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Le syndrome du varan

Le syndrome du varan

Auteur : Justine Niogret

Editeur : Le Seuil

Sélection Rue des Livres

« Ça m'a pris longtemps pour comprendre pourquoi le varan. Ça se voit ici, dans ces lignes-là. Je ne sens rien. Enfin, si, quelque part dans un espace auquel je n'ai pas accès, je sens. Je dois hurler de haine et de terreur, avec la bouche pleine de bave. Mais je ne m'entends pas. Je suis là, sur le bord du marigot, à épaissir encore, à durcir, à cuire au soleil et à la boue. Je raconte, je dis les faits, je les écris, je les relis, une fois. Je les fais lire. Il y a les faits, il y a un goût d'ironie, de douleur passée, mais il n'y a pas ce que j'ai ressenti. Il n'y a pas ma fibre, celle qui hurle et crie et voudrait brûler le monde dans l'acide jusqu'à ce qu'il n'en reste que les os. Il n'y a pas ça. Il n'y a que le varan. Le varan épais qui parle de sa vieille voix de cadavre dans une langue trop tiède pour qu'elle lui plaise.

Cette nuit-là, quand je me suis réveillée, le monde a changé. »

16,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
224 pages
ISBN : 978-2-0213-9561-7
Les avis

La presse en parle

La narratrice s’est longtemps « vue comme un varan » : « Une tête aux yeux plissés, un komodo épuisé et haletant, à moitié sorti d’une purée primordiale, la gueule encroûtée de boue et de vieux sang. » Parce que, pour survivre, elle s’est endurcie jusqu’à ne rien ressentir (« Enfin, si, quelque part dans un espace auquel je n’ai pas accès, je sens », précise-t-elle). Le Syndrome du varan fait la généalogie de cet entraînement à l’anesthésie, en remontant dans son enfance, entre une mère « folle » et un père qui « n’est rien qu’un manque égoïste et infantile ». Deux parents violents, pervers, deux « abrutis » qui ont consciencieusement saccagé leur fille, ensemble puis chacun de son côté. D’un souvenir à l’autre, Justine Niogret laisse éclater la rage sèche, teintée d’amère ironie, de sa narratrice, effarée de ce qu’elle a traversé, et d’y avoir survécu. ­Ecrivaine reconnue de fantasy, Justine ­Niogret signe un roman suffocant. R. L.

Le Monde