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Retour aux mots sauvages
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Retour aux mots sauvages

De Thierry Beinstingel

Editeur : Fayard
Parution le : 25 Août 2010
ISBN : 978-2-2136-5475-1
EAN13 : 9782213654751
 Sélection Rue des Livres
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Vous ne verrez jamais son visage. Vous ne connaîtrez même pas son prénom, puisque l’entreprise qui l’emploie lui en a donné un autre. Il est le téléopérateur qui finit par vous répondre après que vous avez dû appuyer successivement sur la touche étoile, trois, six, dièse puis de nouveau étoile. « Éric à votre service. » Éric ? Inutile de vous en souvenir. Lors de votre prochain appel, vous tomberez sur quelqu’un d’autre. John, George, Paul ou Ringo. Peu importe. En revanche, vous aurez droit aux mêmes réponses. Elles apparaissent au téléopérateur sur un écran d’ordinateur, classées par thèmes.

Une série de suicides dans l’entreprise rappelle douloureusement que les employés ne sont pas des machines. Pour ne pas en arriver à une telle extrémité, Éric décide simplement de transgresser les consignes : un jour, il rappelle un client de sa propre initiative…

Après Central, Composants et CV roman, Thierry Beinstingel continue d’aborder le sujet du travail et de sa représentation en littérature. Retour aux mots sauvages interroge à nouveau la problématique du langage que l’univers économique tente de contrôler. Les mots sont les vecteurs d’une organisation libérale devenue sauvage. Mais ce « retour » – à la manière d’un boomerang – est aussi un message d’espoir : on ne peut pas régenter la communication jusque dans ses moindres détails sans dommages. La vague de drames de cette multinationale démontre que l’humain, à travers sa langue maternelle, a une capacité de résistance. Et c’est sans doute le rôle de la littérature que de révéler cette force.


Né à Langres, Thierry Beinstingel habite dans l’Est de la France. Cadre dans les télécommunications, sa principale source d’inspiration demeure le monde du travail.


Prix conseillé : 19,30 € - Prix : 18,34 €

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Vos avis

Enfin un livre de notre temps car il est temps de parler du malaise des salariés dans les grandes boites. Moi qui suit en longue maladie pour un harcèlement dans un service public je pourrai vous en parler, malheureusement pour la P... je suis encore là mais combien de collègues sont tombés. Merci aux écrivains qui abordent ce sujet ils me font du bien. Je vais trouver le livre et le lire un jour; si le dieu des lecteurs me prête vie.
ANTONBARCENA



Commentaires Amazon

2010-11-05Note : 3/5
Bien moyen
Cela fait plusieurs mois que j'ai lu ce livre... Ma déception est peut-être la raison à mon incapacité à rédiger une critique de suite.

Le résumé est prometteur. Une personne venant d'un centre d'appels va enfreindre les règles de conduite... Je connais les lois de ce poste, donc je me réjouissais du débouché de cette histoire. J'ai dû placer la barre trop haute malgré moi. Je fus bien déçue par ce que je me suis efforcée de lire. Un quinquagénaire ayant toujours travaillé avec ses mains se voit relégué à un poste de chargé d'appels dans une compagnie de téléphone. Et suite à une injustice qu'il a constatée, il décide d'enfreindre une importante règle... J'étais très motivée durant cette découverte, puis l'histoire s'est doucement essouflée. On reconnait bien là l'histoire de France Telecom avec tous les suicides évoqués, mais la lecture du livre ne nous apporte rien de plus qu'une constatation déjà établie par cette affaire il y a quelques années. Quant à la suite de l'histoire de notre chargé d'appels, elle est selon moi bien fade. Peu de relief, peu d'intérêt, d'autant plus que l'écriture est spéciale... Les phrases sont bien courtes, la lecture s'en ressent saccadée, ce qui ne sera pas déplaisant pour tout le monde, bien entendu. Quant au titre, "Retour aux mots sauvages", je fais partie des gens qui cherchent toujours le rapport avec l'histoire... Je remercierai les personnes qui pourront m'éclairer !


2010-11-04Note : 5/5
C'est pas de la science-fiction
Ce livre m'a touché car j'ai connu les centres d'appels. Heureusement j'en suis sortie, je le recommande.

2010-10-08Note : 1/5
Ennuyeux, barbant, monotone....
Je souhaitais découvrir l'écriture de Thierry Beinstingel à travers ce livre, puisque je ne connaissais pas du tout. Et bien "Retour aux motos sauvages" et j'en suis désolé ne m'a pas donné envie d'aller plus loin. Entre nous je n'ai toujours pas compris la signification du titre, ça vient surement de moi.
Dans ce roman d'entreprise, on se rend très vite compte de quoi il s'agit, ça c'est sur, on est "plongé" dans "l'enfer" des téléopérateurs de chez France Telecom à la veille de la vague des suicides. Mais la façon dont l'auteur décrit cet enfer ne m'a pas parlé même pas ému. J'ai été ennuyé du début à la fin par le style trop répétitif, il y a un nombre de mots répétés inutilement je ne sais combien de fois. Dommage, le sujet était intéressant, il aurait été certainement possible de le traiter avec plus de passion.
Je ne vous le conseille pas.

