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Une mélancolie arabe
De Abdellah Taïa
Editeur : Seuil
Parution le : 6 Mars 2008

La sincérité frémissante et courageuse d'un jeune arabe qui assume son homosexualité sans renier son origine et sa religion. Un roman entièrement construit sur l'autobiographie de l'auteur, né au Maroc dans un milieu très pauvre, et que son homosexualité et son goût de la culture (surtout à travers le cinéma) met à part, ce qui est à la fois sa souffrance et son salut. Trois parties : - L'enfance, il a treize ans et manque être violé par des garçons des rues à peine plus âgés que lui. - Quand il habite en Europe, un voyage au Caire, comme assistant d'un cinéaste. - Un amour fou mais étouffant avec un ouvrier algérien qu'il finit par quitter pour reprendre son chemin. Chaque partie tourne autour d'un effondrement psychologique profond, comme une approche de la mort, suivi d'une renaissance et d'un nouveau départ vers la liberté et sa vocation d'artiste.


Commentaires Amazon

2008-08-01Note : 5/5
L'enfant foudroyé
Ils ont en commun une enfance solaire, une soif d'aimer pure et exaltée, l'exil, une homosexualité magnifiquement assumée et l'écriture-miroir comme reflet de soi. Ils se nomment Rachid O, Abdellah Taïa, Nina Bouraoui, et font souffler sur les rayons des librairies un vent de jeunesse rafraîchissant. Un vent du Sud, venu des rivages de l'autre côté de la Méditerranée.
Dans son roman "Une mélancolie arabe", Abdellah Taïa évoque, d'une écriture touchée par la grâce, la possession de l'Amour. Chouaïb, Javier, Karabiino, Slimane: quatre visages sur lequel se pose le regard de l'Amant, plongé, au gré des rencontres, dans les turbulences d'amours violents, déçus, doux-effleurés, passionnels... A la candeur bienheureuse qui éclaire les livres de Rachid O, "l'enfant ébloui", s'oppose celle, plus sombre, d'Abdellah Taïa. L'amour chez les deux écrivains est toujours immédiat et absolu, mais "Une mélancolie arabe" trace le destin d'un enfant foudroyé, dont l'existence de Phénix semble régie par une loi de la Magie qui voudrait qu'il faille toujours mourir pour renaître à l'amour. C'est qu'Abdellah Taiä porte en lui un monde où les enfants peuvent être visités par Dieu ou possédés par des djinns malveillants, où des grands-mères peuvent parler aux pierres. Un monde où les esprits angéliques peuvent surgir dans une chambre d'hôtel ou dans une ruelle du Caire, incarnés sous les traits d'un magnifique garçon d'étage africain ou d'une petite dame juive, qui sauront de leurs mains apaiser la folie du Majnoun éperdu d'amour. Aimer, mourir, aimer, mourir, aimer, mourir: une déclinaison simple, scandée par les accents personnels d'une belle élégie.

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