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Une divine plaisanterie
De Margaret Laurence
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 1 Avril 2006

Rachel Cameron a trente-quatre ans. Elle est célibataire et enseigne dans la petite ville de Manawaka, au Canada, où elle a toujours vécu. Rachel refuse toute vie sociale et, habitant toujours avec sa mère, s'enferme obstinément dans une vie rythmée par les soins qu'elle lui prodigue quotidiennement. Avec le directeur de l'école, avec sa mère, avec sa collègue, Rachel ne trouve jamais la force de s'exprimer, de se révéler. Celle qui se définit elle-même comme un anachronisme rencontre bientôt en la personne de Nick Kazlik son premier amour, son premier amant qui va transformer sa vie à jamais. Mais celui auquel elle se donne déjà corps et âme s'empresse de disparaître, sans donner de nouvelles, dès lors qu'elle lui parle naïvement de son désir d'enfant...


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2007-06-05Note : 4/5
Une femme seule.
"Une divine plaisanterie" c'est le récit de Rachel. Elle a abandonné ses études à la mort de son père pour revenir s'occuper de sa mère, elle enseigne dans une école primaire locale, elle a une trentaine d'années mais c'est déjà une vieille fille.
Rachel est prisonnière de son éducation qui lui interdit toute spontanéité, toute relation sociale simple et sans arrière-pensée. Elle est aussi prisonnière de sa mère qui trouve normal de lui imposer le sacrifice d'une carrière et d'une vie sentimentale. Car Rachel souffre de sa solitude, elle a envie d'aimer et d'être aimée. Totalement paralysée par sa peur des autres et du monde elle voit bien que sa vie lui échappe. Quelles solutions s'offriront à elle, nous sommes dans les années 50 et le milieu petit-bourgeois de sa famille ne l'a pas prédisposé à la rébellion.
Un livre dense et douloureux, un parcours initiatique

2006-06-17Note : 5/5
A lire avec plaisir !
« Une divine plaisanterie » est un roman drôle et pince-sans-rire autour d'une héroïne de 34 ans, institutrice célibataire et vivant toujours avec sa mère malade dans la petite ville de Manawaka (ville imaginaire de Manitoba au Canada). Rachel Cameron est une cruche attendrissante, gauche et complexée, et qui bien souvent agit le contraire de ce qu'elle pense ! Elle rêve de s'échapper de sa vie étriquée, et pourtant elle y demeure attachée ou paralysée de faire le grand saut. Pendant ses vacances d'été, elle fait la rencontre d'un type qui la séduit et nourrit ses fantasmes d'évasion (se marier, avoir des enfants etc.). Rachel se lance dans cette aventure à corps perdu, ivre de cet amour naissant et, pour elle, porteur de tous ses espoirs cachés.

« Une divine plaisanterie » figure dans un cycle de cinq romans autour de la petite ville de Manawaka. Margaret Laurence a décidé de donner la parole à une femme seule et dépitée, sans toutefois rendre son récit pitoyable ou malheureux. C'est tout le contraire : le roman est enlevé, rythmé par le grotesque et la dérision. Rachel elle-même se moque de ce qu'elle est, consciente d'être double, triple, quadruple etc. Elle n'assume pas ce qui la ronge, ce qu'elle désire clamer ardemment sur tous les toits. Intérieurement, c'est une femme passionnée et brûlante, mais en vrai elle est timorée, contracte son corps dès qu'on la touche et se mine du qu'en-dira-t'on et des adolescents sûrs d'eux. Ses rapports avec son amie Calla, son directeur Willard, sa mère et son petit ami nourrissent des chapitres d'humour bien souvent involontaire. C'est un régal ! Ce roman n'a pas pris une ride (il est paru en 1966) et c'est à souhaiter que les éditions Joelle Losfeld publient très rapidement la suite de l'oeuvre de Margaret Laurence (auteur décédé en 1987).

« Les strates de rêves sont si nombreuses, il y a tant de membranes trompeuses qui enveloppent l'esprit que j'ignore leur existence, jusqu'à ce qu'une réalité coupante ne les tranche, et je vois alors les créations de mon imaginaire pour ce qu'elles sont, déformées, bizarres, grotesques, une plaisanterie insupportable si on la regarde de l'extérieur. »

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