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 Cliquez pour agrandir | L'Ivresse des dieux - Grand Prix de la Littérature Policière 2003 De Laurent Martin Editeur : Gallimard Parution le : 17 Novembre 2002
"Je me souviens vaguement de quelques cauchemars pleins de carnavals tristes et de chagrins radieux. Je m'éveille enfin à l'existence. Je suis fatigué, fiévreux. Un bruit sonne. Ma tête résonne. Je reconnais mon salon. J'ai dormi vautré sur le canapé. Je reconnais les trois bouteilles vides de vieux malt, l'album de photo, les paquets de lettres, qui jonchent le sol. Il y a comme une odeur. Le chien Médor s'est laissé aller à ses fonctions primaires. Il a pissé, chié, devant la porte. Il a agressé violemment la poubelle pour tenter de se nourrir. Moi aussi, je me suis laissé aller. Les toilettes, le lavabo sont arrosés de vomissures séchées. Tout l'appartement pue, et moi plus encore. Je mets un disque. Schubert, Franz. La Jeune Fille et la Mort. stance." | Policier et SuspenseCollection : Série noire
Commentaires Amazon| 2002-04-18 | Note : 4/5 | très original LIVRE/ECHANGE N°18 - Février 2002 [ ] Phrases courtes, dialogues qui sonnent juste, ton sec et humour sombre, Laurent Martin dresse un état des lieux sans concession de la vie dans les cités tout en déroulant son intrigue, s'inscrivant ainsi dans la tradition du polar français de ces vingt dernières années qui mêle volontiers engagement social, politique et univers noir. Mais la grande originalité de L'ivresse des dieux réside dans la distribution de la narration : le Héros (Ripolini), le Ch?ur et le Coryphée ont tour à tour la parole, au cours de brèves séquences qui s'organisent selon la structure classique d'une tragédie. Ce qui permet à l'auteur de conférer à son récit une dimension universelle, mythique et ironique à la fois, et de dynamiser la narration en alternant les points de vue."Voilà deux mille cinq cents ans que les Grecs ont inventé la tragédie, la cité et l'enfer. Deux mille cinq cents ans qu'on vit avec et que rien n'a vraiment changé", prévient l'auteur dans sa note liminaire. Il semble bien, en effet, que les dieux aient encore soif de sacrifices. Dominique Nédellec
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