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L'esprit de l'athéisme : Introduction à une spiritualité sans Dieu

De André Comte-Sponville

Editeur : Albin Michel
Parution le : 4 Octobre 2006
ISBN : 978-2-2261-7273-0
EAN13 : 9782226172730

Peut-on se passer de religion ? Dieu existe-t-il ? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ?
Autant de questions décisives en plein « choc des civilisations » et « retour du religieux ». André Comte-Sponville y répond avec la clarté et l'allégresse d'un grand philosophe mais aussi d'un « honnête homme », loin des ressentiments et des haines cristallisés par certains. Pour lui, la spiritualité est trop fondamentale pour qu'on l'abandonne aux intégristes de tous bords. De même que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les antireligieux les plus frénétiques. Aussi est-il urgent de retrouver une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Église, qui nous prémunisse autant du fanatisme que du nihilisme.
André Comte-Sponville pense que le XXIe siècle sera spirituel et laïque ou ne sera pas. Il nous explique comment. Passionnant.

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Agrégé de philosophie, André Comte-Sponville a écrit ces dernières années un certain nombre de livres traitant de religion et de spiritualité dont « Dieu existe-t-il encore ? » dans lequel il définissait déjà sa position d’ « athée fidèle ».
Dans « L’esprit de l’athéisme », André Comte-Sponville tente de répondre à deux questions.
A la première, peut-on se passer de religion ?, sa réponse est oui.
A la seconde, Dieu existe-t-il ?, sa réponse est non.
L’auteur, élevé dans le christianisme, développe ses arguments en s’appuyant sur son propre cheminement personnel, ses connaissances philosophiques et son amour de la vie.

En conclusion de sa réflexion sur ces deux questions, André Comte-Sponville met en avant le concept de «spiritualité sans Dieu, sans dogmes et sans Eglise».

J’ai eu beaucoup de satisfaction à lire ce livre.

D’abord, ce livre est relativement facile à lire (la période des congés se prête bien à ce type de lecture !). Faisant très souvent référence à de nombreux philosophes, sages et penseurs (Bouddha, Lao-Tseu, Confusius, Socrate, Epicure, Durkheim, Kant, Montaigne, Alain, Pascal, Diderot, Hegel, Descartes, Leibniz, Hume, Saint Thomas d’Aquin, Spinoza, Nietzsche…..), ce livre a le grand mérite de nous livrer une pensée claire et didactique sur ces questions essentielles que sont la religion, la foi, l’athéisme, l’agnosticisme, le fanatisme, le mal, la spiritualité, le mystique, la mort, l’éternité….

Ensuite, parce que les "arguments" que développe André Comte-Sponville pour définir sa propre spiritualité sans Dieu ne m’ont pas convaincu ! Comment définit-il cette spiritualité sans Dieu ? Par un certain nombre de concepts : silence, plénitude, simplicité, sérénité, acceptation, indépendance, intériorité, transcendance, ouverture, amour, sagesse, méditation, paix…. En fait , cette spiritualité sans Dieu se vit uniquement au moment présent, immédiat. Le futur n’existe pas. Pourquoi pas ? Mais quelle tristesse au final !!

Ma réflexion en conclusion : si les concepts développés plus haut (silence …) contribuent à une certaine spiritualité, il manque l’espérance, l’espérance et la foi. Dans la foi et spécifiquement la foi chrétienne, nous pouvons dire quelque chose sur notre avenir. Cet avenir a déjà commencé en Jésus, à travers sa résurrection, premier homme ressuscité d’entre les morts. Quelle espérance !! En réelle opposition à cette tristesse que j'ai ressentie dans la démonstration qu’André Comte-Sponville fait de cette spiritualité sans Dieu.
plotin



Commentaires Amazon

2009-06-18Note : 3/5
Un athéisme chrétien dépourvu d'anticléricalisme
Je n'ai guère trouvé d'originalité dans ce livre, découpé en trois parties. Peut-on se passer de religion ? L'auteur montre sans difficulté que morale et religion peuvent être découplées sans problèmes. Ensuite, il tente une sorte de découpage au scalpel pour récupérer ce qui peut l'être dans la morale chrétienne. Ceci ne me semble guère convaincant pour bâtir une nouvelle morale collective affranchie des anciens préjugés. Je préfère largement l'approche des philosophes utilitaristes contemporains qui reprennent intelligemment la problématique de Bentham. Voyez notamment Derek Parfit et son ouvrage fabuleux "Reasons and Persons".

