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Lunar Park
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Lunar Park

De Bret Easton Ellis

Editeur : Robert Laffont
Parution le : 20 Octobre 2005
ISBN : 978-2-2211-0411-8
EAN13 : 9782221104118
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On se souvient des personnages décadents Patrick Bateman (American Psycho) et Victor Ward (Glamorama), des paradis artificiels, de la gloire et de la violence qui étaient au cœur de leurs expériences. Comme s’il s’agissait d’écarter une réputation sulfureuse, mêlant ses propres souvenirs, ses démons et les personnages qui peuplent ses précédents textes, Ellis décide avec Lunar Park d’incarner lui-même un homme marié, père de famille, vivant dans une immense propriété du comté de Midland. En définitive, une vie bourgeoise partagée entre le centre commercial le samedi après-midi, les séances chez une thérapeute pour couples et les dîners entre voisins. Un revirement comique qui se transforme en cauchemar. Le narrateur, Bret Easton Ellis, pense que les madeleines de Proust sont des mandarines, que sa maison d’Elsinore Lane est hantée, que le spectre est son père mort et peut-être aussi le héros assassin d’American Psycho, qu’il doit retrouver la simplicité des phrases de son premier roman… Un rêve halluciné et jubilatoire qui mêle autobiographie et visions stupéfiantes : Bret Easton Ellis se joue avec humour et virtuosité du mythe de l'écrivain pour écrire un roman puissant et magistralement maîtrisé.


Prix conseillé : 20,30 € - Prix : 19,29 €

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2010-10-02Note : 5/5
Une vraie claque littéraire
Auteur sulfureux assez controversé BEE a toujours décrit une Amérique où la société à la mode cachait de lourds secrets et s'enfonçait dans les paradis artificiels pour ne plus se regarder en face.
Lunar Park débute par une partie autobiographique puisque le narrateur est l'auteur lui même. Il n'hésite pas à décrire ses années dépravées qui ont suivi ses premiers succès littéraires. Sans état d'âme, il assume ses excès tout en portant un regard lucide sur son vécu. Puis l'autobiographie "dégénère" en autofiction lorsqu'en seconde partie le narrateur décrit sa vie rangée avec femmes et enfants dans le comté de Midland. Banal me direz-vous? C'est là que tout se complique puisque sous le bonheur de façade les enfants sont sous psychotropes, les parents suivent une thérapie conjugale au bout de cinq mois de mariage, et la maison se révèle hantée...Le tout saupoudré de disparitions de garçons et de crimes bizarrement déjà vécus de façon littéraire...
Des pages n'ont rien a envier à l'épouvante façon Stephen King, mais il faut voir au delà: BEE combat contre ses propres démons: un père violent et mal aimant, un roman au succès fulgurant mais au contenu d'une rare violence American Psycho.Bref, le narrateur-auteur se remet en cause et surtout dévoile une réelle fragilité d'enfant.
Aucun temps mort, d'une efficacité remarquable, Lunar Park plonge le lecteur dans une forme romanesque complétement originale et montre que le roman peut être aussi une confession voilée comme le signale celui qui hante le narrateur en lui disant: "Je veux que vous réfléchissez à votre vie. Je veux que vous soyez conscient de toutes les choses horribles que vous avez faites. Je veux que vous regardiez en face le désastre qu'est Bret Easton Ellis."

2010-05-02Note : 2/5
Le plus faible
J'ai adoré et plus encore les autres BEE, surtout Glamorama, ce qui n'est apparement pas courant ? Pourtant ce "roman" aurait pu justement clore une sorte de mythologie propre à Bee en réutilisant l'ensemble de son oeuvre et pourtant je ne sais pas, c'est manqué. On s'ennuie, on rit beaucoup moins je l'ai trouvé tellement moins inspiré qu'auparavant et loin de tutoyer la perfection d'un Amrican Psycho, on dirait une oeuvre de commande narcissique sans fond ou une confession sur le divan d'un psy sans coup d'éclat .... décevant, trop décevant, surtout qu'en matière de décadence personnelle et de démons issus de l'imagination qui reviennent vous hanter, y'aurait eu du lourd à faire

2009-07-28Note : 1/5
Ersatz de psychotrope
C'est du Ellis, donc on reste assez loin d'un rapport de plongée du commandant Cousteau à la recherche de la cité disparue de l'Atlantide.

Cependant, j'ai peur qu'il faille rester sur les purs romans de fiction de Ellis. Ce mélange avoué d'autobiographie et de roman psychotique n'est pas très convaincant, manque d'homogénéité, pour finir par devenir réellement ennuyeux sur la fin.

L'idée de ce roman reste intéressante, je pense, mais cela ressemble trop à un collage de ce que Ellis peut faire quand il ne cherche pas à flouter le type du récit.
Au hasard des pages, le lecteur retrouve des bribes de American Psycho : name dropping, description de meurtres/mutilations... mais en version édulcorée, puisque ce n'est pas American Psycho... justement... bref on reste dans l'ersatz.
Au hasard d'un chapitre, on tombe dans un délire totalement lynchien... sauf que c'est trop lynchien. Ces passages ne créent pas d'images, mais référencent ouvertement des films de Lynch, dont les images nous viennent à l'esprit sans aucune chance que de nouvelles apparaissent au lecteur, tellement ces scènes sont proches de l'univers du réalisateur.
De là, on plonge dans le catalogue des angoisses du quarantenaire ayant effectivement passé sa vie sur terre : syndrome relationnel père/fils (sur deux générations... le fils étant lui même devenu père... mais si, mais si...), problème de couple, problème de parents etc... au point que le lecteur est en droit de se demander si Ellis ne regrette pas, finalement, toutes ses années de défonce totale où tous ces concepts sociaux n'avait pas la moindre place...

