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Baisers de cinéma
De Eric Fottorino
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 23 Août 2007
Sélection Rue des Livres

Brillant avocat, Gilles Hector a pour père un talentueux éclairagiste de cinéma, un magicien de la lumière, un prince du noir et blanc. À sa mort, il laisse à son fils des dizaines et des dizaines de photos et de bouts d'essais d'actrices. L'une d'elles est la mère de Gilles, mais son père ne lui a pas dit laquelle...
Gilles Hector va alors se mettre à hanter les salles de cinéma, à éplucher les génériques d'époque, sans pour autant savoir s'il a vraiment envie de retrouver cette mère inconnue. Un jour, aux 3 Luxembourg, quand la projection s'achève, il découvre que sa voisine semble tout droit sortir d'un film.
Une histoire passionné ne tarde pas à naître entre eux, bien qu'elle soit mariée et mère d'un enfant - mais, pour elle, « les questions sont plus importantes que les réponses », alors pourquoi chercher à comprendre ?
Étrangement, Gilles trouve dans cette liaison un motif d'accélérer ses recherches. Un jour, aux studios de la Victorine, à Nice, il découvre toute une série de bouts d'essais qui sont autant d'indices concordants sur l'identité de sa mère...
Belle réflexion sur la lumière qui permet de voir au-delà des apparences, de faire surgir d'un visage ce qui n'apparaît pas au premier coup d'oeil, Baisers de cinéma se lit comme un roman policier. Pour se terminer sur un certain happy end, où le héros se retrouve en bonne compagnie pour enfin commencer à vivre.

Vos avis

Ce livre donne autant à lire qu'à voir. Il parle si bien des rapports à l'image, de la recherche de ses origines, des sentiments parfois contradictoires entre attachements et indifférence. Le climat de suspens tient en haleine jusqu'à la fin
Françoise VINCENT
sucrette


Extrait

Le refuge de mon père était un grand studio avec du parquet flottant, des murs blancs et nus, une large poutre crevassée en son milieu qui traversait le plafond. Une porte donnait sur une minuscule cuisine, une autre sur la salle d’eau. Par la fenêtre, on apercevait la Seine et les arches de Notre-Dame. Au dessus du canapé-lit était cloué un crucifix avec son Jésus-triste, comme l’appelait mon père. Il avait passé là les derniers mois de sa vie, entre deux séjours à l’hôpital. « Je rentre dans ma tanière », m’annonçait-il au téléphone, quand il faussait compagnie à ses médecins pour regagner l’île Saint-Louis.
Mon père refusait que je lui rende visite à Villejuif. J’ai respecté ce souhait qui était peut-être une coquetterie. À force de photographier les comédiennes, d’éclairer leur bon profil et d’arranger ce qu’il appelait les visages difficiles, il avait dû penser qu’à son tour il était en droit de ne se montrer qu’à son avantage. La veille d’entamer ses séances de rayons, il s’était rendu au Studio Harcourt où il comptait nombre d’amis. Il s’était laissé tirer le portrait, un noir et blanc irréprochable dans une lumière douce. Il n’aurait pas fait mieux s’il s’était placé lui-même derrière l’objectif. « Le traitement va m’abîmer. Autant saisir une dernière fois la bête intacte », m’avait-il lancé comme en s’excusant, un jour que j’avais découvert un de ces tirages sur son bureau. Je m’étais abstenu d’y toucher. Il resta longtemps parmi toutes ces comédiennes que mon père semblait avoir créées.
Peu après sa disparition, j’étais allé chez lui un soir rue Budé, puis je m’étais posté à la fenêtre. Je voulais voir ce qu’il voyait quand la mort lui laissait une permission de sortie. Avec la nuit, le quai d’Orléans était bondé de Japonais, d’Américains en goguette, de ces familles très blondes que la Scandinavie envoie à Paris, au printemps. Plus tard s’étaient insinuées les silhouettes en perfecto des films de Melville, les solitaires, les loups de rencontre. Des bat
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Interview d'Eric Fottorino

Commentaires Amazon

2008-10-31Note : 4/5
Très bon récit
Voilà un très beau livre, plein de douceur et de poésie, de vérités et de douleurs. Baisers de cinéma est un livre très bien écrit : Fottorino est certes un journaliste connu, mais il apparaît aussi ici comme un bon écrivain. Pour dire l'absence, la solitude, mais aussi l'amour ou la passion dévorante, Fottorino use d'un style tout à fait agréable et juste, et réussit même à éviter les clichés alors qu'il brasse beaucoup de sujets assez convenus. Sans conteste, Baisers de cinéma est un ouvrage réussi qui mérite tout à fait son prix.

