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L'ignorance
De Milan Kundera
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 10 Février 2005

« Sur l'avenir, tout le monde se trompe. L'homme ne peut être sûr que du moment présent. Mais est-ce bien vrai ? Peut-il vraiment le connaître, le présent ? Est-il capable de le juger ? Bien sûr que non. Car comment celui qui ne connaît pas l'avenir pourrait-il comprendre le sens du présent ? Si nous ne savons pas vers quel avenir le présent nous mène, comment pourrions-nous dire que ce présent est bon ou mauvais, qu'il mérite notre adhésion, notre méfiance ou notre haine ? »

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2007-09-17Note : 2/5
    Moyen et lourd
    Dans une écriture intimiste et parfois cruelle envers ses personnages, Milan Kundera nous raconte le déracinement et l'exil, avec pour corollaire, la nostalgie, le retour, et la solitude du retour empreint de désillusion.

    Deux personnages sont au centre de ce livre, deux Tchèques que l'histoire a exilés loin de leur patrie, Irena en France, Josef au Danemark, et que la pression de leur entourage, après la chute du mur de Berlin, oblige à un voyage de retour dont ils n'ont pas réellement envie et dont ils ne sortiront pas indemnes. Le personnages de Milan Kundera vont, viennent, s'efforcent d'accoster quelque part. Emmigrés sans patrie, arrimés à leur passé qui s'est échappé, ces individus ordinaires chargés du poids lourd de leur existence se croisent, se manquent, se cognent. Dans leur quête improbable d'une identité, passé ou présente, les personnages se cherchent et restent désespérément ignorants.

    Livre que j'ai trouvé assez moyen et au style lourd.

    2006-03-09Note : 4/5
    mince comme un cheveux, ample comme l'aurore
    « à mesure que des pans de sa vie s’effondrent dans l’oubli, l’homme se débarrasse de ce qu’il n’aime pas et se sent plus léger, plus libre » Mais que devient l’émigré réfugié politique lorsque après vingt ans d’exil, il retourne dans son pays, face à ces anciennes amitiés, à sa famille ? Doit il endosser son fardeau culpabilisant son départ, effacer son autre vie qui n’intéresse personne ? Dans son pays natal il garde le statut de celui qui a abandonné les siens ; dans son pays d’accueil il s’est débattu bec et ongles, pour se fondre dans la masse, travailler sans rechigner, pour un jour espérer oublier de repartir chez lui lorsque le pays est à nouveau libéré.
    Kundera nous décrit la misère de ses individus apatride à vie, à travers deux personnages emmurés dans leur inexistence profonde, irréversible.
    « Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré, mince comme un cheveu, ample comme l’aurore …(Queneau) » voici, Joseph, à qui la mémoire sélective lui permet d’oublier ses souvenirs détestables, d’effacer la réalité engoncée dans l’immobilisme larmoyant, et de s’abreuver du présent jusqu’à plus soif.
    « …les deux mains en avant pour tâter le décor » (Queneau) c’est ainsi que Iréna qui traverse la vie sans intéresser personne, retrouve par hasard ce Joseph, une vague rencontre probable, sur laquelle elle s’imaginait construire un avenir plus radieux, espérant ensemble, se souvenir de demain.
    Mais l’Ulysse en question, en proie aux désillusions tardives, ne peut se résoudre à élaborer un quelconque projet, et préfère imaginer sa Bohême comme autant de routes à parcourir, de carrefours à traverser et de rencontres à s’enrichir.

    Avec Kundera, "il faut savoir apprécier des grands crus de la littérature et déguster l'eau de vie de la philosophie" bertrand-môgendre

    2006-01-17Note : 3/5
    le grand retour
    Irena ,émigrée Tchéque en France depuis 20 ans se résoud, après la chute du communisme, à retourner dans son pays. Elle n'éprouve pourtant pas ce besoin irresistible de rejoindre sa Prague natale et redoute même le premier nouveau contact après tant d'années d'absence.Paris est devenue sa ville d'adoption et elle s'y trouve heureuse. Tout le monde, les Tchèques , les Francais, la pousse à revenir vers la mère patrie et faire son "grand retour"
    Enfin elle se décide à revoir Prague et renouer avec ses anciennes connaissances.Mais elle ne reconnait plus son pays et n'y trouve plus sa place. Elle y rencontre un autre émigré Tchèque au Danemark, Josef tout comme elle perdu.

    Ce récit reflète bien la déchirure que peuvent ressentir les émigrés qui n'ont plus leur place dans leur pays d'origine qu'ils n'ont pas vu évoluer et leur pays d'adoption où ils se sentiront toujours des étrangers.
    Le piège de l'émigration: ne jamais arrier à évoluer au juste rythme,celui du pays quitté ou du pays adoptif.

