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Laboratoire de catastrophe générale : Journal métaphysique et polémique 2000-2001
De Maurice G. Dantec
Editeur : Gallimard
Parution le : 22 Mai 2003

« Le post-humain de ce début de XXIe siècle est donc un simple animal doué de raison. Il est le sursinge capable très bientôt d'interconnecter les cellules de son cerveau avec des machines logiques à hautes performances. Bref un chimpanzé jouant avec une machine à écrire. Autant dire que ses probabilités de produire ne serait-ce qu'une ligne de Shakespeare, ou de Baudelaire, résistent à tous les ordres de grandeur.

Car avant de produire le post-humain, encore faudrait-il savoir former un homme.

Certes, l'humanité est foutue, elle a le choix entre des cultures sans sociétés - donc sans (bio)politique - et des nations sans cultures (donc sans métaphysique) ; entre des individus aux solitudes inutiles, massifiées, et des communautés aux droits et aux rituels absurdes ; entre l'intensification des pouvoirs de surveillance cyberphotonique et de contrôle génétique de la Machine et le retour aux "âges d'or" proto-industriels ; entre le vidéodrome totalitaire et l'émeute hyper-spectaculaire ; entre le simulacre et le néant. Mais ce que le Centre de Commandement métalocal et hyper-corporatif entreprend désormais, c'est l'extension du contrôle dans le théâtre cellulaire et biotopique interne des individus, désormais noeuds coextensifs du réseau des nanomachines, vecteurs fissiles de la communication publicitaire totalisée, micronisée, cybernétique et iconique. Aussi l'individu en quête de liberté créatrice ne pourra faire l'économie d'une méthode de survie de la conscience conçue comme accélérateur de particules, et comme technique d'espionnage biopolitique : évasion, invasion, illusion, simulacre, contre-mesures, localisation, globalisation, virus, anti-virus.
Guérilla métacritique. »

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2008-06-05Note : 1/5
    Le codex psychanalyrique: Etude de cas n°1 Un schyzophrène littéraire MGD
    MGD est un écrivain qui avait tout pour lui et qui a su nous livrer avec Villa Vortex l'un de ces rares chefs d'oeuvre que seule une pensée malade peut générer. Avant d'apporter des arguments négatifs à cette chose proposée ici à lire, quelques précisions sur le cas Dantec. Dantec est un fils de prolétaire militant communiste d'une banlieue ouvrière de la région parisienne. Sa physionomie malingre, son faciès rongé par des traces d'acnés nous laisse déjà deviner l'adolescence du sieur... Sans doute délaissé par les filles et bafoué par des garçons plus physiques que lui, Dantec s'est réfugié dans le secret espoir d'être une star du rock (statut sensé lui redonné la crédibilité de l'ego qu'il estimait perdue)avec pour conclusion un gigantesque ratage puisque son groupe ne décollera jamais. Doté d'une solide culture et d'un honorable bagage littéraire il se lance dans l'écriture et s'impose par népotisme et aussi avec un grand talent sur la scène des lettres françaises. Puis, alors que tout semble s'éclaircir pour lui c'est le clash: sa femme se fait agresser par la caillera de banlieue et le choc psychologique qui s'en suit débouche sur une éclosion paroxysmique de la schyzophrènie latente du sieur Dantec.
    Humilié par son incapacité physique à s'imposer face à la force brutale du lumpenprolétariat de banlieue Dantec se réfugie dans sa psychose et l'alimente de sa haine avec la farouche logique du jusque boutiste malade.
    A partir de là l'engrenage psychotique fatal se met en marche. Son intellectualisme va lui servir de paravent positif, d'image valorisée qu'il va nourrir avec le mythe nietzschéen de "la volonté de puissance" qui a servi d'exutoire à un nombre déjà conséquent de mâles blessés dans leur virilité (voir l'appropriation malsaine que les nazis ont fait du mythe). Comme tous les psychotiques schyzoïdes, Dantec tente d'offrir une image transcendante objective en contre feu à l'image ultra négative qu'il a de lui même afin de compenser. Ce processus le pousse dans une pseudo "substantation" intellectuelle et mystique dans laquelle il trouve un refuge et autour de laquelle il fait le vide. La volonté d'une post-humanité caractérise son désir inconscient de se libérer de ses propres faiblesses ontologiques avec lesquelles il ne sait pas composer. Que dire de cette pseudo gnose scientiste qui confond et mélange dans un syncrétisme douteux la science et l'ésotérisme judéo-chrétien. Le fait de son émigration au Québec est symptomatique de la lâcheté de Dantec face à sa maladie car il choisit la fuite plutôt que l'affrontement. Honteux de cette fuite il capitalise le ressentiment qui mute en haine et explose en "méta haine" envers ses parents qui l'ont fait naître ainsi (haine du communisme associé aux parents), envers la France et l'Europe (le théâtre de ses humiliations passées), haine envers les immigrés (qui sont les bras armés de sa catharsis psychotique), haine envers le monde entier qui ne comprend rien, qui ne comprend pas son génie (sa maladie). S'enfonçant dans l'acide et le culte des armes, dans la certitude de son omnipotence et de sa toute puissance capricieuse et pathologiquement adolescente, Dantec s'est fait le prisonnier de sa psychose et il n'en ressortira, à mon avis pas indemne.
    Outre ce que cela a de triste pour lui et ses proches, j'aimerais dire à ses lecteurs les moins lucides et les plus jeunes: ne tombez pas dans la logique dangereuse d'un tel cas clinique !