2010-10-07Note : 3/5
Dur dur ...
Ce roman n'a de "roman" que le nom, car il nous plonge dans la réalité, dans une quotidienneté pesante, celle du travail qui va de la "suppression de poste" au "reclassement", en passant par la case "mobilité forcée", obligation de s'intégrer dans une nouvelle équipe, de supporter un nouveau "petit chef", de subir ces réunions d'où pas grand chose ne sort, de se "colletiner" des "usagers" devenus parait-il "des clients" ... Puis un beau jour, sur ce fond de déshumanisation désolante un espace relationnel s'ouvre ! Un client avec qui on communique vraiment et qu'on va aider réellement en dehors des règles formatées par l'entreprise et qui donne un sens à son travail ....
On reconnait tout de suite dans quelle entreprise cela se passe, une entreprise qui est passée à marche forcée du statut d'administration publique à entreprise à vocation de rentabilité et de cash ! Le pauvre personnel y est évidemment complètement désorienté, par la perte du statut, la perte des repères ... Le livre est incisif, comme la manière dont est managé le personnel ! Mais ce que l'auteur décrit est finalement assez dur à supporter. Parce que ce n'est pas un roman qui fait rêver !

2010-09-28Note : 2/5
L'échec du style, le déni de la responsabilité
De Thierry Beinstingel je gardais un assez bon souvenir de "Central", paru il y a dix ans ; mais je dois avouer que "Retour aux mots sauvages" ne m'a pas laissé la même impression favorable. Certes, ce roman a pour lui un style maîtrisé et cohérent de la première à la dernière page, cohérence qui devient rare dans la production éditoriale actuelle. Cependant ce style est assez morne, fait essentiellement de phrases courtes et, paradoxalement, un peu trop tapageuses dans leur volonté affichée de simplicité. On note aussi l'abondance des chapitres brefs, pénible symptôme de la littérature de l'heure. On s'ennuie assez vite à lire cette langue trop simple, prenant le parti d'être "proche des gens" qu'elle décrit mais, prix cruel à payer, ne décollant presque jamais au-dessus de l'oubliable. La description qui est faite de l'univers professionnel d'une grande entreprise (France Télécom/Orange) sonne juste, mais là encore, quel ennui ! C'est probablement le grand échec formel de ce livre : il ne suffit pas d'écrire simple pour décrire une réalité simple.

Enfin, la persistance de l'auteur à présenter ses personnages comme de pures victimes d'un système économique plus grand qu'eux en vient à les décrédibiliser totalement. Il est assez facile, et, pour tout dire, démagogique, de présenter les petits salariés *uniquement* comme des pions sur l'échiquier des forces du travail et de l'argent, cependant que les "grands chefs" sont nécessairement présentés *uniquement* comme des entités nuisibles ou hostiles. À aucun moment l'écrivain ne confère à ses personnages, à ses "petites gens", la moindre responsabilité dans l'état du monde dans lequel ils évoluent. On devrait toujours se souvenir, comme un Sartre l'a bien montré, qu'on n'y est jamais "pour rien" concernant le monde dans lequel on vit, et sa situation dans ce monde. C'est là toute la différence entre une gauche sartrienne et la néo-gauche déresponsabilisante, tout à fait d'époque, dont Thierry Beinstingel se fait assez visiblement un des nombreux porte-parole. Le résultat littéraire en est un roman où les camps du bien et du mal, malgré toutes les précautions prises, ne sont que trop clairement marqués. Dommage pour le réel.

2010-09-18Note : 3/5
Un thème intéressant mais un ouvrage assez terne...
Il est électricien, et suite à une restructuration son entreprise lui propose de devenir opérateur en centre d'appels. Bon. Il découvre autour de lui que les gens dépriment à force de répéter les mêmes phrases toute la journée. Et suivent de lourdes allusions à la vague de suicide chez France Télécom. Puis, comme dans Brazil, un incident de procédure, et le mécanisme s'enraye, il fait la connaissance d'un client de visu.
Un livre assez morne où, passé l'intérêt de la découverte de ce qu'est un travail en centre d'appels, j'ai été ennuyée par les répétitions, les réflexions peu profondes d'un individu qui fait surtout de la résistance au changement. Certes, faire 45 minutes de route pour aller travailler c'est embêtant, mais surtout devenir commercial quand on est électricien ne me paraît pas une très bonne idée.
Même si certains passages sont bien écrits, même si le thème est assez bien choisi, et même si ce livre se lit sans désagrément, je n'en garderai pas un souvenir impérissable: il est trop superficiel.
A noter toutefois une belle couverture.

