 | 1984 : Edition limitéeDe George Orwell
Editeur : Gallimard Parution le : 15 Novembre 2007 ISBN : 978-2-0703-4862-6 EAN13 : 9782070348626
Dans un monde futuriste et totalitaire où Big Brother répète que la guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, et l'ignorance, la force, Winston Smith, employé au ministère de la Vérité, falsifie l'histoire pour ne pas compromettre le pouvoir qui se serait trompé dans le passé. Dans une société où les sentiments de l'humain ont été éliminés, il cherche l'amour et la liberté. | [Poche]Collection : Folio
Prix conseillé : 10,90 € - Prix : 10,36 € |
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Commentaires Amazon| 2010-07-05 | Note : 5/5 | Le livre déprimant que vous devez pourtant lire absolument. Eric Arthur Blair était l'un des plus grands auteurs anglais, que vous connaissez probablement sous le pseudonyme de George Orwell. Il écrivit pas mal de livres, mais la plupart des gens considèrent que « 1984 » et la « Ferme des animaux » furent les plus influents parmi ceux-ci. Dans ces deux derniers récits, il exprima, plutôt par l'usage de la métaphore que tout à fait explicitement, sa perception de la société communiste soviétique.
Je vais donc vous délivrer mon commentaire à propos de ce second livre, « 1984 ».
George Orwell écrivit « 1984 » vers la fin de sa vie, alors qu'il mourrait peu à peu de la tuberculose, et ce détail a certainement influencé le thème de ce livre, et plus encore son style si noir décrivant une inévitable fatalité frappant le Monde. L'histoire prend place à Londres, en 1984, date à laquelle son auteur pense que la sinistre menace qu'il présage pour la société des humains se sera produite. En fait, en écrivant ce livre, George Orwell voulait nous avertir du danger que représentait pour la civilisation occidentale une société collectiviste et despotique telle que l'Union soviétique, si rien de significatif n'était entrepris pour en stopper l'expansion avant cette date fatidique.
Pour ce faire, George Orwell décrivit un Etat totalitaire où la vérité n'existe plus au sens où nous l'entendons ordinairement, mais telle que « Big Brother » nous la dicte ; une vérité construite de toutes pièces, ne répondant plus à la rationalité, et que d'aucun appellerait aujourd'hui le « politiquement correcte », ou encore la « pensée unique »... Dans un tel Etat, liberté veut dire obéissance totale et aveugle au « Parti », et amour relève d'un concept étranger à la société si ce mot ne s'applique pas à l'amour pour ce même « Parti ».
Le récit nous est narré selon la perspective de Winston Smith, un fonctionnaire du Ministère de la Vérité, dont la tache quotidienne consiste à altérer la vérité des faits passés dans les archives, chaque fois que « Big Brother » décide qu'il doit en être ainsi. Le slogan du Parti ne dit-il pas « Qui contrôle le passé, contrôle le futur ; qui contrôle le présent contrôle le passé ». Et ce slogan est d'ailleurs appliqué au quotidien par le réajustement des faits du passé de manière à ce que ceux-ci justifient ceux du présent, tels que voulus par le Parti. Du point de vue de Winston Smith, pas mal de choses que nous trouverions effrayantes paraissent à ce dernier somme toute ordinaires. Tel est le cas, par exemple, de l'omniprésence de « Big Brother », toujours en train d'observer tout le monde, et aussi de la « Police de la Pensée », laquelle punit les pensées traitresses à propos du « Parti ».
Le lecteur ne peut que ressentir l'inévitable triste fatalité qui se répète tout au long du récit, et qui semble devoir frapper toute entreprise positive, fut-elle des plus modestes, dans des phrases telles que « Le crime par la pensée n'est pas une chose que l'on peut cacher éternellement. Vous pouvez parvenir à tricher pendant quelques temps, des années durant, même ; mais tôt ou tard, ils vous auront... ».
Winston Smith commence peu à peu à réaliser que quelque chose ne va tout de même pas, dans cette société, et qu'il faut que cela change (aujourd'hui, on l'accuserait d'être un anarchiste, pour oser s'élever ainsi contre le despotisme, ironiquement). Le lecteur accompagne donc Winston Smith dans son entreprise de subversion, et devient ainsi le témoin de ce vers quoi celle ci va le mener. Soyez prévenu que « 1984 » est marqué par la fatalité, par ce à quoi on ne peut échapper, quoique l'on fasse ; mais il est tout à la fois ce genre de livre que nous avons tous besoin de lire, un jour ou l'autre.
Pourquoi devrions-nous tous le lire, me rétorquerez-vous peut-être ?
Pour deux raisons, répondrai-je.
Premièrement, George Orwell formule plusieurs observations dans « 1884 » qui ne relèvent pas uniquement de son caractère fictif, mais qui s'appliquent aujourd'hui à des faits qui ont considérablement réduit notre liberté, toujours au nom du bien être de la collectivité.