    2006-11-28Note : 1/5
    Parce qu'il n'y a pas ZERO étoile.
    Dantec a récemment annoncé son soutien à De Villiers : rien de surprenant de la part de ce "postbionéocyberpunkscribouillard", pour parodier son style qui n'en est pas un mais l'ensemble d'effets, non pas de l'écriture, mais de sa "prose" dans laquelle le superlatif vient systématiquement s'agglomérer aux mots comme si la langue ne contenait en elle pas suffisamment de richesse, en une prolifération de "hyper", "ultra", "méta", "supra", "nano" et autres préfixes "néo", "bio", "post" etc..., rien de surprenant, disais-je donc, de la part d'un homme profondément réactionnaire ("triomphe de la "réaction" sur la vie active et de la négation sur la pensée affirmative" : définition du nihilisme de Nietzsche), homophobe, misogyne qui n'a pas compris un seul mot écrit par Nietzsche , qu'il cite volontiers et toujours à contre-sens, qui se montre incapable de faire la différence entre "Le capital" de Marx et le totalitarisme stalinien, d'un homme qui s'est converti au christianisme (le nihilisme par excellence disait encore Nietzsche) , enfin d'un faiseur et poseur comme je n'en ai que rarement vu et lu.
    Dantec se fait plaisir : il jouit du composé "post-moderne" ou mieux "postmoderne" -il a déjà donc, dans une intuition géniale sans doute, situé où et ce qu'est la modernité, et de celui du "post-humain".

    Mais involontairement il nous fait hurler de rire : car comment ne pas rire en lisant une phrase telle que :
    "A l'eschatologie révolutionnaire du socio-militant se substitue le néomessianisme dévolutionnaire du "technomutant", conçu comme pur insecte anarchiste, désalphabétisé, et aux interconnexions aléatoires, simple raver semi-nomade désormais bouclé dans la circuiterie techno-touristique des flyers fluo",
    Que l'on ne vienne pas m'objecter que que je tire une phase de son contexte signifiant car Dantec se fiche royalement du signifiant : ce qu'il aime? FAIRE EFFET. Des phrases de cette sorte, Dantec en a rempli son livre, farce d'une prétendue critique de la culture quand lui -Dantec-ne produit qu'un verbiage juste en dessous du degré zéro du bavardage.
    Qu'il vomisse le communisme, c'est son droit et peut-être même un devoir pour tous à condition de se montrer capable de faire la part de l'idée elle-même des dérives insupportables qui s'en sont réclamées -ce que Dantec est incapable de faire : confondant effet et cause.
    Mais surtout qu'il n'appelle pas Kafka à la rescousse : il l'insulte.
    Qu'il critique la démocratie parlementaire, c'est son droit mais encore faudrait-il que son argumentation soit étayée par autre chose qu'une diatribre lepéniste. Il est d'ailleurs intéressant de relever qu'il vomit de manière systématique la démocratie, l'idée démocratique, l'égalité (sa page sur la Suède transpire de haine et d'imbécilité crasse) et qu'en toute logique il réclame un pouvoir centralisé et sacralisé (il en appelle à dieu!) donc tyrannique par excellence; mais il n'est pas à une contradiction près.
    Une autre intuition géniale, et peut-être divine? de Dantec : la philosophie ne peut être QUE métaphysique.
    J'ai jeté l'éponge vers la page 420 : pris d'un délire mystico-christique, Dantec en appelle à l'apocalypse...
    Et enfin pour terminer en beauté dans le plus grand style des conversations de bouseux arriérés :
    "Décidément, il manque vraiment une bonne guerre à toutes ces générations qui s'empilent en Occident depuis 1968".


    2002-05-24Note : 5/5
    Un stimulus bienvenu pour nos cerveaux ramolis
    Ce qui est passionant avec cet ouvrage (tout comme le premier tome), c'est que son contenu est un terrain fertile pour les debats de toutes sortes. Dantec jette de gros paves dans la mare et presente sa vision des choses (qui s'est sensiblement radicalisee depuis le MSTZ), reste au lecteur a se forger une opinion propre et eclairee sur les sujets traites.

    Si son style devient parfois caricatural avec quelques termes et expressions utilisees de maniere recurrente, Dantec nous force a garder nos neurones constament a l'affut durant ce long monologue. Ceux qui lisent cet ouvrage sans recul traiterons son auteur de tous les noms, ceux qui s'en serve comme epice pour pimenter leurs propres questions existentielles seront combles!

    2001-12-16Note : 5/5
    Ca rigole plus
    Dantec et sa lucidité inconditionnelle mettent à mal la médiocrité et les mensonges qui caractérisent notre époque. Plus cohérent et fluide que le premier volume, ce "laboratoire" ne se lasse pas de donner matière à reflexion, et avec quelle verve!

    2001-12-09Note : 1/5
    Provocations d'antiquaire
    Maurice Dantec est pour la peine de mort : Pas celle vulgaire des "crétins conservateurs calvinistes " qui aux USA " en font une peine bien moins mystérieuse et terrifiante".
    C'est à cet endroit que le bonhomme exprime le mieux sa grande personnalité. Le livre est digne des pires pamphlets haineux du XIX siècle. Il n'est pas une page sans invective... Une page sans menace...Une page qui ne soit dédiée à la glorification d'un moi hypertrophié, à la souffrance morale d'un esprit supérieur. Cet homme est malade . A lire absolument si vous êtes psychiatre ou seulement curieux de la " bête " qui dort en nous.

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