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La Lenteur
De Milan Kundera
Editeur : Gallimard
Parution le : 12 Janvier 1995

" Tu m'as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. Une Grande Bêtise Pour Ton Plaisir. J'ai peur que le moment ne soit venu. Je veux seulement te prévenir : fais attention. " J'incline la tête encore plus bas. " Te rappelles-tu ce que te disait ta maman ? J'entends sa voix comme si c'était hier : Milanku, cesse de faire des plaisanteries. Personne ne te comprendra. Tu offenseras tout le monde et tout le monde finira par te détester. Te rappelles-tu ? - Oui, dis-je. - Je te préviens. Le sérieux te protégeait. Le manque de sérieux te laissera nu devant les loups. Et tu sais qu'ils t'attendent, les loups. "


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2008-03-18Note : 4/5
Je me suis régalé
Kundera nous invite à prendre conscience que : "il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli".
Dans ce monde où tout va de plus en plus vite, on comprend bien ce que l'on y gagne mais qu'y avons nous perdu ? Pour Kundera il s'agit de la mémoire, celle qui mène à la connaissance, celle qui conduit à profiter comme il se doit du temps présent.
Les deux histoires qu'il raconte en parallèle sont deux histoires d'amour sans lendemain, l'une lente et pleine de saveur (celle du XVIIIème siècle), l'autre dans la précipitation et le ridicule (celle de notre époque). Elles font l'éloge de la lenteur.

C'est vrai que dans ce livre (court et facile à lire) il n'y a pas de "guide de la pensée du lecteur" ou de "prise de position". Le coté loufoque, la légèreté, le non-sérieux, c'est justement ce qui m'a plu. Il m'a laissé seul avec moi-même et son message a porté avec d'autant plus d'acuité.

2007-03-23Note : 3/5
danse avec les loups
L'explication de texte à propos d'un petit récit du dix huitième siècle écrit par Vivan Dénon "point de lendemain" ravive en Kundera, cet ordre donné par Epicure à ses disciples "tu vivras caché". Le sujet du roman débute par une réunion d'entomologistes dans le château qui accueilli autrefois les protagonistes de Vivan Dénon.
Kundera se place en grand commentateur (genre journaliste, prise de note, prise de son sans méprises) des m?urs et coutumes des vivants de ce monde (ou de celui des fanfreluches pommadées), de ceux nommés "les danseurs" par un personnage de son roman, le fameux Pontevin. Un combat ouvert se livre entre les "danseurs", et ceux de l'ombre, les sous-fifres, les seconde main, en "observance" analysante. Ne rien dire c'est pour eux, écouter les bruits alentours, c'est jacasser en eux d'incohérentes réponses pugnaces, pour qu'enfin laisser échapper une réflexion pointue, souvent caustique. Un art de la maîtrise qu'entonne fort à propos quelques sages dissident insomniaques, jalousés par ses "danseurs" extatiques.

Kundera voue un culte particulier à ces femmes qui, rondes et souples, ralentissent les étreintes précipitées, parce que l'art de se tenir le plus longtemps possible en état d'excitation, donne à la lenteur un degré de ferveur, directement proportionnel à l'intensité de la mémoire vive.
Autre temps fort du congrès des entomologistes réunis, est la prestation de ce savant exilé, sensible, qui affiche publiquement ses sentiments humains, sa chance à lui d'avoir pu échapper à la bêtise cruelle des militaires, son émotion face à un auditoire subjugué. Il en oublie de réciter le discours prévu, tant les compliments recueillis le trouble. Sitôt adulé, sitôt lynché. Des paravents, oui des paravents, c'est cela qu'il convient de dresser contre la nuisance des mécréants, des danseurs.
Quelle leçon, sur la fourberie des mécréants qui malaxent condescendances, connivence dans un même terreau d'éphémères insignifiances .

2004-11-01Note : 3/5
Pas mal
La lenteur, à l'instar de l'identité, est sans doute décevant pour un auteur tel que Milan Kundera. Néanmoins, ce n'est pas mal et si on fait abstraction des attentes que l'on peut avoir, c'est un roman agréable à lire.

2004-09-12Note : 1/5
Grande déception pour ceux qui apprécient Kundera ...
Quelle déception ... ! On reconnaît dans La lenteur le style parfois un peu creux de Kundera. Mais, si d'habitude les ouvrages de cet auteur sont ponctués de phrases piquantes, provocantes, de réflexions philosophiques et de pensées profondes, qui donnent une autre dimension au récit, ici rien ne transparaît, rien ne nous élève au dessus de ce récit.
On pourrait dire que c'est uniquement (ou presque il ne faut pas être trop manichéen) le 'mauvais côté' de Kundera qui nous est offert dans ce livre ; deux histoires parallèles qui ont du mal a se recouper, pas de fil conducteur (ce qui n'est pas très motivant pour lire le livre), le côté obscène sans pincette ... Passer à côté de ce livre est fortement conseillé car après tout chaque auteur (comme tout être humain) à ses faiblesses ;-)

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