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L'Anti-nature
De Clément Rosset
Editeur : Presses Universitaires de France - PUF
Parution le : 23 Janvier 2004

" Quand aurons-nous complètement " dédivinisé " la nature ? Quand nous sera-t-il enfin permis de commencer à nous rendre naturels, à nous " naturiser ", nous hommes, avec la pure nature, la nature retrouvée, la nature délivrée ? " (Gai savoir, Nietzsche). " Ridée de nature apparaît comme un des écrans majeurs qui isolent l'homme par rapport au réel, en substituant à la simplicité chaotique de l'existence la complication ordonnée d'un monde. " Nombre de philosophes depuis l'Antiquité se sont attachés à définir la notion de nature. S'inscrivant dans cette longue tradition, Clément Rosset reprend l'opposition entre nature et artifice, analyse les philosophies artificialistes, des Sophistes à Hobbes, puis les philosophies naturalistes, de Platon à Rousseau. Il termine en soulignant l'actualité philosophique du naturalisme et les aléas modernes de l'idée de nature. " D'une certaine manière, la conclusion de ce livre est de présenter l'artifice comme vérité de l'existence et l'idée de nature comme erreur et fantasme idéologique. "

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2006-02-16Note : 4/5
    Une bonne approche antinaturaliste de la philosophie.
    Clément Rosset écrit, et il écrit bien, et il écrit intelligemment. Certes. Je reconduis ici les critiques positives qui ont pu lui être adressé, mais il ne faut pas s'y arrêter. Quelques imperfections sont à souligner, qui sont le pendant de la cohérence et de la solidité de la démarche: les traits du naturalisme platonicien sont tout à fait forcés (ne nous y trompons pas: Rosset adapte par trop la théorie des idées à son propos), le naturalisme rousseauiste l'est tout autant (souvenons nous, nous le lui devons bien, que Rousseau, pour solitaire et névrosé qu'il fut sans doute, était le premier à assumer le réel tel qu'il est (par delà ses projets politiques); enfin un seul aspect de la sophistique ancienne est appréhendé, et je doute que les études les plus fouillées sur la question (Romeyer-Dherbey, Kerferd, Guthrie, Cassin et alii) souscrive de plein gré à son propos): l'artificialisme protagoréen doit tenir compte de la lecture hégélienne et nietzschéenne; ensuite, si les pères de "la" sophistique, Protagoras et Gorgias, s'offrent à une interprétation artificialiste, (et, un peu plus tardivement, Lycophron dans sa proximité ontologique avec Héraclite), il en va tout autrement de Prodicos, Thrasymaque, Antiphon ou Calliclès (si tant est que l'on admette ce dernier au rang de sophiste). Je crois d'ailleurs ne rien apprendre à Clément Rosset en faisant ses remarques: disons qu'il est clair qu'il sélectionne l'information au service de son propos, et qu'il faut garder cela à l'esprit, pour ne pas se laisser mystifié par le brio et l'intelligence de l'auteur. Peut-être à cet égard lui serions nous plus fidèle qu'en le révérant par trop. La philosophie de Rosset est une philosophie tragique, et elle invite à aller au-delà d'elle-même: allons donc lire les ouvrages que Rosset conseille dans ses bibliographies, et d'autres encore qui offrent un son de cloche différent; s'il faut aimer, le réel, comme le veut Rosset, ne soyons donc pas "hommes d'un seul Livre".

    2003-08-08Note : 5/5
    une philosophie radicalement materialiste
    Enfin!les éléments d'une philosophie radicalement materialiste débouchant immédiatement sur l'obligation de la joie.Si vous voulez savoir pourquoi offenbach est un grand artiste, pourquoi il n'existe rien de tel qu'une nature(de l'homme, de l'univers, des choses...)pour un matérialiste, et pourquoi(pour ceux qui étudient la philosophie)il faut choisir lucrèce plutôt qu'épicure en tant que guide de vie,suivez Clement Rosset.Dans un style toujours précis et pur(absence totale de jargon philosophique,rassurez vous)il va au fond des choses et pense l'impensable : la matière, le hasard, le désir, la mort, la joie dure qui éclaire tous les moments de vie.

    2002-12-10Note : 5/5
    L'apologie du réel
    Lumineuse critique des philosophies naturalistes (qui entendent donner un sens à la nature) en regard des philosophies Tragiques (caractérisées par l'approbation du réel tel qu'il est).
    Clément Rosset nous offre une méditation des plus pertinente sur l'approche de la réalité.

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