|
Fiche livre | | |
 |
 | Le passage à niveau De Philippe Routier Editeur : Stock Parution le : 23 Août 2006
Sélection Rue des Livres
Dans la forêt de Retz, le passage à niveau 515 n’a ni barrière ni feu. Cette nuit-là, quand Manon Gerberoy traverse la voie ferrée, elle ne soupçonne pas le train lancé à 160 km/h. La collision est inévitable. La Peugeot est broyée, ses trois passagers sont morts : Manon, trente-deux ans, sa fille Émilie sept ans, et le père de Manon, cinquante six ans. Guillaume conduit des trains régionaux depuis quelques semaines. D’aiguilleur il est devenu mécano pour satisfaire Alice, son amie, qui ne supportait plus ses absences de nuit. L’accident dont il se sent responsable va accentuer son désarroi et la dérive de son couple. Seul et désemparé, Guillaume va rencontrer Cyrille, l’ami d’enfance de Manon, espérant trouver près de lui la certitude qu’il n’est pas coupable de la mort de la jeune femme. Les personnages de Philippe Routier sont des malmenés de l’existence. Peu ont choisi leur destin dans cette Picardie morne et désolée. Les « barons du rail », qu’étaient autrefois les conducteurs de train, ont perdu leur prestige même s’ils font encore faire rêver les petits garçons. | Littérature
Commentaires Amazon| 2007-05-28 | Note : 5/5 | Premier roman bien réussi Guillaume est au commandes d'un autorail qui file à 120 km/h à travers la forêt de Retz lorsqu'il aperçoit une 405 qui s'engage sur le passage à niveau 515 non gardé. Guillaume se jette sur le champignon qui commande l'arrêt d'urgence mais il est trop tard. Manon Gerberoy, sa fille Émilie et son père Lucien Cotignac trouvent la mort dans la collision.
À partir de ce fait divers, l'auteur écrit un roman sobre sur le sentiment de culpabilité, sur les hasards inévitables et les coïncidences malheureuses qui régissent notre vie. Grâce au journaliste qui couvre l'affaire, Hugo Pochol, Guillaume rencontre Cyrille, l'ami d'enfance de Manon, et part dans une enquête pour retrouver la vie de ceux qu'il a tués.
Économie de langage et tension dramatique sont les deux qualités de ce roman. Le décor - le monde des cheminots - est aussi un personnage très présent dans le livre. Un décor que l'auteur connaît bien puisqu'il travaille lui-même depuis vingt ans à la SNCF. Le quotidien des cheminots est celui de la solitude, que ce soit aux commandes de leur machine ou aux commandes du poste d'aiguillage la nuit.
| | 2007-02-23 | Note : 4/5 | les accidents de la vie Si comme moi vous avez un proche qui travaille à la SNCF, qui plus est à la traction (les conducteurs ou l'encadrement de ceux-ci), ce livre vous sera familier, car le vocabulaire propre à l'entreprise y est partout. Et si vous ne connaissez rien aux foyers de roulants, aux grèves légendaires, aux découchés et à la croix de Saint-André, ce livre peut vous parler quand même. C'est l'histoire de Guillaume, trentenaire, qui vit en couple avec Alice. Il est aiguilleur. Mais Alice n'en peut plus de le voir travailler en 3-8, d'être absent de longues nuits. Elle le pousse à passer conducteur, pour le prestige du métier, pour les primes assurées, pour le travail en 2-8 qui lui rendra son homme plus présent. Guillaume cède à contre caeur. Quand, au passage à niveau non protégé, le TER qu'il conduit écrase et traîne sur 800 mètres une 405 vert céladon avec 3 personnes à bord, dont une fillette, sa vie s'arrête. Statistiquement, « l'accident de personne », c'est ainsi qu'on nomme les suicides ou les accidents de ce type, a 2 chances sur 3 d'arriver à un conducteur dans sa carrière. Il y a des cellules de crise « accompagnement psychologique », mais cela suffit-il à vous faire oublier le drame ? Guillaume n'est en rien responsable de l'accident, il a fait tout ce qu'il a pu quand il a vu la voiture engagée, mais on n'arrête pas un train en une fraction de seconde. Alors il culpabilise, se sent responsable. Ce retour sur soi est un moment aussi pour faire le bilan de son couple qui va à vau l'eau, et en échangeant avec un proche de la famille décédée, il va connaître la cause première de l'accident, dans lequel il n'est pour rien.
Banal dans le sujet, ce roman touche néanmoins par la volonté de sa compagne à gérer la vie de Guillaume à sa place, mais jusqu'où peut-on décider à la place de l'autre ce que sera sa vie ? Un roman triste, mais qui sonne juste.
| | 2006-08-10 | Note : 3/5 | Coup du sort Un soir, dans une 405 vert céladon, Manon est fauchée par un train au passage à niveau 515 dans la forêt de Retz. C'est Guillaume qui conduisait le train et il se sent responsable de cette mort. Mais incapable de se faire comprendre. Sa compagne Alice lui paraît à des années lumière. Le couple était déjà à bout de souffle, ce drame va précipiter la lassitude ambiante. "Le passage à niveau" est le premier roman de Philippe Routier qui travaille à la SNCF. Impossible d'en douter quand on lit les chapitres sur le milieu ferroviaire qu'il dépeint dans sa triste réalité (conditions de travail, réalité du terrain, restrictions drastiques...). Son personnage central, Guillaume, est un trentenaire largement désabusé, qui ne trouve même plus de confort dans sa vie personnelle, intime. Le roman parle de l'usure du couple avec amertume et fatalité. Toute l'histoire est basée sur ce sentiment de drame, de désenchantement et de coup du sort. C'est tout gris, au final. Profondément morose, à flanquer le moral dans les chaussettes. Et si l'on ressent aussi la tragédie, c'est en partie à cause de l'auteur : il a su présenter avec patience ses personnages. La mort des uns ne devient finalement plus un banal fait divers. Très triste !
|
Donnez votre avis  Acheter ce livre| Acheter en ligne | Acheter chez votre libraire | Amazon
 | Indiquez votre code postal pour trouver les librairies près de chez vous |
|