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Fiche livre | | |
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 | Marilyn dernières séances Prix Interallié 2006 De Michel Schneider Editeur : Grasset Parution le : 1 Septembre 2006
Tente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte, on l'accusa d'avoir eu sa peau. Telle est l'histoire. Deux personnes qui ne devaient pas se rencontrer et qui ne purent se quitter. Des mots noirs et des souvenirs blancs. Dans la lumière adoucie d'un cabinet de psychanalyste se redit la dernière séance de Marilyn. |
Commentaires Amazon| 2007-05-01 | Note : 5/5 | Un monde recréé Il faut tout de suite dire que ce livre ne se lit pas comme les autres. Ce n'est pas une histoire en continu, linéaire. On peut donc en lire quelques pages au hasard, revenir en arrière ou aller en avant sans vraiment être perdu et en éprouvant le même plaisir.
Le livre phantasme sur Marilyn à sa manière : en l'analysant. Ou plus exactement en analysant le rapport qu'elle entretenait avec son psychiatre hollywoodien, star lui aussi, à sa manière, Ralph Greenson. C'est donc un livre sur Marilyn, mais aussi le portrait d'un homme, d'un docteur, aussi fascinant (et névrosé) que sa célèbre patiente.
Le tout se déroule en chapitres courts, autant de vignettes qui nous font passer d'un lieu à un autre, d'un moment à un autre - pour démontrer que lieu et place n'ont aucune importance : les névroses sont permanentes, dans ce cas précis, elles s'enracinent même.
Ce qui fascine, c'est la passion de Schneider pour son (ses) sujet(s) : Marilyn, Greenson, et aussi Los Angeles du début des années 60. Et cette passion, il n'a aucune difficulté à nous la transmettre. On est avec lui dans ces ambiances brumeuses, pacifiques, crépusculaires.
Gros point fort : la cohabitation réalité/fiction (M. Schneider mélange les phrases vraiment dites par Marilyn et des phrases inventées) fonctionne parfaitement, ce qui est bon signe. Une grande réussite.
| | 2007-02-03 | Note : 5/5 | Passionnant, émouvant, tragique et merveilleux... Michel Schneider a décidé de nous présenter Marylin Monroe sous l'aeil de son psychanalyste, Ralph Greenson, pour changer un peu le regard que nous portons sur elle, plus de quarante ans après sa mort... Pour changer aussi cette fameuse « Image » que donnaient d'elle les réalisateurs, les photographes...et elle-même.
Il nous livre donc les deux dernières années de la vie trépidante de MM, du moment où elle commence sa dernière analyse psychanalytique, jusqu'au moment où... Mais tout le monde connaît la fin de l'histoire.
C'est le récit passionnant d'un destin troublant. Compté de manière poétique, il révèle tout le tragique d'une romance Shakespearienne...
L'auteur montre à quel point Marylin est la fille du cinéma Hollywoodien et de la psychanalyse. Ils ont tous deux détruit ce qui restait de Norma Jeane Baker. Et lorsque le Docteur Greenson la prend sous son aile pour l'aider à se reconstruire, c'est une passion incongrue qui commence... et qui achèvera ce qu'il restait de Marylin, ou de Norma... peu importe.
Non content de nous en apprendre plus sur le Mythe « MM », Schneider nous entraîne dans une réflexion sur les rapports entre le cinéma et la psychanalyse. Les liens qui unissent les deux sphères sont étroits, étroitement tragiques même. Nombre de comédiens ayant suivi la méthode Stanislavski en ont gardé des séquelles mortelles. Nombre d'acteurs ont eut recourt à la psychanalyse pour que le « Show » puisse continuer. Mais peu de stars sont devenues d'aussi mythiques légendes que Marylin Monroe.
Sur la quatrième de couverture, on peut lire que « la déesse du sexe et le psychanalyste freudien » « formèrent le couple le plus improbable ». Mais Schneider rend se couple tellement attachant qu'on peine à refermer l'ouvrage.
La construction du livre est déroutante : l'ordre n'est pas chronologique mais (psych)analytique. L'auteur nous dévoile petit à petit les plus banales attentes, les plus grandes espérances, les pensées les plus noires, des deux protagonistes.
L'écriture, le style est tout simplement merveilleux. Michel Schneider sait manier les mots avec délicatesse et intelligence. Qu'il parle d'images dures, de moments cruels ou de détresse psychologique, il réussit toujours à utiliser les mots justes ; les mots qu'il faut pour atteindre la sensibilité du lecteur...
Certes, on n'atteint jamais la vérité profonde des êtres. Mais grâce à Michel Schneider on comprend mieux le destin chaotique et énigmatique de la plus belle femme du monde...
