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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Mrs Dalloway De Virginia Woolf Editeur : LGF - Livre de Poche Parution le : 23 Avril 2003
Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade dans la ville, le flux des états d'âme et le long monologue d'une conscience. Clarissa tente " de sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre ". Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l'oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l'angoisse ou le vertige du suicide. | [Poche]
Commentaires Amazon| 2007-12-23 | Note : 4/5 | Brillant et pessimiste C'est aussi ma première rencontre avec l'oeuvre de Virginia Woolf, dont je ne connaissais que la réputation d'auteur féministe. Ce roman est déroutant, mais passionnant et brillant. On sent un être tourmenté, avec une intelligence supérieure, mais au fond profondémment pessimiste. Il y a des idées et des phrases fulgurantes, mais j'ai eu du mal à suivre les pensées successives des différents personnages. Une idée parmi d'autres: "après 50 ans, on n'attend plus rien de personne". Il y a quelque chose de cruellement vrai dans cette assertion (j'ai plus de 50 ans) mais je n'aurai jamais pu me l'avouer de cette façon.
| | 2007-01-16 | Note : 3/5 | Un roman psychologique sur un rythme qui n'est pas sans rappeler le rap Un roman qui respecte l'unité de lieu (Londres au mois de juin) et de temps puisque le livre retrace une journée de Mrs Dalloway, une femme d'une cinquantaine d'années de la haute société londonienne, qui, tout en s'activant à la préparation d'une fête qu'elle organise dans la soirée, passe par milles réflexions et états d'âme. En revanche, on ne peut pas vraiment parler d'une unité d'action puisque les rares faits et événements (achat de fleurs, déjeuner mondain, promenade dans Londres, visite à un docteur, suicide, etc.) sont plutôt éparpillés. C'est un roman psychologique, sans véritable histoire, constitué pour l'essentiel des monologues intérieurs de Mrs Dalloway et des autres personnages qui gravitent autour d'elle : Peter, son amour de jeunesse qui revient brusquement après une longue absence en Inde, ce qui éveille en lui et en elle de mélancoliques souvenirs, Elizabeth, la fille de Clarissa Dalloway étrangement liée à son enseignante d'histoire prisonnière de son amertume, de sa rancoeur et de sa bigoterie, Richard, le mari bon et généreux, davantage taillé pour la vie à la campagne que pour les mondanités londoniennes, Sally Seton l'excentrique amie de jeunesse, aujourd'hui mariée à Manchester et mère de cinq grands garçons, etc. En marge des proches de Clarissa Dalloway, nous assistons au naufrage dans la folie de Septimus Warren Smith, sous le regard désespéré et impuissant de son épouse Lucrezia.
Les portraits psychologiques s'imbriquent les uns dans les autres, formant un réseau d'impressions, de souvenirs, de sensations, de pensées - fugaces pour la plupart - de regards croisés que les personnages portent les uns sur les autres. Cela pourrait être pointilliste, impressionniste mais cette déstructuration est plutôt déstabilisante - sans que cela soit nécessairement fécond - tout comme l'est le style déconcertant, très heurté avec beaucoup de subordonnées qui s'insèrent dans d'autres subordonnées, d'interjections, de répétitions, d'accélérations suivies de brusques coups de frein. Un style [j'ai lu le livre en anglais] qui, par son côté, saccadé, n'est pas sans rappeler le rap, ce que je n'entends pas comme un compliment. Le fait de suivre le cours souvent irrégulier et primesautier des pensées et états d'âme des personnages ne condamnait pourtant pas à ces secousses stylistiques. Un écureuil qui saute de branche en branche, remonte à toute vitesse le tronc, marque un temps d'arrêt puis fait un bond n'en garde pas moins une grâce, une fluidité que l'on aurait aimé retrouver dans le style de Virginia Woolf. Or, il n'en est rien. Ce n'est sans doute pas abusif de voir dans cette déstructuration, ces heurts et ces saccades des symptômes de l'angoisse profonde, de la folie en germe et des pulsions suicidaires qui finiront par avoir raison de Virginia Woolf.
| | 2006-09-12 | Note : 5/5 | un véritable éblouissement C'est le premier ouvrage de Virginia Woolf que j'ai lu. J'ai eu le même sentiment que lorsque j'ai découvert Proust. C'est de l'impressionnisme intimiste sous forme de roman. Il faut se laisser aller. Il y a des moments où on se perd un peu et puis surgissent des éblouissements extraordinaires d'une poésie,d'une finesse avec un texte d'une force évocatrice extraordinaire. A lire lentement, avec des relectures immédiates pour bien savourer. J'ai pensé sans cesse à la traductrice Pascale Michon dont le travail est admirable. Il repose sur une compréhension très profonde de l'oeuvre.Merci
| | 2003-08-01 | Note : 5/5 | Un livre brillant, rare... Clarissa Dalloway s'apprete à donner une réception, Septimus erre dans Londres. Deux moments de la vie de deux personnages qui se déroulent en même temps sans aucun lien. Au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans la lecture du livre, on ressent une certaine tension nerveuse, celle de Clarissa, puis on commence lentement à sombrer dans la folie avec Septimus...Ecrit avec force, virginia Woolf maîtrise tellement bien sa narration qu'elle nous noie, nous broie avec ses personnages. Un classique.
| | 2002-11-01 | Note : 5/5 | Peut-être le meilleur de Virginia Woolf... Il m'a fallu m'y reprendre à deux fois pour lire Mrs Dalloway ; ayant fini tous les Jane Austen, je cherchais quelque chose dans cette continuité et dans mon ignorance, je pensais que Virginia Woolf pourrait me l'apporter. A ma première lecture de ce roman, j'ai donc été plutôt déçue et je n'ai pas réussi à le finir. Je m'y suis remise un an plus tard sans aucun préjugés et là, je l'ai dévoré. Mrs Dalloway raconte la vie d'une femme londonienne à travers elle et à travers ses proches. Nous plongeons tour à tour dans ses pensées, dans celle de son mari, de sa fille et d'un ancien fiancé qui réapparaît ce jour-là. Tout y est donc subjectif et en monologue intérieur. A côté, nous avons Septimus qui de retour de la "Grande Guerre" a plus ou moins plongé dans la folie. Ce personnage a son importance car il semble "canalyser" les sentiments de l'héroïne et comme elle dirait elle-même, son suicide remplace en quelque sorte le sien. Virginia Woolf a d'ailleurs connu les même affres que Septimus et on peut s'imaginer qu'elle s'est inspirée de ses propres visions pour les retranscrire à son personnage. Bref, un roman à ne pas laisser passer.
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