La Prisonnière
La Prisonnière nous introduit dans des univers clos où, malgré les évocations riantes des cris de Paris et un burlesque historique de l'homosexualité à travers les âges, nous voyons d'un côté le héros et sa maîtresse se détruire dans le plus torturant des marivaudages, et de l'autre le Baron, après avoir atteint le sommet de la puissance mondaine, être anéanti d'un seul coup par une vindicative exécution couplée avec une trahison amoureuse. Jamais Proust n'a atteint à ce degré de dérision, de cruauté, de tension dramatique, de pressentiment de la mort. Pourtant à travers tout cela se révèlent les valeurs et les démarches de l'art, qui préparent la conversion définitive du héros. Dans ces pages commence de s'accomplir aussi le grand retour de l'oeuvre sur elle-même, à elle-même son propre miroir.