La seconde partie (Dieu existe-il ?) n'est pas originale. Le corpus critique de l'athéisme est constitué grosso modo depuis trois siècles (voyez Jean Meslier, PHT d'Holbach) ; il n'y avait alors plus grand-chose à ajouter pour que l'affaire soit entendue et l'athéisme philosophique confortablement assis. En revanche, la présentation de l'auteur est claire, agréable à lire, didactique. La faiblesse des « preuves » ontologique, cosmologique, physico-théologique notamment est très bien expliquée. C'est l'avantage d'écrire après Freud, Nietzsche et l'explosion des sciences par rapport à l'époque de Meslier.

Dieu ayant été mis définitivement hors d'usage, Comte-Sponville s'attaque au problème du vide métaphysique que cela crée chez chacun : Quelle spiritualité pour les athées ? Ici, l'auteur nous expose son immense culture philosophique en nous noyant sous les citations tirées de dizaines d'auteurs : Spinoza, Pascal, Wittgenstein pour citer les plus fréquents. Mais ce picorage érudit est un peu vain. Les athées cultivés auront déjà lu les auteurs cités, mais les autres ne sauront pas trop par où commencer (entre Marc-Aurèle et Krishnamurti). Dans l'ensemble, l'ouvrage est agréable à lire, mais son apport innovant au service d'une question aussi fondamentale est faible.


2008-03-07Note : 3/5
intéressant mais non sans failles
La tonalité de ce livre est à l'honneur de l'auteur : respectueux et bienveillant. Beaucoup de démonstrations sont convaincantes. Mais il me semble que le principal point faible de la démonstration est la mauvaise définition du mot "mystère". Le mystère n'est pas une vérité inaccessible, mais une vérité infiniment accessible. "Dieu" n'est donc pas "incompréhensible", mais compréhensible à l'infini. La foi engage ainsi la raison dans une quête sans limites mais qui n'est pas vaine pour autant. Le croyant qui cherche à comprendre est donc toujours dans une zone grise où la question "croyez-vous en Dieu ? " est mal posée. ACS admet d'ailleurs qu'il est incapable de démontrer l'inexistence de Dieu comme, selon lui (et, quoique chrétien, je partage ce point de vue), il est impossible de démontrer l'existence de Dieu. Personne ne peut dire "Je crois en Dieu" ou "Je ne crois pas en Dieu". Je sais que le fidèle catholique déclare tous les dimanches "Je crois en Dieu...". Mais tous les dimanches, il relit les Ecritures et écoute une homélie pour continuer à découvrir le visage exact de ce "Dieu" aujourd'hui. Tout le monde vit de fait en fonction d'idées et d'expériences concernant le mystère de la vie. Elles évoluent pour chacun et pour toute l'humanité au cours de l'histoire. Nous sommes tous en recherche et l'écoute des uns et des autres nous permet de nous débarrasser des "faux dieux" ou "idoles" (la plupart des religions sont mortes). Mais la recherche théologique est bien vivante et continue, loin des oppositions simplistes entre "croyants" ("en quel Dieu?" répondait Einstein) et "athées" (athées de quel dieu ?). Par ailleurs, le livre d'ACS laisse à penser que le sommet de la spiritualité est l'expérience mystique d'illumination. Dans la tradition chrétienne, cette expérience est intégrée mais elle n'est pas la plus haute. Découvrir le Christ dans les Ecritures et dans le pauvre, l'étranger, le prisonnier, le malade (Mt 25) est sans doute le sommet : "Dieu est amour" (1 Jn 4, 16) et "Si quelqu'un dit : `J'aime Dieu', alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur." (1 Jn 4, 20). Ceci conduit également à réfuter un des arguments d'ACS : l'idée de Dieu est trop belle pour n'être pas une supercherie : "résurrection", "amour éternel" ! Oui, mais dans la tradition juive et chrétienne, la découverte de Dieu se fait aussi à travers les épreuves, la conversion et la Croix. La paix n'est donc pas la tranquillité : Dieu n'est pas une assurance-vie mais la vie elle-même, qui est merveilleuse mais qui nous bouscule sans cesse, loin, très loin (voir le martyrologe chrétien !)... Ceci étant dit, bien souvent, ACS ne semble pas très loin du "Royaume"... Normal : il n'a pas de frontières !

