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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Mémoires De Saint-Simon, Nicolas Veysman, Alain Jaubert Editeur : Editions Gallimard Parution le : 8 Juin 2006
«Cette princesse d'Harcourt fut une sorte de personnage qu'il est bon de faire connaître, pour faire connaître plus particulièrement une cour qui ne laissait pas d'en recevoir de pareils. Elle avait été fort belle et galante ; quoiqu'elle ne fût pas vieille, les grâces et la beauté s'étaient tournées en gratte-cul. C'était alors une grande et grosse créature fort allante, couleur de soupe au lait, avec de grosses et vilaines lippes et des cheveux de filasse toujours sortants et traînants comme tout son habillement sale, malpropre ; toujours intriguant, prétendant, entreprenant ; toujours querellant, et toujours basse comme l'herbe, ou sur l'arc-en-ciel, selon ceux à qui elle avait affaire. C'était une furie blonde, et de plus une harpie...» | [Poche]
Commentaires Amazon| 2004-07-18 | Note : 5/5 | L'un des plus grands stylistes français "Les épinards et Saint-Simon ont été mes seuls goûts durables", disait Stendhal. Pour les épinards, on peut ne pas être d'accord... Saint-Simon, qui a eu la chance d'être aux premières loges et la disgrâce de ne jamais rien voir que par le petit bout de la lorgnette, n'a rien compris mais tout pressenti, et tout écrit de ce qu'il avait vu ou entendu dire, vrai et faux mêlés, qu'importe. De même qu'il subodore le mouvement qui va entraîner le Grand Siècle vers sa fin et le travaille déjà en profondeur, il fait du français une langue enfin vivante, nerveuse, elliptique, ne reculant devant aucune ellipse, aucune image. Cette sensitivité et cette vivacité sont à peu près sans équivalent dans notre littérature, et on comprend que Stendhal ait aimé une telle sincérité de ton, et cette langue qui n'est qu'une pellicule recouvrant une âme tout entière vouée à la passion d'écrire. Entre les épinards et Saint-Simon, il y a en tout cas un point commun: la verdeur. C'est peut-être cela qu'il voulait dire, Stebdhal...
| | 2003-12-08 | Note : 5/5 | Fin de règne Alors que le Roi se fait vieillissant et chaque jour plus dévôt sous l'influence de son épouse morganatique, Madame de Maintenon, Saint-Simon poursuit inlassablement le tableau de la France Louis-Quatorzième et de son coeur politique, social et culturel : Versailles et sa Cour. Une France d'ailleurs en proie à la guerre (Affaire de la Succession d'Espagne) et à de nombreuses soubresauts (Jansénisme, crise religieuse et politique ; premières famines).Malgré ces troubles, Versailles n'en conserve pas moins ses fastes et son génie de l'intrigue, dont Saint-Simon démêle, avec talent, l'écheveau. Mais le mémorialiste n'est pas seulement le peintre de la seule société curiale et de ses vanités. Il est aussi, outre son inimitable talent de conteur, parfois méchant mais toujours brillant, un visionnaire qui prépare la France de l'après-Louis XIV.
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