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J'ai nom sans bruit
De Isabelle Jarry
Editeur : Stock
Parution le : 25 Août 2004

A bout de ressources, après plusieurs mois passés dans la rue, Marie part vivre à la campagne. Elle laisse à Paris sa fille de cinq ans, Nisa, placée dans une institution. Depuis la mort de son mari, elle vit dans le chagrin et la solitude. Elle était poète, elle n’écrit plus. La poésie ne lui était d’aucun secours. Isolée dans une petite maison, elle ne pense qu’à récupérer sa fille. Elle va vivre une ultime épreuve, la perte des mots. Elle ne sait plus parler, ne peut plus s’exprimer. Son désarroi lui a ôté ce qu’elle avait de plus précieux. L’écriture limpide et élégante d’Isabelle Jarry, son regard aigu et sensible sur les êtres et la nature est un des charmes de ce beau roman qui traite de la perte d’un être aimé et de ce qui donne son sens à la vie. Mais ce livre est aussi la critique d’une société où le lien social s’est délité, où la création est en danger, où le sens se dilue et l’espoir s’amenuise. Marie a dédié sa vie à l’art et refuse la tyrannie de l’argent. C’est une rebelle. Elle choisit l’inconfort et la rigueur plutôt que de se laisser corrompre. Ce personnage lumineux possède une pureté qui nous touche, une sagesse qui a la force de l’universel.


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2005-07-08Note : 4/5
Courage
A bout de ressources après plusieurs mois passés dans la rue, Marie part vivre à la campagne. Elle laisse à Paris sa fille de cinq ans, Nisa, placée dans une institution. Depuis la mort de son mari, elle vit dans le chagrin et la solitude. Poète, elle a cessé d'écrire, la poésie ne lui étant plus d'aucun secours. Isolée dans une petite maison, elle ne pense plus qu'à une chose, récupérer sa fille. Elle va vivre une ultime épreuve, la perte des mots.
J'ai beaucoup aimé mais je me rends compte que j'ai du mal à faire une critique de ce livre. Malgré l'émouvance du livre il manque un petit quelque chose qui fait que j'aie été vraiment touchée, ni ce n'est à la fin. Pourtant l'écriture est belle, simple. Ce livre est plein de poésie.

2004-11-25Note : 4/5
Tendre et âpre à la fois
La narratrice quitte Paris en auto-stop et part se réfugier à la campagne, dans une petite maison où elle a coulé des jours idylliques avec son compagnon, Philippe. Mais cet homme est mort, la laissant complètement démunie avec leur fille, Nisa. D'ailleurs Nisa a été confiée aux soins d'une assistance sociale, tandis que la narratrice se retrouvait à la rue. Devenue SDF pendant des mois, elle va tenter de surmonter son chagrin, son deuil et de reconquérir sa dignité perdue. A la campagne, elle va faire communion avec la nature, rencontrer un viticulteur et s'enfermer dans un silence de plus en plus désarmant. Car au-delà du matériel et de l'affectif, la narratrice va perdre un élément beaucoup plus intime et personnel. Ebranlée, elle confie son désarroi dans un roman très douloureux, très âpre et délicat à la fois. Elle était poète, elle a aujourd'hui perdu l'usage des mots. Ce qui trotte dans sa tête reste des poèmes du XVe siècle. Après avoir surmonté l'humiliation, la saleté, la pauvreté et la solitude, elle tente aujourd'hui de se surpasser : récupérer sa fille, certes, mais récupérer le langage, le poids et le sens des mots. "J'ai nom sans bruit" est le roman d'un combat, d'une défaillance et d'une spirale angoissante. Une femme sombre dans le chagrin et c'est la débandade. Isabelle Jarry racontre avec beaucoup de sobriété cette histoire, jonglant entre les doutes, les angoisses, la déroûte. Toutefois, j'ai trouvé la fin assez légère, alors que le roman possédait une certaine tonicité, une puissance narratrice presque farouche. Cette fin m'apparaît quasiment en demi-teinte. Pour le reste, très percutant ! Les libraires du groupe Initiales lui ont attribué le prix du Roman de l'automne !

2004-10-14Note : 5/5
Tendre, littéraire, harmonieux et profondément humain.
Ce livre décrit avec une grande finesse et une infinie délicatesse le désarroi de l'héroïne qui a tout perdu mais qui, sans révolte, toute abandonnée à la réflexion, au présent, va lentement constater la perte progressive de ses moyens, jusqu'à certains mots du langage courant. En contrepoint, l'auteur puise dans cette lente descente les éléments de la reconstruction de cette femme, prenant appui sur la nature et une certaine philosophie de la vie. Pas d'amertume, seulement beaucoup d'intelligence ; pas de haine, seulement beaucoup de volonté ; pas de mesquinerie, seulement beaucoup de lucidité. Et un dénouement à la hauteur de ses espérance une fois qu'on est plongé dans ce livre merveilleusement écrit. Pas étonant que ce livre soit pré-sélectionné pour le Prix Médicis.

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