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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | La fausse veuve De Florence Ben Sadoun Editeur : Editions Denoël Parution le : 25 Août 2008
Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous... " Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole. Face au drame du " locked-in syndrome ", face à la destinée légendaire d'un personnage que les médias se sont approprié, une femme n'oublie pas qu'il était un homme. Comment se parler d'un souffle ? Comment s'aimer sans se toucher ? Comment lire les battements d'un cœur au rythme d'un battement de paupières ? C'est ce chemin escarpé, compliqué, et parfois très éloigné du deuil, qu'on suit dans ce roman en s'arrêtant sur les cases de l'enfance, en reculant sur celles de l'amour et de la religion, et en sautant à pieds joints sur celle (le la mort comme au jeu de la marelle. |
Commentaires Amazon| 2008-10-14 | Note : 4/5 | Autobiographie romancée Florence Ben Sadoun revient ici sur l'accident cérébral qui l'a brutalement privée de son compagnon. Ce dernier était devenu célèbre pour "Le Scaphandre et le Papillon" qu'il avait écrit à l'hôpital, frappé du locked-in-syndrome et s'exprimant seulement par battements de paupières.
La narratrice se présente comme la « fausse veuve », cette femme illégitime occupant une position inconfortable : à l'origine de la séparation de son compagnon marié et père de famille, elle n'a vécu que quelques mois avec lui avant son accident. Une fois son homme hospitalisé, elle devient transparente pour beaucoup. L'histoire d'amour du malade devient une aventure, une parenthèse dans un mariage et une longue vie commune. L'épouse devient logiquement celle que l'on plaint, celle qui sera veuve dans peu de temps.
On sent évidemment la ranc?ur, l'amertume de celle qui disait vivre une belle histoire d'amour, qui croyait refaire sa vie mais qui devient pour beaucoup la « pute », celle qui rend la situation gênante par ses visites incessantes à l'hôpital... sans aucun doute celle qu'on préférerait oublier. Ce livre, fiction ou pas, est écrit par une narratrice qui a fait son travail de deuil : ce texte est l'hymne à la vie d'une femme qui relate son histoire perdue alors qu'elle a aujourdhui trouvé le bonheur dans les bras d'un autre. Sans doute tourne-t-elle la page avec ce discours qu'elle adresse au disparu, une tirade qui laisse transparaître le ressentiment mais aussi le souvenir d'un amour sincère durement mis à l'épreuve.
Voyeurisme ? Littérature ? Je ne trancherai certainement pas la question. Mais j'ai finalement trouvé ce texte subtil et, bien qu'au début un peu déstabilisée par le passage fréquent du « tu » au « vous », j'ai beaucoup aimé l'écriture de Florence Ben Sadoun dont je serais ravie de lire un nouveau livre.
| | 2008-08-26 | Note : 3/5 | Intéressant et bien fait. Le cri d'une femme Le silence d'un amant. Les mots qui s'effacent et laissent place aux larmes, au vide, au rien, au néant rempli seulement de solitude et de douleur.
La narratrice s'adresse à son homme, son amant. Il est enfermé dans son propre corps, emmuré, séquestré en lui-même.Locked in syndrome.
Elle parle, alterne le Tu et le Vous, comme lui naviguait entre ces deux pronoms : le tu, celui de l'intimité, et le vous, celui des conversations publiques. Ne pas révéler la liaison, l'adultère, la tromperie, l'amour caché et tu comme une maladie honteuse.
Etre veuve en privé, être veuve secrètement, au fond de soi sans pouvoir hurler sa brûlure ni vomir son désespoir à la face du monde. Même si l'homme avait finalement quitté sa femme, même le regard des autres est rempli de compréhension, le regard de ceux qui savaient, la narratrice éprouve encore le poids liquéfiant du secret, le poids de l'autre femme, celle qu'elle restera : la maîtresse, la coupable, celle par qui le mal est arrivé.
Etre seule pour affronter la peur, le silence et le deuil. Florence Ben Sadoun, dans ce premier roman, raconte avec simplicité et sensibilité la souffrance et la peine.
Comme un film rembobiné, du statut de maîtresse à celui d'enfant, avec des extraits de famille et d'amour fou, ce récit est très joliment écrit ; avec pudeur et sans aucun pathos.
On devinera la part d'auto-fiction dans ce récit. On devinera le nom de l'amant jamais prononcé. Certains y ont vu un déballage, un vomi, du voyeurisme. Pour ma part, je ne garde que le souvenir des mots et l'imtemporalité de ce qu'ils incantent : la volonté d'une femme de se libérer du fardeau d'un amour trop longtemps conservé à l'intérieur, de faire son deuil afin de se sentir à nouveau libre d'aimer.
Une lecture apréciée, donc.
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