... pour finir avec l'impression d'avoir dégusté un repas constitué uniquement de plats réchauffés.

Une fois de plus, l'exercice reste intéressant, mais il semble manquer un liant à l'ensemble, liant qui aurait pu faire en sorte que la lecture du livre ait l'effet d'une de ces drogues savamment couplée à un alcool fort quelconque... mais en plus violent et plus troublant... puisque la lecture reste/restera, elle, toujours légale!

2009-02-22Note : 4/5
BEE est-il un escroc?
Entre autobiographie et récit fantastique, BEE mélange allègrement le réel et le fantasme, le vécu et l'hallucination, se joue constamment des frontières entre la lucidité et le délire. Cela commence par une description de sa vie rangée que sa perception si aigüe de la vanité d'une bourgeoisie psychologiquement traumatisée ou qui se complait à l'être rend très drôle et se poursuit par un époustouflant délire fantasmagorique où BEE nous promène, joue jusqu'à l'écoeurement avec les codes du fantastique (Terby le jouet maléfique, la maison hantée, les mots à double sens, l'exorcisme, le dédoublement de personnalité... avec peut-être une forme d'hommage parodique au Shining de Stephen King). Au passage voire surtout, il nous livre des clés de son oeuvre, les manifestations irréelles étant ici autant de conséquences de non-dits, de traumatismes et de conflits non résolus (lire Lunar Park sans avoir lu ne serait-ce que Moins que zéro, American Psycho et Glamorama en réduit l'intérêt). Le trait est d'ailleurs tellement forcé qu'il devient assez évident qu'il se fout par moment un peu de la gueule de son lecteur. Sans le prendre en traite: il le met en garde très vite en déclarant dans les premières pages que ce sera à lui de départager le vrai du faux. On se trouve donc constamment balloter entre dérision et auto-dérision, vrais difficultés existentielles et clichés de l'homme post-moderne. Plus qu'une auto-fiction de toxicomane friqué, c'est une vraie réflexion sur l'écriture et la vérité, la part de la vie et de l'oeuvre. Une question me taraude: arrivé enfin aux termes de son auto-psychanalyse, qu'est-ce que BEE va pouvoir écrire désormais?


2008-08-21Note : 2/5
La vie est un long fleuve tranquille
Bret s'est assagi. Il vit en banlieue avec sa petite famille (sa femme Jane, son fils Robby et sa fille Sarah) dans un joli pavillon (bref, comme vous et moi - enfin pas moi). Il trouve que ses voisins sont des cons. (comme vous et moi ?)
En plus de ça, les problèmes classiques : argent, drogue (cocaïne, héroïne, cannabis...), sexe (hommes et femmes sans distinction), médicaments (Klonopin, Xanax, Prozac... la litanie pourrait être longue), mais surtout le problème du père. Je sais pas vous, mais finalement on n'a pas l'air de mener la même vie de banlieue que lui.

Comme par hasard, beaucoup d'interprétations possibles pour ce roman :
- un commentaire acerbe sur la société occidentale, où les individus sont condamnés à s'isoler d'une réalité devenue insupportable par une certaine forme de "divertissement" pris au sens propre : drogue, médicaments, sexe ou folie (le choix semble facile)
- un essai profondément égocentrique, comme une "autobiographie des regrets", collectionnant les actes qu'il a manqués, qui l'empêchent de vivre plutôt que jouer le rôle qu'il s'est choisi
- un thriller fantastique à la Stephen King

Mais cette hésitation se prolonge trop longtemps pour ne pas laisser de traces dans le livre. Ne sachant quel côté creuser, Ellis, malgré son talent évident, n'atteint aucun des buts qu'il aurait pu poursuivre.

2008-07-19Note : 1/5
Nullissime
J'ai acheté ce bouquin "élu meilleur livre de l'année 2005" par LIRE avant de prendre le train.
Quelle déception! Une histoire grandgignolesque à souhait, de la part d'un auteur hypernombriliste.
Malgré toute ma bonne volonté, je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout et c'est plutôt rare que je ne finisse pas un bouquin commencé!
Aucun intérêt donc, ne perdez pas votre temps à lire des âneries pareilles : il y a beaucoup d'autres auteurs américains contemporains beaucoup plus intéressants (Richard POWERS, Tom WOLFE, Annie PROULX...)

2008-02-02Note : 3/5
Déçu-déçu-déçu
Enthousiasmé par American Psycho (malgré les passages insoutenables) et par le style et le personnage de Bret Easton Ellis, je me lance avec entrain dans Lunar Park.
Les 200 premières pages répondent aux attentes. L'auteur nous fais croire à un mélange de fiction et d'autobiographie en écrivant pour son compte, il cultive son personnage, détestable et pourtant fascinant. Le chapitre introductif est positivement extravagant et la suite, des scènes de vie ordinaire, est décrite « à la Bret Easton Ellis », c'est à dire en décalage total et en faisant ressortir nos vils instincts et nos basses envies (et on aime ça !)
Et puis le récit s'étire dans le registre du film d'horreur hollywoodien (but avoué de l'auteur) mais perd son souffle, devient lassant. On y comprend plus grand-chose, l'auteur se noie dans les effets de style (les changements de narrateurs) et dans sa trame.
On pense à plusieurs reprises comprendre les métaphores, les conflits d'identité mais rien n'est confirmé, comme autant de pistes qui ne mènent nulle part.
Quant au un dénouement que l'on espère Elliséen (donc complètement immoral !), il est presque anodin.

Quel dommage après un si bon début......


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