2010-09-10Note : 3/5
Dure réalité
Ce roman de Thierry Beinstingel, au demeurant très facile à lire, ne peux pas laisser le lecteur insensible à ce qu'endure Eric, héros malgré lui dont nous ne connaitrons jamais le vrai prénom.
Victime de l'évolution socio-professionnelle, Eric, à la veille de ses cinquantes ans, se voit mentalement et physiquement diminué par cette obligation de se tourner vers un métier à l'opposé de sa conception du travail.
L'auteur décrit une situation qui pourrait celle de mr Dupont ou mr Durant, qui après s'être investi pendant des années dans des activités de contacts physiques et de services, se retrouve sur un plateau d'appel.
Oui, ces fameux plateaux d'appels que tout le monde a connu au moins 1 fois, avec tout d'abord ce robot qui aiguille votre appel sur le bon service en fonction des touches que vous utilisez sur votre téléphone; cette voix numérisée, déjà impersonnelle, que l'on accepte, car l'on sait bien qu'il ne s'agit que d'une machine. Puis l'opérateur, ou l'opératrice, qui s'annonce sous son nom d'emprunt, avant de réciter sa litanie apprise par coeur, et à qui l'on demande de respecter au mot près le discours type, avant même de savoir si le problème du client a bien été résolu. Cette voix aussi impersonnelle, mais cette fois, on sait qu'elle émane d'un être humain.
Puis ces offres commerciales, qu'il faut absolument essayer de placer à chaque appel:" Nous ne sommes plus dans un service public. Maintenant, nous devons rendre des comptes à nos actionnaires...".Parce que oui, sans le citer, l'auteur prend bien en exemple un grand opérateur de téléphonie qui connait depuis quelques mois une vague de suicide des plus inquiétants. Et si certains d'entre vous avaient encore quelques incompréhensions concernant ces gestes malheureux que certains utilisent comme délivrance face à leurs souffrances, ce livre finira de leur expliquer.
On voit bien Eric essayer de trouver un exutoire à son sentiment d'inutilité dans le footing, jusqu'au jour où il se décide à se lier avec des clients ayant des problèmes de paiement. Grâce à eux, il va renouer avec ce besoin et cette satisfaction de rendre service, comme lorsqu'il était électricien.
Seule petite remarque: l'auteur explique qu'à l'occasion de l'anniversaire d'une collègue d' Eric, le responsable ferme le service et déroute les appels vers un autre centre afin de fêter cet évènement. En réalité, cela ne se déroule pas du tout ainsi, et si une telle réunion est acceptée, les personnes sont conviées par petits groupes afin de continuer à assurer le service, et pendant un temps très limité.
En résumé, ce livre est une bonne description de la vie sur les plateaux d'appels, de ces sentiments d'inutilité, de robotisation, d'infantilisation (Monsieur, je peux aller aux toilettes?), d'impersonnalisation...bref...de déshumanisation que le personnel travaillant sur ces plateformes peut ressentir.
Un livre bien sombre comme peut le devenir notre environnement socio-professionnel, avec comme seul satisfaction de pouvoir dire: "Je ne dois pas me plaindre, car moi, au moins, j'ai un job !!!".
Salut à tous les amazoniens.



2010-09-09Note : 4/5
en dehors des chemins battus
En dehors des chemins battus, ce roman est prenant.
L'auteur dénonce un des aspects sombre de notre société ; L'individualisme sans identité.
Le culte du profit au détriment de l'homme.

2010-09-04Note : 3/5
Les maux au travail
Ce livre décrit le quotidien professionnel d'un personnage, muté à une fonction administrative et commerciale sur une plateforme téléphonique après avoir été un opérationnel de terrain. L'écriture s'inscrit dans un rythme haletant, saccadé, vif. Ce n'est pas un roman pour s'évader. C'est une description de faits, de vécu d'entreprise. A réserver à ceux qui veulent en savoir plus sur les rouages de ce type d'entreprise.

2010-09-03Note : 1/5
ennuyeux
Description d'un centre d'appel de France Telecom, avec l'apprentissage d'un nouvel arrivant, Eric, qui va se poser des questions sur son travail, dans le contexte des suicides que l'on sait. L'histoire est plate, ennuyeuse, il ne se passe rien, il n'y a pas non plus d'analyse en profondeur sur les causes du mal-être au travail. On peut éviter, malgré le battage médiatique autour de ce roman.
7/20

2010-09-03Note : 4/5
Mots sauvages pour un monde sauvage
Style incisif, vif. Ton désabusé, cruel mais ne vivons-nous pas dans une société cruelle... Est-ce la société qui nous rend cruels ou l'Homme fait-il la société telle à sa propre image ?
La profession de télé-opérateur n'a plus de secret pour le lecteur ou presque. La phrase d'introduction pour la présentation du télé-opérateur au client rebute dans un premier temps, comme cela l'est dans la réalité. Tout est finement raconté, exposé, exhibé, sans fioritures... la détresse d'un être humain dans une profession déshumanisée dans un monde déshumanisé. Mais cet être résiste, veut garder un peu d'humanité. Tragique combat...
Ce roman est un triste constat mais aussi un cri de détresse dans ce monde si froid.
Très bon roman, déchirant, de simplicité, d'amer constat... mais la vie continue et l'homme doit s'adapter pour survivre.

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