Les fantômes du muet
Amoureux du cinéma muet, Didier Blonde n’est pas pour autant nostalgique d’un quelconque « âge d’or » disparu. De là l’intérêt de ce livre, où l’auteur sait faire partager en toute simplicité sa passion éperdue du muet.
Qu’il s’agisse de films commerciaux destinés à la projection en salles ou de petits films familiaux, le muet a, selon Didier Blonde, la qualité décisive de « faire parler les morts », dans la mesure où il estime le non-parlant beaucoup plus riche de sensations et de perceptions, à travers les mimiques et les gestes, que le parlant. Aussi parce que ces films ont le mérite de nous révéler un monde de « revenants », à la fois au sens d’ombres – et de théâtre d’ombres – et de retour à la vie de disparus, qui nous reviennent sous forme d’hommes et de femmes certes démodés, mais éternellement jeunes.
Un livre qui, en modifiant notre vision souvent condescendante sur le muet, change notre regard sur le cinéma dans son ensemble.
