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Fiche livre | | |
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 | Trois jours chez ma mère De François Weyergans Editeur : Gallimard Parution le : 25 Mai 2007
« Dans le train, il colla sa tête contre la vitre et aperçut en surimpression, flottant au milieu d’un décor de broussailles, un visage blême et crispé, le sien, avec son front reconnaissable, haut et dégarni, ses paupières gonflées et sa bouche aux lèvres minces. Il eut envie de se dire à lui-même : “Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?” Ce visage si près du sien lui inspirait une profonde sympathie. »
Nuit après nuit, un homme hyper anxieux voudrait ne pas affronter la vie qui l'attend. Ses souvenirs l’aideront-ils à aller mieux ? Il a fait tant de voyages, du Japon au Canada, tant de rencontres amoureuses. Sa mémoire lui donne le vertige. Il s’invente une série de doubles auxquels il fait mener une vie sentimentale et sexuelle aussi agitée que la sienne. Il vit depuis trente ans avec Delphine, ils ont deux filles – deux jeunes adultes capables de voir que leur père est dans le pétrin – et il voudrait aller rendre visite à sa mère. Elle vit seule en Provence et aura bientôt quatre-vingt-dix ans. Il lui téléphone souvent mais depuis quand ne l'a-t-il pas vue ? Il a d’abord un livre à finir. Sa mère le lui dit : « Tu devrais publier ton roman, sinon les gens vont croire que tu es mort. » | [Poche]Littérature françaiseCollection : Folio
Commentaires Amazon| 2007-05-27 | Note : 3/5 | Diversion Dans son livre, bien que sa mère soit présente du début à la fin, l'auteur tourne autour du sujet jusqu'à s'en détourner. La construction du livre mène délibérément sur des pistes détournées par une succession d'associations d'idées qui pourraient paraître d'une chronologie décousue, anarchique et pourtant on ne s'y perd pas (selon moi). Il crée une sorte de double qui crée lui-même son double qui crée Il se dégagera cependant, à la fin du livre, une profonde tendresse pour sa mère, résolument pudique qui ramènera au sujet supposé par le titre.
Pour avoir lu et vu plusieurs interviews de l'auteur, il est certain que le personnage principal de ce roman pourrait effectivement être son double endossant cette même désinvolture et ce caractère quelque peu décalé qu'il offre aux médias. Mais je n'ai pas pris ces ressemblances au premier degré et me suis détachée de toute manifestation de suffisance nombriliste. Jy verrais plutôt une forme d'autodérision assez pudique et à l'humour tranchant.
S'il est une partie où vraiment je n'ai pas accroché, c'est justement celle où il est question du roman "Trois jours chez ma mère" aux deux tiers du livre et qui explique le titre.
Néanmoins, j'avoue en conclusion que je ne classerai quand pas ce livre dans mes favoris, somme toute bien changeants, mais je lui reconnais une vive originalité, une audace bien subtile dans un style cadencé et mordant.
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