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Une nuit en Tunisie

Une nuit en Tunisie

Auteur : Fabrice Gabriel

Editeur : Le Seuil

A Night in Tunisia (« Une nuit en Tunisie ») est un standard de jazz composé par Dizzy Gillespie en 1942. D'innombrables musiciens en ont donné leur version, parmi lesquels le pianiste Bud Powell, génie véloce et malade, tabassé par la police new-yorkaise et rendu fou par les électrochocs qui devaient le soigner.

C'est justement un vieil enregistrement de Bud Powell qu'écoute le jeune Janvier, en voiture, lorsqu'il arrive à Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie, à l'automne de l'année 1990. Personne alors ne connaît cette petite ville agricole où débuteront, exactement vingt ans plus tard, ce qu'il est convenu d'appeler « les printemps arabes ». C'est là, en effet, devant le siège du gouvernorat, le 17 décembre 2010, qu'un petit marchand des quatre-saisons s'immole par le feu, désespéré d'être sans avenir. La révolution tunisienne vient de commencer. La jeunesse de Janvier, elle, est depuis longtemps passée.

Une nuit en Tunisie raconte cette jeunesse lointaine, à travers la parenthèse d'un service militaire de quelques mois, dans un monde aux portes du désert, où se lisent les souvenirs de conflits anciens et la menace d'une guerre nouvelle, qui sera celle du Golfe, après l'invasion du Koweït par l'Irak.

17,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
208 pages
ISBN : 978-2-0213-6521-4
Les avis

La presse en parle

C’est un livre sous influence pérecquienne, un Je me souviens cubiste visité par l’ombre du maître oulipien. Le personnage principal se remémore son année de coopération passée à Sidi Bouzid, en 1990, à l’aube de la guerre du Golfe. Sidi Bouzid, c’est cette petite ville tunisienne où, vingt ans plus tard, Mohamed Bouazizi s’immolera par le feu, précipitant par son geste les « printemps arabes ». Au loin, résonnent aussi les premiers mots de l’Enéide, Carthage, les guerres puniques… D’une guerre l’autre, Fabrice Gabriel, auteur de Fuir les forêts et Norfolk (Seuil, 2006 et 2010), tisse « un tapis de mémoire » composé de fragments épars, en apparence décousus, mais reliés par des fils ténus : Paul Klee, peintre de la Tunisie lors de son voyage en 1914 (la guerre, toujours), Georges Perec, qui avait envisagé d’écrire un roman sur Klee en Tunisie, Flaubert, le pianiste Bud Powell et même Tintin. Hanté par la noirceur de la guerre, Une nuit en Tunisie est pourtant un texte lumineux, caressé du gris rose et de l’or des crépuscules. Et s’il y a un motif dans ce tapis romanesque, c’est celui, nostalgique, de la jeunesse enfuie.

Le Monde des Livres

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