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 Cliquez pour agrandir | Journal 1935-1944 De Mihail Sebastian Editeur : Stock Parution le : 2 Novembre 2007
Dans ce document historique, Mihail Sebastian dresse un constat lucide et désespéré sur l'engagement à l'extrême droite de la majorité de l'intelligentsia de son pays pendant l'entre-deux-guerres. Couvrant les années 1935 à 1944, on y retrouve la quasi totalité des grandes figures, dont Cioran et Mircea Eliade, frayant gaiement avec la Garde de fer, sous la houlette de Nae Ionescu devenu à partir de 1934 le maître à penser officiel de ce mouvement fasciste. Mihail Sebastian en fera lui-même les frais puisqu'il sera emprisonné dans les camps. Si ce journal éclaire une partie occultée de l'histoire de la Roumanie, il renvoie plus largement à la relation trouble que nombre de pays européens entretenaient avec le nazisme. Il décrit avec acuité la tragédie de l'Holocauste: si Primo Levi ou Imre Kertész ont immortalisé l'enfer du camp, le purgatoire de Sebastian, c'est sa chambre car il y vit cloîtré, sous la menace quotidienne d'une arrestation. Seuls la musique, les lectures, l'amour lui permettent de surmonter l'angoisse et son journal s'en nourrit passionnément.
Né en 1907, Mihail Sebastian est un des plus grands écrivains roumains du siècle. Romancier, dramaturge, essayiste et journaliste, il a laissé une œuvre qui connaît de nouveau un grand succès dans l'Europe entière. Il est mort en 1945, le 29 mai, renversé accidentellement par un camion soviétique. |
Commentaires Amazon| 2008-09-01 | Note : 5/5 | L'ami Mihail Quant à Cioran a qui l'on doit le "Précis de décomposition", et qui ne manquera pas de faire régulièrement du cyclisme pour entretenir sa forme,on sait depuis la parution du journal de Sébastian que tout comme l'anthropologue Mircéa Eliade, il fut absolument prostitué au régime fasciste roumain au pouvoir pendant les années de guerre. Guerre qu'ils ont donc allègrement traversés dans un cynisme hautain que leur permettait leur pure origine.Ils feront ensuite une brillante carrière.Sébastian mourra en 1945, après ces années qui furent pour lui effroyables.Il était juif, Sébastian n'étant qu'un nom d'emprunt qui lui permettait de tenter de survivre comme auteur.Ces grands intellectuels, je parle de Cioran et Mircéa Eliade le croisait,ils fréquentaient ce même milieu intellectuel et artistique de Bucarest, ils ne se sont jamais préoccupés de son sort.Du reste Sébastian ne leur demandait rien, il survivait dans la misère, la peur, et faisait régulièrement des séjours aux travaux forcés. Son journal est un témoignage unique, qui nous livre aussi le portrait d'un homme qu'on aurait voulu comme ami.Beaucoup de beauté dans ce sombre récit. Autre chose que les crapules estampillées par le pouvoir. A lire absolument.
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