 Cliquez pour agrandir | La placeDe Annie Ernaux
Editeur : Editions Gallimard Parution le : 16 Mars 2006 ISBN : 978-2-0703-3687-6 EAN13 : 9782070336876
« Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec toute la bouche. Puisque la maîtresse me "reprenait", plus tard j'ai voulu reprendre mon père, lui annoncer que "se parterrer" ou "quart moins d'onze heures" n'existaient pas. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : "Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps !" Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur et de chicanes douloureuses, bien plus que l'argent. » | [Poche]
Prix conseillé : 4,80 € - Prix : 4,56 € |
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Commentaires Amazon| 2010-10-20 | Note : 3/5 | Pudeur des sentiments. Annie Ernaux avec beaucoup de pudeur, de retenue et de délicatesse évoque son père. Ce père disparu. Au travers de la biographie de celui-ci, elle évoque à mots couverts la place de l'homme dans la vie. Cette place est-elle celle du mort dont il ne reste que la trace sur l'oreiller. La place à prendre dans la société, la place que l'auteur semble avoir du mal à prendre entre deux catégories sociaux professionnelles ? Il plane une vacuité dans l'écriture de Ernaux, un vide que rien ne comble. Le style est froid, plat, on dirait presque un rapport d'un médecin légiste ou d'un entomologiste disséquant un insecte. C'est cela, Ernaux dissèque froidement la vie d'un homme. Sans sentimentalisme elle donne à éprouver des émotions. Sans doute l'ouvrage est-il un exercice de style assez réussi. Méritait-il de remporter le prix Renaudot ? Je l'ignore. Un livre court, rapide qui semble aussi intéressant qu'une posologie de médicaments, mais qui se révèle adapté à ce que l'auteur a voulu transmettre, un témoignage direct d'une vie passée ici bas.
| | 2010-01-30 | Note : 3/5 | Oui mais Dans ce roman autobiographique, Annie Ernaux nous narre la relation qu'elle entretenait avec son père. De son enfance à son adolescence, jusqu'à son entrée dans le « grand monde » ce petit roman ce lit avec plaisir. On apprend un peu plus sur qui est Annie Ernaux. Cependant le manque d'émotion de la narratrice dans ce livre pourrait en dérouter plus d'un. Elle raconte sa vie de manière linéaire, sans s'attarder sur les petites émotions qui auraient certainement apportées au livre un peu plus d'humanité.
Je conseil ce livre, pour celles et ceux qui souhaitent lire un roman sans fioriture.
| | 2008-04-24 | Note : 5/5 | Une très belle lecture Annie Ernaux fait le portrait de son père et partant celui du monde rural de ses origines avec lesquels, au fur et à mesure où elle accède à un univers plus petit bourgeois (le récit commence par le souvenir de son épreuve du Capes), elle prend insensiblement ses distances. Un récit distancié, sans affect ni jugement, qui témoigne admirablement de ses rapports ambivalents avec son père, à la fois fier de la réussite de sa fille et méfiant à l'égard de ce monde qu'il ne comprend pas. Pourtant, en dépit de ce parti pris stylistique, l'émotion se trouve à chaque page, l'intime est dit avec une très grande pudeur. Vraiment une très belle lecture.
| | 2006-12-10 | Note : 3/5 | Réaliste et touchant L'auteur retrace la vie de son père aimé après sa mort. J'ai l'impression que c'est plus une biographie qu'un roman. Le style est dépouillé, et quelquefois mélancholique, mais c'est émouvant.
| | 2005-08-29 | Note : 5/5 | La pureté d'un amour filial Bien, alors que dire si ce n'est que le bouquin est tout bêtement stupéfiant... une merveille de sensibilité et de pudeur tant dans l'écriture que dans les sentiments qui nous semblent pourtant tellement veritables. Ernaux érige ici un monument de la biographie, assurément, un des romans les plus touchants qu'il m'ait été donné de lire. De plus, l'écriture sans fioritures aucune laisse à merveille pénétrer le lecteur dans l'intimité de la conscience de cette fille, triste devant la mort de cet inconnu si précieux qu'était son père. La sincérité, l'amour contenu pendant tant de temps, la compréhension enfin qui donne l'absolution à un être qu'elle jugeait avant si rustre. Une leçon de vie, une leçon d'amour, une leçon... voilà pour cette petite merveille, courte qui plus est, qui continuera de me marquer à chaque relecture.
| | 2005-06-20 | Note : 5/5 | Oeuvre littéraire et document sociologique Un livre excellent, raconté dans un langage simple, très épuré, sans fioriture, parfois cru. Outre son intérêt littéraire, c'est un document sociologique sur le milieu populaire des années 60. Donc, à conseiller aux étudiants en sociologie.
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