2008-02-05Note : 3/5
Tolérance, éthique
Mr Comte-Sponville décrit avec clareté son point de vue sur les religions dans la première des trois parties de son livre, la seule que je critique ici.

L'auteur insiste que parmi les deux aspects d'une religion: l'appartenance à une croyance basée sur un sacré tabou, et la communion entre membres partageant les mêmes valeurs, l'athéiste peut se passer de la croyance mais rester fidèle aux enseignements éthiques de la religion et continuer à appartenir à sa communauté.

Le principal enseignement que j'en ai retiré est son argumentation en faveur de la tolérance vis-à-vis de la religion en tant que croyance individuelle et communauté de valeurs et de pratiques, tant qu'elle reste laïque et qu'elle respecte la liberté individuelle de croire ou de ne pas croire.

L'auteur se dit d'éthique chrétienne, il soutient que la plupart des valeurs sont universelles entre toutes les religions et les philosophies et qu'elles peuvent constituer un socle commun à l'éthique athéiste. Malheureusement, la quasi entièreté des questions épineuses d'éthique comme l'avortement, l'homosexualité, la place de la femme dans la société, la science et la religion, les responsabilités de la citoyenneté, ... ne sont pas du tout abordées et, par leur absence, affablissent le point de vue de l'auteur.


2007-10-20Note : 2/5
Ouvrage rapide et superficiel
Voici quelqu'un qui parle de l'esprit de l'athéisme alors qu'il n'est pas athée. Ce livre semble en fait une usurpation. Comte-Sponville est peut-être un chrétien convaincu se faisant passer pour un athée de manière à écarter les possibilités d'expression des véritables athées, en occupant le devant de la scène médiatique à leur place. En effet, les articles sur Comte-Sponville apparaissent en tête de liste quand on tape « athéisme » dans un moteur de recherche.
Le livre est bien écrit mais manque de force. Il part tout de même très bien avec une démonstration de la possibilité de vivre sans religion et une critique cinglante des intégristes religieux.
Le chapitre « Dieu existe-t-il ? » est par contre très décevant. ACS s'exprime comme un véritable agnostique tout en refusant cette qualification. Pourtant, l'agnostique me semble bien être quelqu'un qui reconnaît qu'il est impossible de prouver l'existence ou l'inexistence de Dieu ainsi que de le connaître. La suite du chapitre ne fait que dénoncer la faiblesse des arguments en faveur de l'existence de Dieu, sans prendre position. ACS se place alors dans une croyance en l'inexistence de Dieu provenant d'une simple constatation que les arguments pour son inexistence sont plus judicieux.
La fin du livre fait prendre conscience que l'athée (agnostique) peut très bien partager les valeurs chrétiennes et être épris de spiritualité. Cette fin de livre est plus littéraire et poétique, agréable à lire, mais exempte de réflexions et de prises de position, d'autant que la spiritualité, pour un vrai croyant, est une sensation d'élévation spirituelle à travers un contact avec Dieu et non une émotion communiquée par la contemplation des merveilles de la nature.
La manière d'ACS de traiter le sujet de l'athéisme est fortement critiquée dans le livre de Rodolphe Leroyer (Dieu et l'impossible création) qui, lui, s'affiche comme un athée qui fait une analyse approfondie de la question de l'existence de Dieu et définit de manière plus fine les différences entre théiste, déiste, agnostique et athée.

2007-06-01Note : 4/5
Le génie de la simplicité !
Un indispensable sur le thème de l'athéisme !

L'écriture est brillante. Comte-Sponville diffuse la clarté par la simplicité. Nul besoin d'être apprenti philosophe pour apprécier les idées développées...et l'on se prend, lorsque la dernière page est tournée, à penser que finalement, nous aussi, nous aurions pu coucher ces idées sur le papier.

Les deux premiers thèmes, (Quid sans religion ? et Dieu existe-t'il ?) sont abordés de manière consensuelle tout en ne manquant pas de piquant et de lucidité. Le troisième thème (Spiritualité pour l'athéisme ?) reprend peut-être un peu trop d'attendus et s'envole parfois dans des circonvolutions non nécessaires mais, même "téléphoné", le sujet ne perd pas de son intérêt.

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