PAROLES DE MINEURS
Peut-on échapper à sa condition ? Constant Malva a quinze ans en 1919 lorsqu'il descend dans la mine, comme son père avant lui. A cette époque, et dans cette région du Borinage, la question ne se pose même pas : il appartiendra à la mine parce que, d'une certaine façon, il y est né. Mais dès son plus jeune âge, Constant Malva est attiré par la littérature : il rédige son premier texte qu'il envoie en 1930 à des personnalités des Lettres françaises, notamment Henry Poulaille, directeur influant de plusieurs revues littéraires. Celui-ci, enthousiaste, publie alors Histoire de ma mère et de mon oncle Fernand en 1932 avec une préface d'Henri Barbusse. Au travers de la vie quotidienne des siens, c'est son pays hérissé de terrils qu'il évoque, et son métier de mineur de fond. Mais que raconte-t-il ? « Dans la littérature de Malva, pas de coups de grisou, pas de grèves spectaculaires », note dans sa préface Michel Ragon, qui a bien connu l'écrivain. C'est la chaleur étouffante, l'obsession du rendement, l'effroyable condition des chevaux de mine, la silicose qui finit par emporter les hommes et l'impossibilité d'échapper à son destin.
