1940-1945, années érotiques : Vichy ou les infortunes de la vertu
« Travail, Famille, Patrie ». Que reste-t-il de ce triptyque qui devait symboliser la "Révolution nationale" de l'Etat français lorsque, comme Patrick Buisson, on regarde la vie de la France occupée sous le prisme de la sexualité ? Rien, en vérité. Ou plutôt, une incroyable somme de contradictions.La première divise les équipes dirigeantes de Vichy où deux courants ne cessent de s'affronter : d'un côté, la droite conservatrice et cléricale désireuse d'en finir avec la démocratie républicaine ; de l'autre, un courant fasciste, fasciné par le modèle allemand, souvent encadré par des personnalités venues de la gauche socialiste et communiste. L'ordre moral des premiers ne parvient pas à cohabiter avec l'ordre viril des seconds.Contradiction aussi entre une France vaincue et humiliée et l'atmosphère de fête qui règne dans pratiquement toutes les villes et, en particulier, à Vichy et à Paris.
