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Pourquoi sommes-nous en guerre ?
De Norman Mailer
Editeur : Denoël
Parution le : 7 Mai 2003

Au-delà de la guerre en Irak, quels sont les motifs secrets de l'administration Bush ? Cette formidable présence militaire au Moyen-Orient est-elle destinée à servir de tremplin à l'hégémonie des Etats-Unis sur le reste du monde ? Quelles sont les racines profondes du conservatisme américain ? Ses moyens, ses buts, sa morale ? Norman Mailer livre ici un texte percutant et sans concession - dans la lignée de son fameux livre publié il y a plus de trente ans, Pourquoi sommes-nous au Viet-Nam ? Mailer pense l'Amérique, pense le monde, au-delà des carcans religieux et de l'émotion qui modèlent les pensées et les actions des uns et des autres.Ces réflexions ont suscité de très vifs débats aux Etats-Unis.


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2007-08-22Note : 4/5
Constat lucide
Mailer est bien en déca de la realité mais il temoigne neanmoins du fait qu'il reste quelque intellectuels lucides dans la cruelle pétaudiere US,
il est regretable que ces timides constats proviennent seulement de gens d'un âge certain.
Les passages sur l'économie bien qu'insuffisants demontrent la folie du système, il est triste de constater que ce mal est partout sous estimé mis sur le compte de tel ou tel président alors qu'il est consubstantiel au systéme.
Il faut lire ce livre avec sur sa table Chomsky Zinn, Ellroy aussi pour le coté "stylisons l'horreur".
Il est patent que la propagande gagne du terrain, elle a toujours été plus intelligente plus efficace que celle de ceux (cités plus haut) qui voudraient rendre l'image de la réalité, il est tellement plus facile d'exclure, de diaboliser ceux qui en définitive essaient de rendre compte des crimes commis, de ceux qui se commettent de ceux qui se commettrons.
Merci a Mailer de continuer ce combat méprisé bien sur par les tenants de l'idéologie néo-cons et autres tristes clônes ultra libéraux.

2003-07-09Note : 2/5
Les ratiocinations d'une conscience torturée
Norman Mailer est sans nul doute un écrivain. Il ne manque ni de verve ni de souffle. Mais il est tout de même nettement plus doué pour le roman que pour l'analyse politique. Le caractère systématique, quasi prévisible, des diatribes dont il accable régulièrement son pays est quelque peu lassant. C'est probablement un peu pour cette auto-flagellation permanente qu'on l'adore à l'étranger et tout particulièrement en France, dans les milieux " branchés ". Il représente à lui seul, tout un courant de pensée très répandu, celui de la gauche bourgeoise occidentale, bien pensante mais dévorée par la mauvaise conscience. Celle qui ne se remet pas de la faillite du modèle marxiste et qui voit le totalitarisme partout où il n'est pas, sans percevoir ce qui crève les yeux.
Revenant en 1984 d'URSS, Mailer avait acquis la conviction que cette dernière était inoffensive, car les gens étaient " fatigués, déprimés et incapables de faire la guerre ". Autrement dit, l'effondrement du bloc communiste ne fut rien d'autre, pour l'auteur du chant du bourreau, que le résultat d'une politique cruelle et manichéenne des gouvernants américains, poussant à la ruine " l'empire du mal ", par une course folle aux armements, plutôt que de lui tendre une main fraternelle. Après le carnage vietnamien dans lequel il avait occulté la main armée de Moscou, en pleine occupation de l'Afghanistan et au moment où les dirigeants soviétiques hérissaient la frontière est-allemande de missiles SS20, ses propos avaient quelque chose de comique.
Aujourd'hui, il ressort à l'endroit de l'administration Bush les arguments éculés déjà servis contre Ronald Reagan, qu'il jugeait " creux comme une calebasse "... Mais où est son talent de visionnaire ? Il est habité par une aigreur perpétuelle. Il ridiculise tout ce qui porte une aspiration. Il aime humer le fumet des décompositions, respirer l'odeur de l'abjection ; il a comme une délectation morbide pour la fange. Il est persuadé que tout n'est que calculs et manigances. A cause de cette attirance morbide, il passe à côté des réalités, les découvre toujours après coup, dans le rétroviseur. En somme, Mailer est déchiré, il aime son pays et dans le même temps il reconnaît le détester. Il ne supporte pas l'american way of life, mais ne peut s'en passer. Il est en quelque sorte la mouche du coche, inutile et horripilante.
Hélas, le vrai risque de cette attitude quasi négationniste, est peut-être de déclencher par effet de balancier, un mouvement en sens contraire tout aussi outrancier que le sien...

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