Vous l'aurez compris, j'ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage. Je l'ai dévoré ! Il m'a passionné, Schneider m'a emporté et Marylin m'a envoûté...
| | 2007-01-11 | Note : 4/5 | Une exceptionnelle qualitée littéraire. Que dire sur Marylin qui n'est pas été repris dans les centaines de bibliographies ou de livres témoignages des amants d'un jour ou plus ? Cette idée d'un roman "vrai" sur Marilyn et son psychanalyste est sans contexte une manière très originale d'approcher une Norma Jean Baker, assez intelligente pour savoir qu'elle joue à être Marilyn Monroe. Bien évidemment, on ne peut pas être certain de ce qui ressort du roman et ce qui ressort de la réalité historique...mais même avec les biographies historiques de Marilyn on ne peut pas en être plus certain. En tout cas la Marilyn qui resort des "dernières séances" est bien celle que l'on imagine derrière le mythe.
La construction de l'ouvrage est fondée sur de nombreux "flash back" dont on ne comprend pas toujours a priori la nécessité, sinon de style. Mais il est vrai que là, Marilyn dernières séances ne ressemble pas à la production littéraire commune. On a clairement l'impression de lire un livre qui a vocation à devenir un classique et qui se lira encore dans 10 ans (à notre époque c'est déjà remarquable !). C'est cette qualitée littéraire exceptionnelle qui encourage à poursuivre une lecture malgré le fait que l'on pense avoir bien tout compris de la névrose et des relations de Marilyn avec son psychanalyste au bout de 300 pages... A ce stade d'ailleurs Marilyn on a l'impression que la dernière séance de Marilyn est déjà arrivée et on se demande bien quel va être l'objet des 200 pages à venir !
| | 2006-11-16 | Note : 5/5 | Une composition magistrale, une écriture qui laisse au bord des larmes Ce livre est beau. On l'ouvre, et quelqu'un parle, dans cet entre-deux où se glisse le silence du "jamais plus". Michel Schneider a réussi la plus originale des fictions, produisant, à travers le "rewind"de supposées bandes magnétiques, une impression bouleversante de réalité. Marilyn Monroe vit ses dernières années : entre la star et son dernier psychanalyste (ici narrateur)la relation devient plausible, et irréductible à une passion ordinaire ou aux poncifs du transfert et du contre-transfert. Marilyn revit sur la page comme sur un écran-vérité, enfantine et perverse, lumineuse et sombre, et la fascination- compassion du narrateur s'exprime à travers cette phrase, comme récitée, qui donne une idée d'un roman qui laisse au bord des larmes :"Elle était devenue mon enfant, ma douleur, ma soeur, ma déraison."
| | 2006-11-09 | Note : 5/5 | La blonde et le psychanalyste En janvier 1960, Marilyn entre pour la première fois dans le cabinet du Dr Ralph Greenson, c'est son quatrième analyste, l'actrice est dans un état psychique et physique délabré... La relation qui va s'établir entre Marilyn et Greenson va prendre un tour ambigu, complexe et trouble... une étrange relation de dépendance mutuelle, une liaison amoureuse sans sexe, une addiction réciproque... "Greenson et Marilyn étaient attachés par l'amour et la mort, mais ils n'avaient pas fait l'amour. Il leur restait à faire la mort. Ensemble ou chacun pour soi.". Greenson a été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte. Pourra-t-on jamais expliquer les événements étranges de la nuit du 4 au 5 août 1962, où Marilyn Monroe a trouvé la mort ? Non, jamais. Et d'ailleurs le livre de Michel Schneider n'est pas un énième ouvrage pour découvrir qui a tué Marilyn, mais pourquoi est-elle morte.
Le livre de Schneider, aussi bizarre que cela puisse paraître, est en fait un roman. Les personnages et les faits sont réels, les propos reproduits avec la plus stricte exactitude, et pourtant Schneider a pris le parti d'en faire "un roman". Belle idée, l'auteur a décidé d'écrire un roman sur la blonde et le psychanalyste, sur les trente mois de leurs rapports, et sur les fameuses dernières séances de Marilyn, avec play / rewind sur les cassettes enregistrées...
Schneider a su me réconcilier avec l'image de Marilyn, entre les livres où on accuse trop et ceux où on ne dit pas assez, j'avoue m'être perdue dans des tonnes de considérations... bien souvent superflues. Le livre de Michel Schneider rend l'image d'un être mi-ange, mi-démon vis-à-vis de laquelle je ne suis pas fâchée. Il y a une grande intelligence dans le portrait dessiné des névroses de Marilyn et une grande objectivité dans la psychanalyse. Marilyn y croyait, fervente admiratrice de l'école freudienne, et pourtant Marilyn appartenait au monde de pacotilles qu'était Hollywood. Elle n'était pas la seule à être victime de ces deux systèmes parasités, on le découvre en lisant ce livre... C'est un "roman" riche, palpitant et lucide. Sans concessions, la réalité crue et sincère, oui il y a beaucoup d'honnêteté dans cette "Marilyn" et j'ai apprécié ce tableau, avec sa tendresse, sa voix, ses amitiés, ses amours et ses colères, ses trahisons et ses bêtises, ses courses vers le sexe, son besoin d'images... Il y a tout ça, en vrac : 530 pages de lecture lumineuse sur un sujet opaque et épineux.
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