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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Présent ? De Jeanne Benameur Editeur : Editions Gallimard Parution le : 2 Mai 2008
Elle aurait voulu être une bête, au moins ça aurait été clair. Elle est juste professeur de la vie et de la terre, mais il n'y a plus de vie il n'y a plus de terre sous ses pieds quand son amant part. Alors au collège, elle n'y va pas. Qu'est-ce qu'elle enseignerait, hein ? Son corps enseignant, il est ici. Son intelligence, sa patience, son savoir, tout pourrit sans caresse. Elle se racornit comme les feuilles de certaines plantes quand elles manquent d'eau. Elle peut juste attendre qu'il revienne ou qu'elle reparte le voir. Toute la vie suspendue dans l'intervalle. Sans son corps, elle ne peut pas enseigner. C'est comme ça. Le corps peut manquer à l'appel. D'une écriture incisive et empathique, Jeanne Benameur brosse le portrait de tous les acteurs d'un collège de banlieue avant les émeutes, questionnant leur présence vive. Avec émotion, elle débusque les symboliques occultées du monde scolaire et les drames intimes de chacun : une brèche s'ouvre pour une pédagogie à rebours de tous les tabous. | [Poche]Collection : Folio
Commentaires Amazon| 2008-06-10 | Note : 5/5 | Alors rien n'est difficile puisque tout a un sens En novembre 2005 la banlieue parisienne s'enflammait. C'est au mois de Juin que nous suivons ici quelques personnages d'un collège, le temps de bien s'imprégner de chaque individualité avant d'assister au dernier conseil de classe pour les 3°, celui qui va décider de leur orientation.
Ce roman est très émouvant, tout autant qu'éprouvant. Il dessine un portrait désenchanté et un poil découragé du milieu scolaire, sans omettre pour autant quelques pistes sources de lumière et d'espoir. Je trouve que Jeanne Benameur a su très élégamment éviter l'écueil de la caricature, et c'est sans doute la raison pour laquelle on est aussi atteint par chacun, qu'on pourrait facilement transposer dans notre propre expérience.
Cette lecture m'est tombée du ciel par la grâce d'un cadeau surprise de Laure, à une période où je me sens un peu perdue dans mes choix de lecture, où je cherche des repères. J'ai donc reçu comme un message personnel l'évidente foi de la documentaliste et celle, un peu noyée, du prof de français, en le pouvoir libérateur du langage.
"D. s'est arrêté d'écrire, les yeux dans le vague. Elle ignore tout de son texte. Elle le respecte seulement. C'est une minuscule oeuvre dans le monde, quelques lignes sûrement maladroites et sûrement bourrées d'erreurs orthographiques mais c'est une oeuvre infiniment respectable. En cherchant ses mots, le jeune homme fait des pas. Il se risque. Il dépasse la peur. Il apprend que la langue n'est pas faite seulement pour remplir des formulaires ou sélectionner des bons et des mauvais. Les mots peuvent nous conduire. Loin. En toute liberté. Les mots nous révèlent. On grandit en écrivant, en lisant. Parce qu'on prend le risque de connaître."
Il n'y a pas de hasard...
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