|
Fiche livre | |  |
 | Petit éloge de la vie de tous les joursDe Franz Bartelt
Editeur : Gallimard Parution le : 3 Septembre 2009 ISBN : 978-2-0703-9603-0 EAN13 : 9782070396030
" Sans en avoir toujours conscience, nous sommes nous-mêmes le divertissement des autres, comme ils sont le nôtre. Regarder passer la rue reste un de mes loisirs favoris. Je m'y reconnais. J'y note mes propres ridicules, mes insuffisances, mes prétentions stupides, mes défauts d'apparence, mon inélégance, ma balourdise. Ces gens, dont je souris, témoignent seulement de ce que je suis." | [Poche]Collection : FolioAcheter ce livreAmazon
 | Fnac
 | Acheter chez votre libraire Indiquez votre code postal pour trouver les librairies près de chez vous |
Commentaires Amazon| 2009-11-13 | Note : 5/5 | Franz Bartelt, un maître de la dérision et de l'humour tendre "Ce qui est extraordinaire dans nos pays c'est qu'ils n'ont rien d'extraordinaire. On les parcourt sans jubilation, comme on vit. Disneyland épate son pigeon. Les grands sites touristiques offrent des mondes et des merveilles. Ici, rien. Une étendue banale, même pas judicieusement éclairée. Assez vallonnée, néanmoins, pour ne pas être tout à fait ennuyeuse. Très peu de rescousse à l'horizon, aucune distraction. Une barre de sapins, une échancrure dans le schiste, un léger trouble dû à la brume qui monte d'une rivière invisible. Quelques arbres tordus dans des postures inouïes améliorent, certes, l'ordinaire, mais sans le rendre le moins du monde exceptionnel. Pas d'altitude, pas d'attitude. Il neige moins qu'ailleurs. Il fait moins froid qu'ailleurs. Il y fait moins chaud aussi. On y voit moins loin. Pas de ruines illustres. Pas de chemins des fées. Pas d'attractions naturelles. Pas de pittoresque. Juste un pays. Avec des gens. Peu nombreux, du reste. Une troupe de sangliers traversent la plaine. Ils ne vont nulle part. Ils sortent d'un bois pour entrer dans le bois d'à-côté. Un peu d'eau soutenant la thèse de trois canards. Un geai qui piaille au-dessus du fossé."
Cela pourrait être chez vous ou chez moi, quelque part dans la France profonde, celle des bars sinistres à l'heure digestive et des monuments aux morts oubliés. En vrai, il s'agit des Ardennes au jour le jour comme les voit un écrivain qui n'investit pas les plateaux télé, un écrivain qui travaille: Franz Bartelt. Ecrivain notoirement méconnu comme l'était Vialatte. C'est-à-dire suivi par une poignée mais ignoré du plus grand nombre. Franz Bartelt vient de commettre avec ce "Petit éloge de la vie de tous les jours" un grand petit livre parfaitement intelligent et juste, avec une teinte de nostalgie qui est simplement la marque de son humour timide. A le lire, l'ordinaire des jours atteint au sublime, le marasme ambiant frôle le frisson métaphysique. Grandiose, indispensable. Le chapitre "Le jour de l'attente " est définitif. On lira avec profit ses nouvelles "Le bar des Habitudes" et "Pleut-il?" où l'on retrouve son style tendre et cruel et ces dérapages faits de perles de langage et autres idées saugrenues. Bartelt ça sonne un peu comme Bartleby, tiens...
|
Donnez votre avis 
|
|