Bartabas « est un centaure sans identité, sans pedigree, sans particule et avec une dégaine de voyou. » Que dire, sinon sa sidération devant ce texte magnifique, poétique, aussi juste dans la forme que sur le fond. Reflet d’une amitié pudique, d’une admiration tendre, d’une passion complice pour l’art équestre entre l’écrivain et cet homme de génie. Bartabas s’est inventé un nom, une vie à partir d’un rêve peuplé de chevaux. Ses ballets équestres ont fait le tour du monde, enchanté des publics qui venaient à lui et non l’inverse.
Peut-on oublier ce couple, Bartabas : « animal farouche doté de la faculté de séduire » , que l’on croyait gitan et son cheval Zingaro, « le bohémien » : « Zingaro était son double, sa mémoire et son expérience. Il avait été son premier cheval, son premier amour, son premier bébé. Lorsqu’il avait mal, c’est auprès de son grand escogriffe qu’il trouvait du réconfort et de la tendresse. Lorsqu’il avait froid, c’est dans sa chaleur qu’il se réfugiait. Il se lovait entre ses deux antérieurs, appuyait sa tête sur le poitrail musculeux, et les lèvres douces du frison léchaient le crâne de l’écuyer retourné en enfance, dans un berceau de velours. »
Zingaro est mort, Bartabas est devenu un maître, il reste une énigme Jérôme Garcin nous l’a fait « approcher » avec émotion et élégance. foxie
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