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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Le Postier De Charles Bukowski Editeur : Grasset Parution le : 18 Septembre 2002
Avec « Le Postier », on assiste à la naissance d'une mythologie de la vie quotidienne : Bukowski raconte une sale période de son existence, celle où, employé des postes, « facteur suppléant », il a cru toucher le fond. Médiocrité, routine, mesquineries, c'est du Courteline version américaine. Par petites séquences, nous avons une peinture crue d'une administration, avec ses petits chefs, supérieurs et collègues, des maniaques et des abrutis. En face, beaucoup de portraits féroces des « clients » que le facteur doit subir. Presque tous des fous ou des emmerdeurs, ils incarnent une forme cauchemardesque de la banalité poussée à l'extrême. Heureusement, entre deux tournées, il y a la bière et Betty, l'alcool et les femmes, qui consolent Bukowski. Parenthèses fiévreuses, ces voluptés lui font oublier la monotonie du tri et, comme des dérives, l'emportent ailleurs. Le Postier est un extraordinaire voyage chez les prolos de l'Amérique, bossant à la chaîne, fixés à leurs sièges, pris dans une horreur grise et sans goût. |
Commentaires Amazon| 2003-03-06 | Note : 5/5 | Le sens du service public selon Buk Ce roman est peut-être mon préféré du vieux Hank. Ceci doit tenir à la verve dont on sent animée cette oeuvre de sa 'jeunesse' littéraire. Un bref retour sur le contexte : ecrit à 50 ans, ce premier roman revient sur les années les plus sombres de la vie de Bukowski : écrivain misérable de poêmes scandaleux, ivrogne notoire, baggareur impénitent, il se lance, un peu par hasard, dau service des nobles postes américaines, avec la ferme intention de tout plaquer une fois avoir réuni suffisemment d'argent pour boire et jouer aux courses un bout de temps. Il y restera 20 ans, avant de tout plaquer, non seulement pour boire et jouer, mais aussi pour écrire. On y retrouve toute la sombre poésie maudite, le fiel tiède et indolent qui caractérise à mes yeux chaque livre de Bukowski. Désabusé, humilié, confronté aux chefaillons, aux crèves la faim à mi-temps, mais surtout à lui-même, ses déceptions, ses abandons, ses échecs, sa libido galopante et son ventre mou. Crade, pauvre, malodorant, humilié, écoeuré...j'ai parfois presque des scrupules à aimer ce livre en imaginant les forces qui ont pu le faire accoucher de la grosse panse de Buk.
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