Deuxièmement - et ce deuxième point est lié au premier - « 1984 » est un livre qui possède la particularité peu commune d'être de plus en plus dans l'air du temps à mesure qu'il prend de l'âge, tant les descriptions que l'on y trouve ressemblent de plus en plus à des faits et à certaines évolutions de notre société. L'une des principales raisons pour lesquelles George Orwell écrivit « 1984 », pourrait bien avoir été de tenter de nous avertir de ce que nous risquions de devenir, de nous prévenir des dangers du communisme, avéré ou déguisé sous d'autres formes d'idéologies. Mais bien des années après la chute de l'Union Soviétique et de la disparation progressive du communisme en général, nous pouvons aussi interpréter la dystopie « 1984 » (dystopie signifie anti-utopie) comme un avertissement à propos du pouvoir excessif des media, et des dérives des gouvernements entreprenant d'outrepasser leur rôle de service auprès de la Nation. Aldous Huxley l'avait fait avant George Orwell, en écrivant « Le Meilleur des Mondes », puis Ray Bardbury avait écrit « Fahrenheit 451 », peu après la parution de « 1984 », puis, beaucoup plus récemment, Dominique Raymond Poirier l'a également fait en écrivant « Grandoria ».
L'innovation technologique devrait servir l'humain qui en est à l'origine, pour faire s'améliorer son existence, normalement, mais elle est également utilisée contre lui, au contraire. Je pense que ce dernier point présente la plus importante des leçons qu'a voulu nous donner George Orwell.
« 1984 » est bien plus qu'un classique ; il est une petite Bible des temps modernes qui existe pour nous rappeler ou se situent les limites de l'inacceptable dans une société - tellement d'entre nous semblent être absolument incapables de les cerner, en 2010. C'est pourquoi je pense que ce livre peut profiter à tout le monde, et que je vous recommande hautement de l'acheter.
Comment donner moins de cinq étoiles à l'un des plus grands best seller de tous les temps.
| | 2010-05-31 | Note : 5/5 | Excellent livre On se rend compte que peu de temps avant sa disparition, Orwell avait déjà tout compris de ce qui allait se passer !Sur la bien-pensée, la Police de la Pensée, ect ect... L'arrivée dans les années 1980 du "politiquement correct" sur de plus en plus de sujets: la violence, le pouvoir, l'immigration, le libéralisme sans frontières, les problèmes des banlieues... Ce qui est marrant c'est que 1984 correspond à l'année de la création d'une association qui a beaucoup versé dans le politiquement correct: SOS Racisme (l'organisation manipulatoire mitterrandienne du PS) qui a interdit le débat sur l'immigration et sur les problèmes de la banlieue! De même sur le puritanisme féministe (avec la Ligue Anti-Sexe du Parti de Big Brother) qui sévit aujourd'hui condamnant la sexualité masculine (il n'y a qu'à voir l'affaire Clinton, Tiger Woods ou Strauss-Kahn). Merci Monsieur Orwell, quel visionnaire !
| | 2010-02-06 | Note : 5/5 | Celui que l'on ne présente plus On ne présente plus ce grand classique universellement connu et apprécié, que notre époque nous incite à relire et qui demeure troublant de part la pertinence de l'analyse sociale
| | 2008-04-02 | Note : 5/5 | 1984 d'actualité ? En 1984, de nombreux médiatiques, visiblement intéressés au maintien d'un relatif optimisme dans les populations, s'empressèrent de clamer très fort que George Orwell s'était entièrement trompé dans cet ouvrage jouissant pourtant et non sans raison d'une assez grande et persistante célébrité. D'apres eux, la société décrite dans "1984" n'avait aucun rapport avec la notre.Toutefois, depuis cette date, un certain nombre d'évènements et d'évolutions laissent à penser que ce soulagement était peut-être prématuré.
Ainsi, on ne peut s'empêcher de constater que l'insaisissable Ben Laden et les féroces hordes d'Al Qaida, tantôt vaincus, tantôt ressurgissant de l'ombre, présentent d'étranges similitudes avec le personnage d'Emmanuel Goldstein l'ennemi du peuple et son armée de comploteurs invétérés, tels que les décrit Orwell.
De même, la perte progressive de tout langage signifiant chez nos élites dirigeantes, pourrait bien laisser croire que la Novlangue, qu'Orwell décrit longuement dans son ouvrage, a finalement trouvé sa place dans notre modernité.
Aussi, la multiplication des caméras et des systèmes de contrôle et de surveillance évoque fâcheusement Big Brother.
Egalement, nous pouvons voir désormais presque chaque jour, comme dans "1984", que ce qui était "vrai" hier est devenu "faux" aujourd'hui et que strictement rien ne s'oppose à ce que cela soit rétabli comme "vrai" demain selon ce que décideront ceux qui savent si bien penser à notre place.
Il est vrai qu'Orwell savait fort bien penser par lui-même pour sa part.
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