose, pétri de pudeur et de sobriété, affleurent en permanence la subtilité et la banalité du vécu vrai. Rescapé d?un cauchemar, l'auteur résiste àla tentation de nous en parler comme d?une apocalypse et choisit une posture modeste pour la relation de cette épreuve. ;Ce qu?il nous fait partager c?est son quotidien au sein de l?horreur, avec ses hauts et ses bas, dans ce monde monstrueux où la fréquentation de l?indicible, et la menace obsédante et permanente de la mort ont pris un caractère quasi routinier. Il sait nous faire partager avec la fraîcheur qu?ils ont encore dans son souvenir les petits instants de bonheur, si tenus et rares, qui illuminent de loin en loin cet enfer de détresse et de désespoir : une conversation amicale qui fait oublier quelques minutes où on se trouve, le réconfort d?une tasse de café offerte avec un sourire, le soulagement d?avoir échappé à une fusillade en courant dans le camp sous les projecteurs des miradors et l?émerveillement d?être encore en vie après cela. .Et il nous fait au fil du temps découvrir aussi cette effrayante et tragique capacité à vivre au jour le jour, détaché du passé et sans projection dans l?avenir, que cet univers développe chez tout un chacun. Enfin l?errance semée d?embûches qu? a eté son retour ponctué sur terre et sur mer d?épisodes souvent douloureux parfois picaresques, est racontée avec réalisme et humour et nous rappelle ce qu?on ne sait pas assez :il n?a pas suffi à tous ces malheureux de sortir des camps pour que leur cauchemar soit terminé. Un beau livre sur un sujet où il n?y aura jamais trop de témoignages
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