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Anne, ou quand prime le spirituel

Anne, ou quand prime le spirituel

Auteur :

Editeur : Editions Gallimard

Sélection Rue des Livres

« J'ai beaucoup écrit dans ma jeunesse : mais rien qui me parût valable. J'avais environ trente ans quand j'osai proposer à des éditeurs le livre que j'appelai Primauté du spirituel, détournant ironiquement le titre d'un essai alors célèbre de Maritain.
J'avais mis beaucoup de moi-même dans cet ouvrage. J'étais en révolte contre le spiritualisme qui m'avait longtemps opprimée et je voulais exprimer ce dégoût à travers l'histoire de jeunes femmes que je connaissais et qui en avaient été les victimes plus ou moins consentantes. J'ai beaucoup joué sur la mauvaise foi qui m'en paraissait inséparable. Ainsi fus-je amenée à la difficile tentative de faire entendre les voix – et les silences – du mensonge. Comme beaucoup plus tard dans La femme rompue, j'ai usé du langage pour dissimuler la vérité.
C'est, somme toute, un roman d'apprentissage où s'ébauchent beaucoup des thèmes que j'ai repris par la suite. Je lui garde une sympathie que j'aimerais voir partagée. »
Simone de Beauvoir écrivit ce premier livre, qui resta longtemps inédit, de 1935 à 1937.

8,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
368 pages
Collection : Folio
ISBN : 978-2-0703-3746-0
Les avis

La presse en parle

Anne, ou quand prime le spirituel est une œuvre de jeunesse de Simone de Beauvoir. Refusée par ses éditeurs en 1938, elle sera finalement publiée en 1979 avec la réticence de l’auteure, jugeant que son livre manque de chaleur et de relief. Pourtant, ce roman en cinq actes donne une vision passionnante et féroce de la France des années 20, où les femmes sont des victimes de la société, destinées à obéir et à remercier Dieu. L’essentiel du récit tourne autour du personnage d’Anne, jeune fille à la fois rebelle et soumise, qui mourra faute d’amour et de générosité. Simone de Beauvoir se montre audacieuse dans sa réflexion romanesque comme dans son écriture. Elle mêle subtilement les styles direct et indirect, plaçant la narratrice au cœur du récit et dans le commentaire. Une très belle préface signée Danièle Sallenave donne à la réédition de cet ouvrage oublié une valeur exceptionnelle. Dans l’East Texas des années 30, le cadavre d’une Noire, prostituée de surcroît, ne vaut pas grand-chose même si elle a été violée et attachée avec du barbelé. Mais lorsqu’il s’agit d’une Blanche, la situation n’est plus du tout la même.

Christine Ferniot, Télérama

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