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Entre les murs

Entre les murs

Auteur :

Editeur : Editions Gallimard

" Ne rien dire, ne pas s'envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l'ignorance, au pied du mur. Montrer comment c'est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. Juste documenter la quotidienneté laborieuse. "
Entre les murs s'inspire de l'ordinaire tragi-comique d'un professeur de français. Dans ce roman écrit au plus près du réel, François Bégaudeau révèle et investit l'état brut d'une langue vivante, la nôtre, dont le collège est la plus fidèle chambre d'échos.

17,15 €
Vendeur : Amazon
Parution :
272 pages
ISBN : 978-2-0707-7691-7
Les avis

La presse en parle

Il fait de nous des petites souris. Son personnage principal est prof de français, comme lui, et nous l'accompagnons en cours, nous sommes témoins d'une vie à l'école, côté cours et salle de profs. Le roman multiplie les arrêts sur images dans tous les lieux du collège. Bégaudeau n'analyse pas le métier de prof, il ne porte pas de regard critique, il filme avec sa plume. Et le réel surgit. Nous y sommes, à l'école, entre les murs, spectateurs privilégiés de ce qui est au fond un pan de la société française. Au fil des pages, nous devenons familiers de figures de sa classe, Djibril, Sandra ou Souleymane sommé de retirer sa capuche en cours et qui bien sûr revient toujours capuche sur la tête. Se dévoilent les couleurs d'une journée, moments de poésie, rires, pleurs et violences, rares moments de transmission. Prof de français est une fonction multiple, il s'agit d'enseigner certes, mais surtout d'être flic et perroquet, il faut répéter les règles chaque jour. La fonction peut s'avérer cocasse. On ne compte pas le nombre de scène comiques, quand le prof est contraint de faire des sauts périlleux. Cours sur le futur proche. Le prof écrit au tableau "Bill part demain pour Boston". Djibril lève la main : 'Pourquoi c'est jamais, j'sais pas moi, Rachid ou quoi que ce soit?" Le prof, sans argument note alors au tableau : "Rachid part demain pour Boston", la leçon peut commencer. Bégaudeau perçoit tout et remet tout en situation : les problèmes des élèves non francophones et leurs progrès aussi, les collègues déprimés, énervés, la violence des élèves ou les débats éternels en conseil de classe. Faut il donner des punitions ? Des lignes ? "Non, dit un collègue. On apprend à l'IUFM que des lignes, c'est associer punition à exercice". Il y a débat. La plus belle réussite de ce livre un peu long, l'éditeur aurait dû forcer Bégaudeau à plus d'économie et moins de redites, c'est le travail sur la langue. Le romancier restitue les différents niveaux de langage, la langue des élèves et celle des profs. Sandra, à son prof qui, excédé, reproche à deux élèves de se conduire comme des pétasses: "oh la la m'sieur dites pas ça, mon père il apprend que vous m'avez insulté de pétasse il vous tue", le prof "on dit pas "insulté de pétasse", "insulté de" ca se dit pas", on dit : tu as eu une attitude de pétasse", et la leçon de français démarre de ce différend. Il faut faire feu de tout bois... Ce n'est pas une vision angélique de l'école, elle fera grincer des dents, car sautent aux yeux parfois, le manque d'envie de certains profs et l'effrayante inculture des élèves. Et justement pour cette vision pas banale et pas complaisante de l'univers scolaire, ça vaut la peine de faire un petit tour entre les murs.

Vincent Josse, France Inter

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