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Fiche livre | | |
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 | La tyrannie de la pénitence Essai sur le masochisme occidental De Pascal Bruckner Editeur : Grasset Parution le : 4 Octobre 2006
« Le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d'une majorité d'Européens, du moins à l'Ouest. Depuis 1945, en effet, notre continent est habité par les tourments du repentir. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, l'impérialisme, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries, de pillages qui ont abouti à deux conflits mondiaux, c'est-à-dire à un suicide enthousiaste. À ce sentiment de culpabilité, toute une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l'entretien du remords comme jadis les gardiens du feu. Dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu'elles, et elles seules, ont fait l'effort de surmonter leur barbarie pour la penser et se mettre à distance d'elle, construisant un monde de paix et de prospérité. L'Europe a sans doute enfanté des monstres, elle a du même coup enfanté les théories qui permettent de détruire les monstres.
Curieusement nous vivons aujourd'hui une situation de repentir à sens unique : celui-ci n'est exigé que d'un seul camp, le nôtre, et jamais des autres cultures, des autres régimes qui se drapent dans leur pureté supposée pour mieux nous accuser. Mais l'Europe accepte trop volontiers le chantage à la faute ; si nous adorons nous flageller et nous couvrir la tête de cendres, n'est-ce pas que notre souhait secret est de sortir de l'Histoire, de nous abriter peinards, dans le cocon de la contrition, pour ne plus agir, échapper à nos respnsabilités ? La repentance n'est peut-être rien d'autre que le triomphe de l'esprit d'abdication. » -- Pascal Bruckner |
Vos avisUn livre très intéressant par son contenu, mais malheureusement très mal écrit et donc peu agréable à lire Bernard
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Commentaires Amazon| 2007-04-08 | Note : 4/5 | Merci M. BRUCKNER ! Dans le conformisme ambiant et le terrorisme intellectuel pratiqué par ceux qui font l'information, ce livre sort du commun et des nombreux ouvrages sur notre "horrible" passé colonial. Enfin un livre qui nous permet de ne pas rougir de notre passé et au contraire d'en être fier.
Non nous n'avons pas à rougir de notre histoire, non nous n'avons pas à nous excuser pour ceux à qui nous avons amené le progrès et la civilisation comme jadis les romains l'ont fait pour la Gaule.
| | 2007-03-18 | Note : 4/5 | Contre la maladie de la repentance Cet essai de Pascal Bruckner est très intéressant en ce qu'il pose en des termes clairs et sans fausseté les dévers d'une société qui se cherche des fautes davantage pour plaire que pour se bonifier. M. Bruckner montre les limites de la victimisation, notamment la victimisation par procuration. (Finalement, cette approche ressemble à celle d'Elisabeth Badinter lorsqu'elle critique la victimisation de la femme mise en avant par les mouvements féministes.) Cette victimisation conduit à blanchir de tout soupçon des groupes entiers de la population qui en deviennent par là même inattaquables. Elle conduit aussi à une corporisation de la société qui mène davantage au cloisonnage qu'à l'égalité recherchée. Chacun devient l'égal de l'autre dans ses blessures mais non pas dans la jouissance de ses droits. En revanche, la partie relative aux Etats-Unis n'est pas aussi convaincante car on ne comprend pas toujours quel est le véritable but recherché de l'auteur.
| | 2007-01-18 | Note : 3/5 | La forteresse invisible Une réflexion intéressante pour expliquer une tendance actuelle observée par tout un chacun : le flétrissement systématique de l'histoire occidentale, notamment française. Ceci pas seulement par des intellectuels « engagés », mais par une large partie des élites et référents culturels.
Pour l'illustrer, l'auteur rappelle -entre autres- la récente chape de plomb tombée sur le 200 anniversaire de la bataille d'Austerlitz. En fait, il fustige cette dérive comme d'une part une preuve de faiblesse morale caractérisée -comparée à un renoncement- et d'autre part pour un penchant condescendant qui perpétue de manière perverse une situation d'infériorité des peuples anciennement sous tutelle. Or celle-ci n'est plus de mise : l'émancipation des ex-colonies est une réalité incontournable.
L'auteur décrit le fond du problème se situant entre Mémoire et Histoire. Si la Mémoire accable les victimes comme les bourreaux qu'elle désigne, l'Histoire, elle, apaise, en rétablissant la vérité, elle permet la réconciliation.
Bien que l'ouvrage soit convaincant, en ce qu'il décrypte les ressorts et non-dits de ce phénomène d'auto-flagelation, l'exposé tend à se perdre dans une certaine confusion, lorsqu'il prend une posture critique sur la politique internationale et qu'il aborde les ratés de l'intégration.
Ainsi, suivant ses prédécesseurs, notamment JF Revel et J Sevilla, P Bruckner s'attaque à une des facettes du politiquement correct. Si son axe d'étude apporte un éclairage didactique sur celui-ci, il ne parvient pas totalement à s'en extirper, tant il est vrai que ces prisons intellectuelles, bâties et renforcées des années durant, sont entourées de murailles abruptes.
| | 2007-01-10 | Note : 5/5 | Un éclairage essentiel sur l'esprit de capitulation Face au déferlement de contrition, d'auto accusations et de haine de soi qui accable les démocraties occidentales, cet ouvrage alerte et bien écrit, relève, entre autres choses, que ce dérèglement intellectuel est unilatéral.
En effet, aucune pénitence, aucune repentence n'est exigée des civilisations non judéo-chrétiennes pour leurs crimes passés.
Espérons que ce livre n'est pas venu trop tard pour sonner un salutaire réveil.
| | 2007-01-06 | Note : 5/5 | Faisons taire les bien-pensants ! Enfin un formidable essai salvateur dans ce monde abject du politiquement correct qui assassine l'intelligence depuis trop longtemps. Pascal Bruckner ose affirmer avec grand talent ce qui doit être dit, sans retenue et avec une justesse d'esprit rare. Il cloue le bec de ces innombrables adeptes du non-dit et de la pudibonderie stylistique qui monopolisent nos pensées et dessèchent nos idées. Merci Monsieur Bruckner de cette bouffée d'oxygène pour nos neurones asphyxiés par la pensée unique de ces donneurs de leçons de tout bord, gourous hypnotiseurs de nos médias.
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