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L'insoutenable légèreté de l'être

L'insoutenable légèreté de l'être

Auteur :

Editeur : Gallimard

Plus que les autres romans de Kundera, celui-ci est un roman d'amour. Tereza est jalouse. Sa jalousie, domptée le jour, se réveille la nuit, déguisée en rêves qui sont en fait des poèmes sur la mort. Sur son long chemin, la jeune femme est accompagnée de son mari, Tomas, mi-don Juan, mi-Tristan, déchiré entre son amour pour elle et ses tentations libertines insurmontables.
Le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas, étend le tissu du roman au monde entier. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que «l'insoutenable légèreté de l'être».
En effet, quelle qualité - de la gravité ou de la légèreté - correspond le mieux à la condition humaine ? Et où s'arrête le sérieux pour céder la place au frivole, et réciproquement ? Avec son art du paradoxe, Kundera pose ces questions à travers un texte composé à partir de quelques données simples mais qui s'enrichissent constamment de nouvelles nuances, dans un jeu de variations où s'unissent récit, rêve et réflexion, prose et poésie, histoire récente et ancienne. Jamais, peut-être, chez Kundera, la gravité et la désinvolture n'ont été unies comme dans ce texte. La mort elle- même a ici un visage double : celui d'une douce tristesse onirique et celui d'une cruelle farce noire.
Car ce roman est aussi une méditation sur la mort : celle des individus mais, en outre, celle, possible, de notre vieille Europe.

Traduction de François Kérel

27,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
400 pages
ISBN : 978-2-0707-8437-0
Les avis

Milan Kundera nous ouvre les portes d'une Tchécoslovaquie en proie à un besoin de légèreté prôné par le Printemps de Prague et réprimé aussitôt par la présence des chars russes qui imposent leur régime comme modèle à suivre. C'est dans ce contexte historique que le lecteur rencontre Tomas et Teresa, un couple atypique dont l'amour semble a priori inébranlable.

Ainsi Teresa se mue en métaphore originale puisque son arrivée dans la vie de Tomas est comparée à un présent de la providence: une corbeille abritant un enfant abandonné à la recherche d'affection pour subsister.

Cependant le narrateur nous livre bientôt les défaillances de cette liaison en fondant ses remarques sur la dualité entre légèreté et pesanteur, corps et âme. Si l'amour que Teresa porte à Tomas est un poids incommensurable puisque celle-ci est meurtrie par les infidélités compulsives de son époux, la complicité entre Tomas et l'une de ses maîtresses, Sabina, est d'une insoutenable légèreté.

Nous suivons les tribulations de Teresa en replongeant dans son passé puis successivement les vies des autres comme celle de Franz, amant par la suite de Sabina, toutes servies avec poésie et prosaïsme, éloquence et désenchantement.

La plume de Kundera est à la fois d'une tendre beauté et d'une sombre trivialité.

Elle suit les méandres des sentiments, les tensions entre les concepts appliquables à la fragilité de l'existence. Finalement, à travers le regard du narrateur, semble se refléter la vision de Kundera: la beauté de la légèreté à l'instar de la douce folie décelable dans le geste affectueux de Nietzsche à l'égard de ce cheval accablé par les coups de fouet de son maître.

Perrine Montfrond

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