|
Fiche livre | | |
 |
 Cliquez pour agrandir | Journal De Franz Kafka Editeur : Grasset Parution le : 20 Août 1996
" Un document d'une importance essentielle pour la connaissance de l'oeuvre et de la personne d'un écrivain qui demandait à la littérature plus qu'on ne lui a jamais demandé et qui, en conséquence, n'a jamais écrit une ligne qui ne fût en quelque manière liée au but de sa vie. " | [Poche]Littérature
Commentaires Amazon| 2009-01-04 | Note : 5/5 | Le journal d'un génie bien humain Le Journal de Kafka nous fait pénétrer dans l'intimité de l'auteur à travers une période relativement courte allant de 1910 à 1923, traversée par d'innombrables doutes, luttes contre le milieu familial et religieux, peurs en tout genre dont la hantise de la maladie se confondant souvent avec la peur de la solitude, tellement crainte par l'auteur. Tout cela fait de Kafka un homme « presque » banal, si ce n'était le sentiment singulier que portait l'écrivain sur lui-même, certain, comme le sont tous les génies, de renfermer en lui quelque chose de différent et ne demandant qu'à s'exprimer puissamment.
Encore faut-il avoir les clés pour parvenir à cet épanouissement littéraire. Ce journal en est une. Une des innombrables clés dont l'auteur se força à noircir le papier de ces 13 cahiers durant toutes ces années, non pas pour apprendre à ce connaître lui-même et tenter par un jeu narcissique de s'auto-congratuler constamment, mais plutôt pour se «déconstruire», - véritable précurseur de Derrida - se détruire dans le but «de te transformer en celui que tu es».
Dans ce Journal, aucune explication philosophique, aucune connotation existentielle ésotérique et donc difficilement compréhensible ne viennent encombrer les pensés, récits, descriptions, ébauches de nouvelles de l'auteur. Kafka est avant tout un romancier, créant des histoires d'une simplicité apparente, mais cachant dans la pénombre de celles-ci une multitude de couleurs, de sensations, de perceptions s'ouvrants à leur tour sur un univers fait de contraste flagrant. En cela, il est le digne successeur de nombres auteurs Yiddish. La structure littéraire du Procès ou du Château reflète assez bien cela. Cette façon d'amener au lecteur une situation dont nous ne comprenons au début strictement rien, pour peu à peu être éclairée par divers indices labyrinthiques, est un procédé couramment employé au sein de l'univers Yiddish. L'humour également. Cet humour teinté de mélancolie assez typique des habitants d'Europe de l'Est, dont « L'Amérique » cristallise bien à lui seul tout le propos. On connaît également l'importance qu'eu cette langue pour l'auteur, à travers cette littérature si prolifique est tellement drôle, le théâtre éponyme en est un bon exemple. Et dans ce cheminement intérieur, qui dit Yiddish dit Hébreu. Qui dit Hébreu dit Bible. Et qui dit Bible dit Dieu. Ce cheminement vers le Verbe, ne pouvait être conceptualiser par aucun autre auteur que par Kafka.
Le « Mot » semble tout représenter pour lui, et nous sommes les témoins, peu à peu, d'un abandonnons de la littérature comme unique pôle existentiel, au détriment de la religion, apportant des réponses, pour le grand angoissé qu'était Kafka, que l'écriture ne pouvait lui apporter.
Au fond, Kafka est comme nous ; c'est peut-être ce qui rend son Journal intemporel. Se sentant unique - comme nous nous sentons tous unique - cet homme là transporte en lui seul tous les maux de nos sociétés modernes : doutes perpétuels, balbutiement de la notion même du mariage, carcan familial étouffant, scrupuleux à l'extrême, attendant avec force et merveille une vie meilleure imbibée d'une religion salvatrice. Bref, tout ceci milite pour l'extrapolation de son Journal du début du siècle, en rien démodé, sur le journal de notre vie d'homme et de femme du XXI me siècle, emplie de tant de doute et d'espérance.
Pour finir, un extrait datant du 02 janvier 1912, décrivant assez bien la perception de l'auteur sur lui-même - et pour dire vrai la notre certain jour - relevant bien la parenté évidente de ces trois lignes avec sa célèbre nouvelle « La Métamorphose » :
« Je redoutais les miroirs qui me renvoyaient l'image d'une laideur à mon sens inévitable et qui, par surcroît, ne pouvait pas être reflétée tout à fait fidèlement, car si j'avais réellement eu cette apparence, j'aurais du faire bien autrement sensation. »
Au même titre que le Journal de Delacroix (qui écrivait régulièrement qu'il ne savait pas peindre ) le journal de Kafka rend cet extraordinaire auteur aussi humain que chacun d'entre nous.
| | 2004-10-16 | Note : 4/5 | Un essentiel. La somme d'informations contenues dans ce livre en fait un ouvrage indispensable non seulement pour mieux appréhender l'oeuvre de Kafka mais également l'homme lui-même. Jamais ennuyeux, ne cédant en rien à l'anecdote, ce journal se lit comme un roman. Pour ceux qui aime Kafka, il s'agit d'un indispensable et pour les autres une bonne façon de rentrer dans son univers.
|
Donnez votre avis  Acheter ce livre| Acheter en ligne | Acheter chez votre libraire | Amazon
 | Indiquez votre code postal pour trouver les librairies près de chez vous |
|