Contes de fées

Auteur : Madame d' Aulnoy
Editeur : Gallimard

Mme d'Aulnoy n'est plus guère lue aujourd'hui ; elle fut pourtant une conteuse plus représentative du genre qu'elle a contribué à créer que Charles Perrault. Elle connut en son temps un succès qu'on ne peut ignorer sans méconnaître du même coup le goût, ou l'esprit, régnant en cette fin du XVIIe siècle : en moins de deux ans, la conteuse a offert au public huit recueils, pour satisfaire l'engouement dont les contes de fées en général, et les siens en particulier, faisaient désormais l'objet.
Un engouement qui ne toucha d'ailleurs pas seulement la France, mais encore l'Angleterre. Jeu d'adultes à la mode dès les années 1670, comme en témoigne Mme de Sévigné dans une lettre qu'elle adresse à sa fille pour lui donner un aperçu « des contes avec quoi l'on amuse les dames de Versailles », le conte relève d'abord de cette pratique mondaine des genres brefs qui anime la vie des salons. La merveille s'y déploie sans mesure : créatures féeriques, animaux fabuleux, palais enchantés, métamorphoses animales, autant de merveilles suscitant l'étonnement répété des personnages, comme l'amusement du lecteur.
La féerie est au service d'une imagination débridée, qui se plaît à inventer des objets délirants comme ces quatre oeufs magiques au contenu aussi extraordinaire que farfelu, depuis les crampons d'or qui permettent à la princesse Florine de gravir la montagne d'ivoire, au « pâté » d'oiseaux chantant par lequel la princesse appâte sa rivale.
L'univers des contes de Mme d'Aulnoy se caractérise d'autre part par sa merveilleuse magnificence : somptuosité des palais, tout de marbre et d'or, quand ce n'est pas de diamant, raffinement inégalable des costumes, qu'accompagne une débauche de pierres précieuses. Le merveilleux des contes reflète à son tour le faste de Versailles et des festivités sans précédent voulues par Louis XIV. La conception résolument ludique de ces contes, ainsi que les prétentions féministes qui les habitent, en convaincront plus d'un de la modernité d'une oeuvre qu'on se réjouira d'avoir à redécouvrir. Leur intention foncièrement ironique, l'absence de morale, l'impossibilité souvent avérée d'une lecture univoque, leur vocation enfin à n'être que « jeux » en font une oeuvre à peine moins subversive que ne le seront les contes mystificateurs de Diderot. Ce recueil donne ses neuf principaux contes, dont « L'Oiseau bleu ».

8,10 €
Parution : Mai 2008
Format: Poche
400 pages
Collection: Folio
ISBN : 978-2-0704-0072-0
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