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L'été (extraits)
De Albert Camus
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 11 Mai 2006

Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et de ses légendes.
Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence.

  • [Poche]
  • La presse en parle

    Vous vous êtes plongée dans un recueil de textes d'Albert Camus réunis dans un ouvrage de poche.
    Camus y évoque ses amours géographiques : Alger bien sûr mais aussi Oran, Tipasa, la provence ou la Grèce.

    Autant de lieux qui ne sont que des prétextes à la réflexion de Camus mais qui sont également fondateurs de l'homme et de son écriture.
    Camus aime le soleil, la mer, la chaleur. Il y puise toute la volupté d'exister. Plus que jamais, lorsqu'il évoque Alger ou Oran son style est charnel.
    Les grands boulevards d'Oran ne seraient pas les mêmes sans le bruit des oiseaux qui s'agitent dans les palmiers.
    Le ville ne serait pas aussi anarchique, débraillée si ses pierres ne s'étaient brulées au soleil.
    Et même la querelle entre les deux villes ne prendrait pas les allures d'un match de boxe s'il n'y avait cette foule jacassante dans les rues à l'heure où les bureaux ferment.
    Les villes méditerranéennes sont exaltées. C'est peut-être pour cela qu'elles éblouissent.
    Ce goût du bonheur, chez Camus, se double d'un sens du tragique, mais aussi d'une aversion pour le désespoir.
    Les quelques textes présentés ici (qui sont tirés de deux ouvrages : Noces et l'été - Sélection) ont été écrits entre 1939 et 1953.
    Vous imaginez bien que la guerre a transfiguré le paysage et que l'existence, à certains moments, paraît désespérante.
    Or Camus ne se laisse pas avoir par le pessimisme (même si la facilité consisterait à y céder).
    Sans doute est-ce la beauté du monde qui nous aide à dépasser toute forme de nihilisme.
    Sans doute aussi est-ce cette même beauté qui nous permet de savoir qui nous sommes.
    C'est en revenant à Tipasa en 52 que l'écrivain redécouvre une fraîcheur, une joie qui lui permettront de retourner au combat.
    "Au milieu de l'hiver", écrit-il, "j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible".
    Un autre texte, écrit celui-là en 1940, raconte la merveilleuse histoire des amandiers.
    Lorsqu'il habitait Alger, Camus patientait toujours dans l'hiver parce qu'il savait qu'en une nuit, une nuit froide de février, les amandiers de la vallée des consuls se couvriraient de fleurs blanches. Des fleurs fragiles comme de la neige, et qui pourtant résisteraient à la pluie et au vent, suffisamment en tout cas pour préparer le fruit.
    Ces textes ont une bouleversante odeur de vie. En 130 pages et pour 2 euros, vous ferez un voyage exceptionnel.

    Patricia Martin, France Inter

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