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Le jardin du bossu

De Franz Bartelt

Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 31 Août 2006
ISBN : 978-2-0703-3934-1
EAN13 : 9782070339341

«Il était là, le con ! Rond comme un bidon. Entouré d'une flopée d'ivrognes encore plus saouls que lui. Je ne l'avais jamais vu en ville. J'ai demandé au Gus qui c'était. Il n'en savait rien. J'ai recommandé une bière. Le type se vantait. Il ne parlait que de son pognon. Il en avait, puisqu'il payait les tournées en sortant de sa poche des poignées de billets. Il refusait la monnaie. Il s'y croyait. Le con. Ah, le con ! Le Gus m'a dit qu'il était déjà saoul en arrivant. Il avait touché la paie ou quoi ? Il buvait du blanc limé. De temps en temps, il se levait et chantait une connerie. Il y a connerie et connerie. Les siennes, c'était des conneries de l'ancien temps. On n'y comprenait rien. Des histoires de drap du dessous, que c'est celui qui prend tout. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il retombait sur sa chaise, comme un sac. Il se remettait à parler de son pognon. Il en avait des tas. Stocké dans le tiroir de la salle à manger. Tout en liquide.
– T'as pas peur de te faire attaquer ? a demandé un des gars.»

  • [Poche]
  • Policier et Suspense
  • Collection : Folio Policier
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    2004-11-07Note : 2/5
    On ne mange qu'une fois à la table des Cageot Dinguet
    Comment récupérer l'amour de sa nana quand on est dans le besoin? Karine a la réponse: si l'argent ne fait pas le bonheur, difficile de faire sans ; alors il ne reste plus à son homme que tenter, avec tous les moyens dont il dispose, de faire revenir un peu d'oseille dans son nid douillet.
    Quand on est basé sur l'idée de gauche et qu'on ne raffole ni de suées inutiles ni d'un intellectualisme exagéré, il reste les moyens du bord et la poésie. Car notre héros est un poète. Capable de déclamer des alexandrins dans les règles de l'art. Et un rusé aussi. Un vrai couguar!
    Aussi suit-il en sortant d'un bar une ancienne star de la télévision: le roi du télé-achat! C'est de famille: madame Cageot-Dinguet, la mère de Jacques, était elle-même une speakerine hors pair. Jacques aussi est un drôle: bourré de fric. Des billets à tapisser les murs. Et des méthodes déroutantes.
    Acteur jusqu'au bout des ongles, le richissime s'est laissé filer, feignant la cuite, pour mieux laisser entrer notre petit voyou chez lui. Et en faire un hôte de choix. Il faut dire qu'il y a du travail chez les Cageot-Dinguet! Surtout à la cave. Le reste du temps, Jacques le dit gentiment, il n'y a rien d'autre à faire que de regarder la télévision, immuablement branchée sur le télé-achat: en rediffusion, en boucle. Jacques aime ses hôtes, les gâte, anticipe toutes leurs demandes...Même l'argent, il lui laisse à son invité!
    Justement: ce n'est pas le tout, il faut ramener l'argent à Karine...
    Et ce n'est pas si simple dans ce polar où, étrangement, même l'argent n'est qu'une illusion, jusqu'au bout. Pas seulement l'argent d'ailleurs.
    Mais même les morts, qui jalonnent l'histoire et qui s'entassent, ne sauront aider la police à démêler cette intrigue où l'on finit par perdre le sens d'une démarche pourtant ficelée. Et pour cause: Jacques Cageot-Dinguet a tout prévu, même l'impensable. Ce qui est donc aussi impensable.
    Il faut néanmoins voir le bon côté des choses: notre héros sauvera sa vie, et s'empressera de retrouver chez Karine un amour comme aux premiers jours...

    On apprécie, comme toujours, l'humour noir et les perles de langage aussi bien que les idées saugrenues que Franz Bartelt ne manque jamais d'insérer à ses livres. Il ne manque aucun ingrédient: juste, peut-être, un peu de romance. Je sais, on est dans un polar, mais un personnage un peu tendre, ou une jolie femme, dans tout cela, ce ne serait pas de trop.

    2004-09-04Note : 4/5
    huis-clot et humour noir !
    Le héros du bouquin est un petit malfrat qui hume le bon coup en repérant dans un bar un type ivre mort aux poches remplies de billets. L'appât du gain et du larcin facile fait le reste. Il suit la victime jusque chez lui, attend dehors qu'il s'écroule raide défoncé par l'alcool, et décide enfin d'entrer pour se remplir les poches à foison. Oui mais voilà, il y a un mais de taille. Le mec bourré ne l'est pas, le mec bourré est un malin, le mec bourré a organisé tout ça précisemment pour enfermer chez lui ce genre de bonhomme... Le reste n'est que huis-clot à l'humour noir irresistible, conclue par une fin désarmante et inattendue. Un très bon petit bouquin qui fait passer du bon temps et soulage des romans prise de tête de la rentrée !

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