2008-04-14Note : 1/5
Voilà bien le type même du livre...
...dont personne n'aurait parlé si l'auteur n'était pas un journaliste en vue. Oh ça n'est pas désagréable. L'eau tiède non plus. Mais qu'est-ce qui en reste le lendemain une nuit après qu'on l'ai refermé ? Rien

J'en ai un peu assez de la littérature de journalistes.

Si les journalistes faisaient des journaux, ceux-ci seraient peut-être mieux faits. Et si les éditeurs publiaient des écrivains au lieu de journalistes, la littérature française se porterait peut-être un peu mieux.

Elodie

2008-01-20Note : 5/5
Un baiser... à croquer
J'ai beaucoup aimé l'écriture ce livre. Une belle histoire, celle d'une quète de la mère, une quête de la femme, avec un univers en noir et blanc. La lumière du cinéma et celle des rouges baisers des personnages vivants, la lumière du cinéma et l'ombre du père récemment disparu. La lumière du cinéma, enfin, comme une lampe de poche pour trouver une mère inconnue, idéalisée ou rejetée.
Un très beau livre, dans lequel j'ai pu plonger et retrouver le cinéma français à travers ces dernières décennies. C'est beau le noir et blanc : ne colorisez pas !!

2007-11-27Note : 5/5
De la littérature au Leica M6
Un livre de lumière, de finesse, de sensibilité extrème, de secrets et d'intelligence. Il mérite à 200% son Femina. Chaude recomendation, vous aimerez beaucoup.Eric Fottorino est à un sommet, j'espère qu'il y en aura d'autres.

2007-11-11Note : 5/5
Fottorino en noir et blanc
Ce roman d'Eric Fottorino est une nouvelle fois, l'expression (très) douloureuse de l'absence d'un parent. Ici l'histoire nous relate la quête désepérée d'une mère, au travers d'un père photographe de plateau, maître de la lumière, au cinéma.
Qu'on ne s'y trompe pas, l'objet de cette recherche forcenée, est surtout ce père secret qui n'a laissé à son fils que de pauvres indices, et très peu sur une mère jamais connue. Cette fois, Eric Fottorino quitte la couleur, les aspects mordonés et chamarés d'un "Korsakov" explosant en chaleurs et couleurs méditerranéenes, pour les ambiances manichéennes des studios de cinémas, ou pour les harmonies en gris et blanc de Paris. Ici nous sommes dans un univers noir et blanc, celui des photographies des stars ou starlettes des années 50, invariablement retouchées par le faisceau de lumière ou le génie artistique du photographe. De cette transgression constante de la réalité en un univers binaire, noir et blanc, ombre et lumière, Eric Fottorino bâti (une nouvelle fois) un roman sur la recherche éperdue de ses racines, de sa mère, d'une partie de soi. L'Autre, l'autre femme, cette "mère" de substitution que l'on aime, avec passion, même si elle est mariée, distante, éloignée, brutale et voluptueuse, n'est-elle pas là - comme dans la vraie vie ?- que pour nous aider à faire le deuil de cette vraie mère, de cette maman à jamais perdue ou inaccessible, de nous libérer enfin pour vivre. Mais y parvenons nous réellement ? Ce livre en donne une bien belle réponse.
Les plus : le style ciselé, le jeu des lumières et des couleurs brutes, primaires soutenant celui des sentiments heureux et des malheurs de l'existence, les très belles pages sur Paris, sur la photographie - en noir et blanc- , l'évocation du cinéma des années 50-60, l'amour sublimé en pudeurs multiples, la douleur d'être un enfant abandonné.
Les moins : Y en a t-il vraiment. Si peut être, le trait des personnages de femmes est un peu caricaturé, forcé. Mais n'est-ce pas le propre du noir et blanc?

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