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Le Coupeur de roseaux
De Junichirô Tanizaki
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 30 Décembre 2003

Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial, le sanctuaire de Minase, le narrateur rencontre un homme étrange. Est-ce un fantôme, un esprit qui hante les lieux ? Celui-ci lui offre du saké et lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, perverse et inaccessible.

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2008-07-14Note : 3/5
    Coupe coupe
    Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial (qui donne lieu à moulte explications historiques), le narrateur rencontre un homme mystérieux... Après quelques verres de sake, celui-ci se met à raconter l'histoire d'amour entre son père et la mystérieuse Ô-Yu.

    Le tout baigne dans un univers très nippon ( contrairement aux romans de Murakami, très influencé par l'occident sans pour autant perdre son identité bien sûr) et est d'un très grand classicisme, tant du point de vue du style que du fond.

    Bref, ça se laisse lire sans réel déplaisir... mais ce n'est pas "l'oeuvre" de cet auteur. ( Qui a donné son nom à une prestigieuse récompense littéraire au Japon... même si son impact sur les ventes est très faible voire inexistant, contrairement au prix Akutagawa par exemple ).

    2008-01-05Note : 4/5
    Souvenirs d'un conte...
    L'atmosphère de conte qui imprègne ce court roman est très agréable.
    La poésie y rivalise tout en douceur avec les superbes descriptions des paysages sous les rayons céruléens.
    Lisez ce livre, vous n'y perderez rien, mais, que vous l'appréciez ou non, vous aurez ainsi l'occasion de découvrir un grand écrivain : Tanizaki.

    Extrait :
    « Il restait là, je ne savais pourquoi, immobile sans repartir, et je l'imitai en approchant à mon tour le visage d'un interstice entre les feuilles.
    C'était un grand jardin [...] où l'on avait creusé un bassin, au-dessus duquel s'avançait une véranda tapissée de nattes de paille, au plancher surélevé comme les anciens pavillons sur l'eau et entouré d'une balustrade ; [...] les épis de miscanthe et les branches de lespédèze dans les vases indiquaient que la soirée était consacrée à la contemplation de la lune.
    Une femme, assise à la place d'honneur, jouait du koto, tandis qu'une autre, les cheveux coiffés dans le style shimada, et qui semblait une dame de compagnie, tenait le shamisen. »


    2007-05-17Note : 5/5
    UN CONTE HIERATIQUE ET CRUEL
    Cette nouvelle traite de la relation qui s'établit entre un homme et deux soeurs O Yu, veuve d'un premier mariage, et O Shizu. L'homme épouse O Shizu pour se rapprocher d'O Yu. O Shizu ayant compris le sentiment que porte son mari à sa soeur se refuse à lui pour ne pas salir la chaste relation établie entre son mari et O Yu.
    Cette relation, à trois, où rode un désir constamment refoulé aux lisières du passage à l'acte crée un lien d'asservissement entre l'homme et O Yu pendant qu'O Shizu se retrouve confinée au rang de servante se refusant à son mari. Le lien pervers ainsi construit les guide les uns par rapport aux autres sans que rien ne vienne permettre d'assouvir l'envie.
    Ce conte traite d'un jeu feutré, cruel,esthétique, stylisé. Point d'éclat, d'emportement, de cris. Ici tout n'est que calme, luxe et volupté. avec comme fin, l'homme regardant, à à travers une haie, O Yu, remariée, s'amuser (jouir ?) dans un monde élegant et raffiné sans qu'il puisse faire autre chose que de la guetter et l'observer chanter et jouer. Le désir inassouvi dans univers formel interdisant l'écart.
    La cruauté du propos ressort d'autant plus que Tanizaki le traite d'un style "à plat" sans rodomontades langagières ni forfanteries stylistiques. L'economie du récit sert, orne et embellit le propos. A découvrir.

    2007-02-20Note : 2/5
    A la limite du fantastique
    Un conte traditionel à la sauce de l'auteur, si bien qu'on flirte parfois avec le fantastique, sans pour autant arriver à la cheville de Murakami....De plus, la narration met du temps à se mettre en route.
    Mais, pour ceux qui sont pressés, au moins le tout se lit d'une traite!

    2006-10-27Note : 2/5
    Un récit lent à démarrer, qui ne m'a pas emballée
    Ce livre très court (120 pages) commence très laborieusement : le narrateur annonce qu'il va faire une promenade et se perd dans des considérations historiques et géographiques sans grand intérêt pour le lecteur occidental. A partir de la page 46, les choses s'animent enfin : au cours de sa promenade méditative dans la nature, le narrateur rencontre un autre homme qui va lui raconter l'histoire d'amour que son père a vécue dans sa jeunesse. Cet homme de 29 ans à l'époque ne voulait se marier qu'avec une femme exceptionnelle et avait déjà refusé de nombreux mariages arrangés. Un jour, il rencontra O-Yû, une jeune veuve d'une grande beauté, mère d'un petit garçon, qui vivait chez ses beaux-parents, entourée d'affection et de prévenances. D'ailleurs, elle avait toujours été habituée à être le centre du monde et recevait comme un dû les attentions, égards et autres témoignages de dévotion. Un mariage avec elle semblait impossible. Il épousa alors la soeur d'O-Yû, O-Shizu, qu'il aimait bien mais sans en être amoureux. Mais il savait qu'en l'épousant, il aurait de nombreuses occasions de voir O-Yû. Dès la nuit de noces, O-Shizu annonça à son mari qu'elle savait que sa soeur O-Yû était amoureuse de lui, qu'ils ne pouvaient donc pas avoir de relations sexuelles car cela aurait fait trop de peine à O-Yû. Après avoir essayé de dissuader sa femme de faire un tel sacrifice, le mari se plia à sa volonté. Commença alors une relation trouble, un ménage à trois platonique ! Quand le fils d'O-Yû mourut, celle-ci fut renvoyée par ses beaux-parents qui lui reprochaient de n'avoir pas bien pris soin de son fils et d'avoir une relation malsaine avec le couple de sa soeur et son beau-frère. Le frère d'O-Yû, qui la recueillit, la poussa rapidement à se remarier avec un riche marchand qui l'épousa pour sa beauté et la négligea dès qu'il s'en fut rassasié. O-Shizu et son mari devinrent enfin mari et femme au sens plein du terme et eurent un petit garçon, celui-là même qui raconte leur histoire, bien des années plus tard, au narrateur principal.
    Outre qu'il est très lent à démarrer, ce récit d'une relation malsaine entre une femme d'une générosité presque morbide (O-Shizu), sa soeur à l'égocentrisme monstrueux et un homme finalement assez falot, victime et de son amour pour O-Yû et de l'esprit de sacrifice de son épouse, ne m'a pas emballée.


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