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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | La Reine du silence De Marie Nimier Editeur : Editions Gallimard Parution le : 12 Janvier 2006
« Mon père a trouvé la mort un vendredi soir. Son Aston Martin s'est écrasée contre le parapet d'un pont. Je n'étais pas dans la voiture. J'avais 5 ans.
De lui, il me reste peu de souvenirs, et quelques trésors : une montre qui sonne les heures, un stylo dont la plume penche à droite et cette carte postale, où il me demandait en lettres capitales :
QUE DIT LA REINE DU SILENCE ?
Cette phrase posait une énigme impossible à résoudre pour la petite fille que j'étais, énigme cruelle et envoûtante qui résume toute la difficulté du métier d'enfant. Énigme qui, à l'époque, se formulait ainsi :
Que pourrait bien dire la Reine du silence sans y perdre son titre, et l'affection de son papa ?
Ou encore : comment, à la fois, parler, et ne pas parler ?
J'étais coincée. Prise au piège de l'intelligence paternelle. »
Marie Nimier ose avec ce nouveau livre s'attacher à la figure de son père, Roger Nimier. Elle explore l'amas de tôles froissées, interrogeant avec gravité le destin de cet écrivain que ses amis décrivent tour à tour, et parfois simultanément, comme un être désinvolte, sérieux, menteur, loyal, tendre, indifférent et malhabile de ses sentiments comme on est maladroit de ses mains. | [Poche]
Commentaires Amazon| 2007-05-09 | Note : 3/5 | Le portrait d'un père La petite Marie n'a que cinq ans lorsque son père, l'écrivain Roger Nimier, meurt dans un accident de voiture. Quarante ans plus tard, elle entreprend de dresser le portrait de ce père qu'elle a si peu connu.
A quelques bribes de souvenirs s'ajoutent une carte postale lapidaire, les portraits d'amis écrivains, les confessions des frères de Marie, les traces d'une correspondance, des photos à la Une de Paris-Match... Elle évoque, sans jamais le juger, ce père aux multiples démons, qui privilégiait son travail à sa famille, et pouvait se montrer particulièrement cruel. Sous la plume de la femme mûre, on retrouve les questions, les peurs et les doutes d'une petite fille qui tente de comprendre, de se rapprocher de ce père trop tôt disparu, afin d'apaiser ses propres tourments. Sur le ton de la confidence, avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, Marie Nimier offre un beau témoignage sur l'amour filial.
| | 2007-04-16 | Note : 4/5 | Pas toujours facile d'être la fille de son père Bien des années après le tragique accident de Roger Nimier, sa fille est enfin parvenue à affronter les réalités de la vie de son père. Elle semble dans ce livre se libérer un tant soit peu du terrible poids de certaines vérités enfouies jusque-là, consciemment ou non. Dans la reine du silence, l'auteure exorcise ses propres souffrances sans pour autant sombrer dans le pathétique facile ni dans l'autolâtrie. Un style qui frôle l'autodérision par moments, ce qui rend la lecture assez dynamique.
Très vite cette introspection douloureuse m'a fait penser aux « mots pour le dire » de Marie Cardinal où la narratrice tente de conjurer tant bien que mal ses névroses liées à une enfance torturée.
Ici, c'est l'amour mutilé par l'accident du parent qui déséquilibre la petite fille de l'époque et à qui il faudra tant d'années pour oser affronter cette réalité en reconstituant l'existence réelle de ce père trop tôt disparu.
Marie Nimier a certes hérité d'un nom en littérature mais au prix de bien des névroses.
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