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Fiche livre | | |
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 | Chien des os De Bernard Du Boucheron Editeur : Editions Gallimard Parution le : 4 Janvier 2007
Sélection Rue des Livres
À la fin du XVIe siècle, le Portugal et l’Espagne se disputent un petit archipel en plein Atlantique, au large de l’Argentine.
L’île principale est constituée d’un haut plateau difficile d’accès, entouré d’une étroite bande côtière. Les habitants du plateau, ceux d’en haut, sont de pauvres et frustes paysans. Ceux d’en bas, qui peuplent le port, sont riches des innombrables trafics louches qui s’y déroulent.
Les deux populations se détestent, mais sont bien forcées de cohabiter, car l’eau vient du plateau, et les canalisations sont aux mains de ceux d’en haut… De plus, elles ont été contraintes à s’unir pour résister à la récente invasion des Espagnols, qui se sont emparés de la zone côtière, désormais sous les ordres d’un corregidor cupide et cruel.
À cette situation déjà troublée s’ajoutent des visées anglaises bien précises sur l’archipel, au point que le médecin personnel du corregidor l’espionne pour le compte de Londres.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que ce monde instable bascule dans un bain de sang. Mais c’est paradoxalement l’amour qui mettra le feu aux poudres…
Un roman brillant, féroce et glacial… donc aussi réjouissant que plaisant à lire. | LittératureCollection : Collection blanche
Commentaires Amazon| 2007-05-02 | Note : 4/5 | lèche eau L'esprit noir frappe ce paysage livresque décrit par Du Boucheron.
L'intrigue ressemble à l'épopée de la famille Pizarro ces conquistador espagnols, qui détruisirent le peuple de Cuzco (Pérou).
Tortures, malheurs, conquête, avidité du pouvoir, l'Inquisition cultive ses horreurs. Cet univers morbide rutile des exactions de la caste religieuse puant le souffre, maculant de cinabre les batailles sanglantes, s'engonce de brumes épaisses reléguant la populace dans une misère cruelle.
Conspiration, batailles, guerre, tueries, meurtres, exécutions, supplices, tortures, les riches fomentent les querelles des pauvres, avilissent la cruauté des vengeances, despotent les biens alimentaires devenus monnaie d'échange à prix d'or, par manque d'eau.
L'eau, origine de la vie, trahit ses bienfaits lorsque son manque d'elle tiraille les esprits subversifs vers les affres de l'envie, la jalousie.
Ainsi brossée, l'ambiance sanguinaire gorgée des fruits de massacres atroces, ressemble à la scène d'un tableau de Bruegel le jeune, auteur des scènes infernales, les plus fécondes à propos des exactions, ou à la mise en scène d'une aeuvre de Jérôme Bosch « extraction de la pierre de la folie ».
De l'amour il n'est question que par obligation interposée, secret chuchoté, ou alcôve surveillée.
La mort plane au dessus de la totalité des chapitres : celle annoncée par l'espion délateur (apothicaire chroniqueur décrivant la situation des insulaires), celle administrée par le corregidor à ses sujets dispendieux, celle calculée par les véhiculeurs d'eau, ce peuple silencieux observateur teigneu lorsque l'injustice les frappe.
Une nouvelle fois après « court serpent » et « coup de fouet », du Boucheron administre son récit de forte éloquente manière, maîtrisant la subtilité des discours, besognant la machination des calculs mêlés d'intrigues.
Une nouvelle fois du Boucheron excelle avec emphase donnant à son écriture un style dynamique les plus passionnel.
Une nouvelle fois, du Boucheron est ennuyeux dans cette aventure qui ne séduira d'autres lecteurs que les passionnés de la langue française, mais sûrement pas les dévoreurs de romance endimanchée.
Ici l'eau de rose a le goût de sueur mêlée à l'odeur fétide d'essence de cadavres putréfiés, teintée couleur sang enivrée par les effluves de souffre balsamique.
Passons sous silence, ce roman historique chargé d'atrocités que l'on souhaite évacuer par les canaux de l'oubli.(bertrand-môgendre)
| | 2007-03-24 | Note : 5/5 | Inquisition et Politique Décidément, Bernard du Boucheron a du talent. Ce livre est un régal et nous emméne cette fois au temps de l'inquisition sur une île où s'opposent les habitants du bas de la ville où vivent les notables, à ceux du haut plus pauvres mais qui detiennent le pouvoir de l'eau. Trahisons, luttes d'influence et retournements émaillent ce beau roman.
L'auteur a su à merveille faire ressentir au lecteur les cruautés de cette sombre époque.
| | 2007-03-10 | Note : 5/5 | Confirmation d'un très grand écrivain Après "Court Serpent" qui avait révéler un très grand écrivain avec un style éblouissant, on retrouve dans "Chien des Os" un Bernard du Boucheron au sommet de sa forme avec une histoire sombre et lugubre située au milieu du quinzième siècle. La description du Corregidor et de son médecin (qui n'est pas sans rappeler l'Abbé Montagnius de "Court Serpent") révèle une période dure pleine de crimes, de violences et d'injustices. L'auteur joue avec notre imaginaire et on peut légitimement se poser la question de la réalité de l'horreur qui est décrite. Etait-elle bien réelle cette violence extrême? On a envie d'en savoir plus en tout les cas, de se renseigner sur les pratiques de cette époque. Pour tous les passionés d'histoire et amateurs d'un vocabulaire très recherché!
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