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Fiche livre | | |
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 | Partir De Tahar Ben Jelloun Editeur : Gallimard Parution le : 13 Avril 2007
«La petite Malika, ouvrière dans une usine du port de Tanger, demanda à son voisin Azel, sans travail, de lui montrer ses diplômes.
– Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard ?
– Partir.
– Partir... ce n'est pas un métier !
– Une fois partie, j'aurai un métier.
– Partir où ?
– Partir n'importe où, là-bas par exemple.
– L'Espagne ?
– Oui, l'Espagne, França, j'y habite déjà en rêve.
– Et tu t'y sens bien ?
– Cela dépend des nuits.»
Tahar Ben Jelloun. | [Poche]LittératureCollection : Folio
Commentaires Amazon| 2008-05-08 | Note : 2/5 | Une lourde réalité et un roman encore plus lourd Tahar ben Jelloun s'attache à décrire la vie quotidienne au Maroc, à travers ce désir qu'ont beaucoup de marocains de PARTIR, partir à tout prix de ce pays décrit comme étant totalement déliquescent. On y montre donc un seul aspect de la réalité politique car, de fait, le Maroc tente d'avancer, avec les multiples handicaps du passé, de la corruption, de l'obscurantisme, etc. On aimerait que cette focalisation sur la face noire du pays soit discrètement resituée dans le contexte réel.
Par ailleurs, Tahar ben Jelloun, pour appuyer son propos, procède à une accumulation de personnages : Azel, Kenza, Malika, Miguel, Soumaya, Flaubert, etc., etc., etc. On n'en sort pas, tous décrivent les mêmes aspects de la vie des marocains. Il ressasse à plaisir, n'évitant pas la répétition : régulièrement revient une tirade sur l'amour de la mère, qui résiste à toute déchéance morale. Lassant !
Par ailleurs, pour profiter de ce livre, il faut supporter la description d'actes sexuels en tout genre, dans les détails, sans la moindre légèreté. Comme le but du livre n'est pas la pornographie, c'est pénible, et là aussi répétitif.
On trouve donc un intérêt réel à ce livre d'un auteur connaissant bien son pays. Mais l'ensemble est partial et lourd.
On aimerait savoir ce que des marocains pensent de cette oeuvre.
| | 2007-12-10 | Note : 4/5 | Un récit tendre et amer sur l'émigration A Tanger, Azel, jeune diplômé en droit, ne trouve pas de travail. Il vit sur le maigre salaire de sa soeur Kenza, infirmière. Comme Malika, sa jeune voisine de 14 ans et comme tant d'autres jeunes Marocains, il ne rêve que d?une chose : traverser le détroit de Gibraltar pour aller faire sa vie de l'autre côté. Il aime pourtant son pays, mais ne supporte plus ses défauts : corruption généralisée, apathie des politiques, hypocrisie des moeurs, etc. Mais partir, bien sûr, coûte cher et c'est risqué. Son cousin Noureddine y a laissé la vie en se noyant. Alors, Azel tourne en rond dans son amertume, son inaction forcée, son ressentiment. Un jour, la solution semble se présenter à lui sous les traits de Miguel, un riche homosexuel espagnol, qui tombe amoureux de lui. Le prix à payer est de se trahir lui-même car Azel est hétérosexuel, mais il accepte. A Barcelone, malgré la gentillesse et la générosité de Miguel, la vie n'est pas vraiment celle dont rêvait Azel, notamment parce que l'exil est un redoutable révélateur de tout ce que l'on cachait en soi de failles, de blessures mal cicatrisées, de névroses. Cette découverte sera d'ailleurs partagée par d'autres émigrés : sa soeur Kenza qui le rejoint en Espagne, un ami qui s'y fait recruter par des frères islamistes, une amie qui garde à Marbella la petite fille handicapée d?une riche famille saoudienne, et tant d'autres. Pour autant, ceux qui sont restés au Maroc n'ont pas non plus la vie facile, comme Malika, leur jeune voisine qui s'abîme sa santé dans une usine de Tanger. Alors, tous ces jeunes sont-ils condamnés à une existence pourrie, de part et d'autre du détroit de Gibraltar ?
Tahar Ben Jelloun a écrit là un très beau livre. Tout y est : les personnages sont riches et complexes, les situations réalistes, les rêves et parcours intérieurs des personnages bien décrits. L'auteur n'hésite pas à nous montrer les travers de son pays et de ses habitants et les écueils où ils viennent si facilement s'échouer. Ce n'est pas follement joyeux comme livre car la réalité ne l'est pas, mais le talent de conteur de TBJ et la tendresse qu'il a, malgré tout, pour son pays d'origine et pour ses enfants l'empêche de tomber dans l'amertume ou le sordide.
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