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Le rapport de Brodeck

Le rapport de Brodeck

Auteur :

Editeur : Stock

Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore. «On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.»
Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connait pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre.
"À quoi cela te servirait-il Brodeck ? s'insurge le maire du village. N'as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ?
Qu'est-ce qui ressemble plus à un mort qu'un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes..."
Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s'éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n'existe pas ou ce qui n'existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

21,85 €
Vendeur : Amazon
Parution :
400 pages
ISBN : 978-2-2340-5773-9
Les avis

Philippe Claudel brosse à nouveau le portrait d’ «âmes grises » et décrit avec son immense talent les horreurs de la guerre et celles dont sont capables les hommes sans ce prétexte à se détruire. Brodeck, grâce à l’amour vrai qui le lie à Emelia, reviendra de l’enfer d’un camp de prisonniers. De retour chez lui, les
ravages de la guerre mais surtout ceux dus à la lâcheté des hommes vont le cerner.
Il est chargé fortuitement par les notables du village d’écrire un rapport sur un crime perpétré avec l’assentiment de presque tous et sur les évènements qui y ont conduit. Il s’acquitte de cette tâche guidé par son honnêteté naturelle en y mêlant sa propre histoire afin de poser un instant le fardeau qui pèse d’autant plus lourd sur son âme que celle-ci est juste. Un texte puissant, terrible, magnifique, qui nous prend d’emblée au cœur et ne nous lâche plus, même une fois sa lecture achevée.

Cat2008

« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien.
Brodeck, c’est mon nom
Brodeck.
De grâce souvenez-vous.
Brodeck. »

À l’auberge Schloss un homme, un étranger, a été assassiné dans sa chambre à coups de couteau. Brodeck est arrivé peu après le drame. Il est donc un « presque » témoin. Comme il est le seul à savoir écrire, on lui demande de rédiger un « rapport » pour innocenter les hommes présents ce soir-là. Brodeck s’exécute, mais à l’abri des regards, il écrit tout autre chose. De fil en aiguille, par petites touches, il raconte sa propre vie étroitement mêlée à l’histoire du village et à celle de ses habitants. Que s’est-t-il passé pendant et après la guerre dans ce village curieusement épargné par le désastre ?
C’est un conte, une fable se déroulant dans un pays imaginaire. Cela importe peu. Le sujet est universel, les morts ne quittant jamais les vivants. Malheur à celui « qui n’est pas d’ici », malheur à l’Étranger ! Tout peut lui arriver, surtout le pire !
« Je ne sais pas si l’on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n’est peut-être pas un remède si sûr que cela. Peut-être qu’au contraire raconter ne sert qu’à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d’un feu, afin qu’à notre guise, quand nous le souhaiterons, il puisse repartir de plus belle. »

foxie

un roman magnifique, bien ecrit et très emouvant.

pom'

Philippe Claudel aborde avec profondeur et délicatesse la "différence" qui poursuit Brodeck. On n'a de cesse de découvrir ce qui porte le héros, ce qui le rend si humain. Au delà, Philippe Claudel approche la question de la shoa d'une manière sensible et pudique, nous laissant le libre arbitre de nous interroger sur notre comportement en de telle circonstances.

Un livre au ton juste. J'ai beaucoup aimé.

sylvie lauzel

Difficile de trouver dans mes souvenirs même les plus négatifs,un livre plus indigent et inepte que ce roman,scandaleusement recommandé par mains libraires. Style vieillot aux métaphores naives et pléthoriques, intrigue escamotée dérrière une philosophie de concierge, compilation maladroite et cent fois lue des horreurs de la shoah, vie d'une famille cucu et compagnie confrontée à un malheur qui ne nous emeût pas car trop souvent évoqué par d'autres, ailleurs et mieux. A fuir pour s'offrir à la place du prix prohibitif de ce navet (22euros) une bonne bouteille par exemple

racine

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