    2005-09-20Note : 4/5
    mon premier Kundera
    Voici un roman exquis qui fait du bien aux neuronnes. Un roman sur l'oubli, l'exil, l'émigration. De belles réflexions sur le temps qui passe, les regrets, la nostalgie, etc. L'histoire d'Irena et Josef (deux émigrés tchèques ayant choisi depuis des années Paris comme lieu de résidence définitive) éprouvent après la chute du Mur de Berlin le désir de retourner dans leur pays natal, pensant que les mentalités ont changé... Leur passé resurgit mais c'est surtout l'incompréhension et les non-dits qui dominent les retrouvailles avec les amis et la famille. Coupés de leur passé, ils se retrouvent dans un univers "étranger", leur inspirant la honte, l'amertume, et le désir d'éloignement... de nouveau.
    Un roman sur la difficulté de l'exil, de l'expatriation. Un très beau texte de Milan Kundera qui m'amènera à en lire d'autres.

    2003-10-30Note : 3/5
    Le grand retour
    Irena, praguoise, cinquante ans, deux enfants et veuve, est en France depuis vingt ans. Elle y a refait sa vie, y a trouvé des amis, des habitudes, et même l'amour. Seulement voilà, le mur est tombé, le communisme s'effondre de toutes parts, et les amis français d'Irena la pressent : il faut qu'elle rentre chez elle, qu'elle retrouve la mère patrie ! Comment se fait-il qu'elle soit encore en France ? Pourquoi ce manque d'enthousiasme, de précipitation... ? Appréhensive, Irena fait le voyage. Les questions surgissent. Se sentira-t'elle vraiment, enfin chez elle ? Retrouvera- t'elle ses amis ? Comment l'accueilleront-ils ? Milan Kundera retrace ce grand voyage du retour, le choc du labeur du temps, les retrouvailles. Il mêle les histoires de deux personnes en particulier, Irena et un homme qu'elle rencontre, un Praguois rentrant au pays lui aussi. Kundera lit dans leurs esprits, nous rapportent leurs pensees, leurs questions, leurs tourments.

    Cette fois-ci, ce que Kundera avait à dire m'a plu, j'ai trouvé l'écriture plutôt belle, poétique. Je me suis retrouvée plusieurs fois, en tant qu'être déraciné, dans les questions, les sentiments d'Irena. Il y a pourtant le même problème dans ce livre que dans « L'insoutenable légèreté de l'être, » cette façon présomptueuse qu'a Kundera d'avancer des « vérités » qui, examinées de plus près, passé le premier charme du bon mot, de la jolie phrase, s'avèrent ne pas en être du tout, et au contraire, être vides de sens, fausses, et oserais-je le dire, sans intérêt.

    Exemple : Kundera rappelle plusieurs fois l'histoire d'Ulysse, son retour à Ithaque, et le compare au retour d'Iréna à Prague. C'est dans ces comparaisons que la fausseté de son analyse rejaillit le plus souvent. Dans une instance, Irena se retrouve à Prague, et personne ne lui pose de questions sur sa vie à Paris, tout le monde est pressé de la réintégrer telle qu'elle était avant sa vie en France. De ce cas, Kundera fait une généralité, et ramène Ulysse, son arrivée à Ithaque, et le peu de cas fait de son périple par ses sujets. Le fait est qu'à peine arrivé, Ulysse dut se cacher, pour mieux faire tomber les hommes qui s'affairaient autour de Pénéloppe et convoitaient le trône. Pas de temps pour bavarder. Ulysse a bon dos dans « l'Ignorance » de Kundera, pour la bonne cause comme pour les mauvaises. J'ajoute un autre extrait qui m'a déplu : « Car la notion même de patrie, dans le sens noble et sentimental de ce mot, est liée à la relative brièveté de notre viequi nous procure trop peu de temps pour que nous nous attachions à un autre pays, à d'autres pays, à d'autres langues. » Faux, faux, faux. Je pourrais continuer longtemps mais ce ne serait plus un compte rendu de lecture, ce serait une attaque en règle, ce qui n'est pas mon intention. Alors un joli passage, pour conclure : « Pendant les vingt ans de son absence, les Ithaquois gardaient beaucoup de souvenirs d'Ulysse, mais ne ressentaient pour lui aucune nostalgie. Tandis qu'Ulysse souffrait de nostalgie et ne se souvenait de presque rien. .» Verdict final ? « L'Ignorance » de Kundera est un joli petit livre, poétique et souvent très vrai, parfois moins, mais seulement par arrogance.

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